Zones inondables : les villes et municipalités débordées

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Par Audrey Leblanc
Zones inondables : les villes et municipalités débordées
La parole-parole libérale en matière de sécurité publique, Marie-Claude Nichols, entourée du maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, et de la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois. (Photo : Audrey Leblanc)

La carte des zones inondables causent bien des maux de tête à des centaines de propriétaires en Mauricie et au Centre-du-Québec. Dans les villes et municipalités, c’est une véritable course contre la montre. Les élus et le personnel municipal ont jusqu’au 19 août pour soumettre des dossiers dans le but de faire retirer des propriétés de la «zone d’intervention spéciale» (ZIS).

C’est que les demeures et terrains qui se trouvent dans la ZIS sont visés par un moratoire. On interdit aux propriétaires d’y construire une maison ou de rénover celle touchée par les crues printanières.

À Trois-Rivières, c’est 1 500 adresses qui sont concernées. «On a fait des envois à chacune des adresses pour informer les gens. On a aussi la rédaction de deux mémoires en cours et une rencontre citoyenne est en préparation, indique le maire, Jean Lamarche. Présentement, on est à près de 400 dossiers de gens qui contestent cette décision. Ce sont tous des dossiers qu’on doit documenter pour faire retirer de la ZIS dans un contexte psychosocial qui n’est pas facile.»

«On a libéré une ressource uniquement pour ça, ajoute M. Lamarche. On a l’expertise pour traiter ces demandes, mais ce qui nous manque, c’est le temps. Il y a déjà des maisons qui ont été retirées et d’autres qui devraient l’être, autant dans l’ouest que dans l’est de la ville.»

La rencontre citoyenne, prévue le 13 août (mardi prochain), permettra notamment de présenter le dossier aux citoyens concernés. Ceux-ci seront avisés de l’heure et l’endroit.

À Nicolet, ce sont 250 citoyens qui se sont tournés vers la Ville pour entreprendre les démarches nécessaires afin que leur propriété soit exclue de la ZIS.

«On est à développer l’argumentaire, le mémoire qui sera déposé avec le registre, indique la mairesse Geneviève Dubois. On travaille aussi en collaboration avec la Ville de Bécancour pour certains éléments. Ça se passe bien, mais on a mis énormément de pression chez nous pour livrer la marchandise pour le 19 août. On parle de temps supplémentaire, de vacances non prises et de vacances reportées.»

Parmi les incohérences soulevées à Nicolet, il y a notamment les résidences du rang des Soixante qui sont adossées à des champs. «L’eau qui se retrouve là au printemps, c’est l’eau de la fonte de la neige, pas l’eau du fleuve, soutient Mme Dubois. Il faut débattre presque chaque adresse pour expliquer pourquoi elle ne devrait pas faire partie de la ZIS. C’est un travail colossal.»

Grogne à Louiseville

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la situation. «Les fonctionnaires se sont trompés. C’est ça qu’il faudrait dire, mais personne n’ose le dire, lance-t-il d’entrée de jeu. Quand je me trompe, moi, je le dis. Et c’est ce que j’aimerais que la ministre soit capable de faire aussi. Ils se sont trompés et ils ont rendu le monde fou avec ça.»

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies. À ses côtés, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

«Il y a une compagnie qui voulait se bâtir chez nous, mais la ligne de la ZIS a été tracée à un endroit où il n’y a jamais eu d’eau et la compagnie est en train de nous quitter à cause de ça, renchérit-il. Une belle compagnie de 3-4 millions de dollars d’investissements. C’est choquant.»

Environ 80 dossiers sont à l’étude présentement du côté de Louiseville. À Maskinongé, on parle d’un peu plus d’une centaine de résidences touchées pour une municipalité d’à peine plus de 2 200 âmes. Le manque de ressources et la période des vacances estivales n’aident en rien à composer avec l’ampleur de la tâche.

Un traitement plus juste, demande le maire Dubois

À Bécancour, le nombre d’adresses concernées est porté à 207. «On n’a pas eu d’évacuations chez nous. Oui, il y a eu de l’eau comme il y en a eu partout ailleurs, mais pas de façon dramatique», précise le maire Jean-Guy Dubois.

Le problème, dit-il, c’est que Bécancour a été traitée de la même façon que toutes les villes du Québec qui ont vécu des situations bien plus dramatiques. «On veut être considéré selon nos caractéristiques. C’est ce qu’on est en train d’essayer de faire, affirme M. Dubois. Comme tout le monde, on essaie de s’en sortir de la façon la plus élégante possible.»

Mentionnons en terminant que la députée de Vaudreuil et parole-parole libérale en matière de sécurité publique, Marie-Claude Nichols, était de passage en Mauricie et au Centre-du-Québec mercredi pour prendre le pouls de la population et des élus municipaux concernant la cartographie des zones d’interventions spéciales. La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, est quant à elle attendue à Nicolet la semaine prochaine. La date reste encore à déterminer.

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