Zewski a retrouvé la flamme

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Par Jonathan Cossette
Zewski a retrouvé la flamme
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Retournons au 27 février 2010. Mikaël Zewski arrive au Bell Auditorium, à Augusta en Floride, avec une fébrilité qui l’habitait depuis fort longtemps. Il amorçait sa carrière de boxe professionnelle face à Kevin Kibler.

Et Kibler n’est pas parvenu à étirer le combat jusqu’à la limite. Il est tombé au troisième round. Le Trifluvien lançait donc sa carrière chez les professionnels avec un knockout. Évidemment, il s’agit d’une soirée charnière dans la carrière de l’athlète, une soirée qu’il n’a pas oubliée.

«Il s’agissait de mes débuts aux États-Unis et je venais de signer avec une compagnie de promotion américaine. C’était le début d’un rêve pour moi. Même si j’étais expérimenté au niveau Amateur, c’était quand même une nouvelle aventure pour moi. J’avais un stress de boxer sans casque et avec de plus petits gants. Ç’a été une belle victoire dans un petit gala des États-Unis. Il y avait un autre Québécois sur la carte, soit Pier-Olivier Coté. J’étais monté avec lui là-bas», se souvient-il comme si c’était hier.

Sans le savoir, Zewski allait enchaîner 25 victoires, portant donc à 26 sa série de victoires consécutives. Il a fallu attendre au 1er mai 2015 avant de voir un pugiliste mettre fin à ce conte de fée. C’est Konstantin Ponomarev (27-0-0 à l’époque) qui était alors venu l’emporter par décision unanime des juges (99-91, 97-93 et 98-92).

«Ç’a été nuisible quand même pour moi. On ne saura jamais ce qui serait arrivé si je l’avais eu, mais tout s’enlignait pour que je puisse affronter les gros noms de la division dans les combats qui s’en venaient. Une victoire aurait été, autant financièrement que pour l’avancement de ma carrière, très payante», concède-t-il.

«Après réflexion et avec le recul, je suis content d’avoir eu cette défaite-là. J’ai réalisé que j’avais quelques lacunes techniques, surtout dans ma défensive. Ponomarev n’était pas un gros cogneur et j’ai perdu de façon honorable, sans aller au plancher. Ma plus grande fierté, c’est la façon dont j’ai pu revenir après la défaite. C’est la façon dont j’ai pu rebondir et dont j’ai pu remonter à ma place dans les classements mondiaux. Ça m’a pris beaucoup de temps et beaucoup de force de caractère. Ç’a été un défi personnel de continuer de croire en moi et de croire en mes rêves. Ç’a été un défi de retrouver la passion pour mon sport.»

Retrouver la flamme

Au lieu de se laisser abattre, le Trifluvien s’est relevé et est revenu en force, ce qui lui a permis de remporter les ceintures de Champion IBF nord-américain et Champion WBO nord-américain. Il est de retour au 6e rang mondial WBO et au 8e échelon mondial IBF.

«Un moment donné, la boxe n’était plus ma passion. C’était rendu un travail pour aller faire de l’argent. Je suis content d’avoir retrouvé le goût d’aller m’entraîner et d’aller souffrir. Je pense que c’est un signe de maturité et plus un athlète fait cette transition-là jeune, plus ses chances de succès sont grandes» confie-t-il.

Zewski remontera sur le ring le 28 mars prochain, à Québec. Le nom de son adversaire n’a toujours pas été dévoilé.

«Je me rendais compte que je boxais beaucoup pour les médias et pour la façon dont j’allais paraître et pour la façon dont j’allais gagner. J’avais perdu l’amour de travailler fort et de travailler au gym. Je suis retombé en amour avec le processus pour me rendre au combat, plus que le combat en tant que tel, soit la préparation, souffrir et perdre du poids.»

La défaite face au Russe n’allait pas ralentir Zewski. Il est revenu avec huit victoires de suite, dont sa plus récente face à Alejandro Davila (alors 19-0-2) au Centre Vidéotron, à Québec.

«Je n’ai pas de regret. J’ai une belle carrière. La carrière dont je rêvais à un plus jeune âge, où j’affrontais les plus grands noms rapidement et que je devais millionnaire à un jeune âge, je ne l’ai pas. Ceci dit, je me compte très chanceux de vivre de mon sport parce que peu de gens ont la chance d’en vivre.»

«On a le rêve commun, ma famille et moi, de devenir champion du monde et ça va bien pour le moment», ajoute celui qui est entraîné par son père, Jean Zewski.

À ce jour, le Trifluvien compte 34 victoires en 35 sorties, dont 23 par K.O. Entre temps, il est un passionné de pêche et papa d’un enfant.

«Étant donné que mon travail est un sport, il faut souvent se restreindre. Dans une journée, je m’entraîne pendant quatre heures alors j’ai beaucoup de temps libres. Or, ce temps libre-là, c’est pour la récupération et tout est planifié en fonction de la boxe. Je me dois de conserver de saines habitudes de vie et je dis toujours que la carrière d’un boxeur, c’est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, même entre les combats», conclut-il.

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