Votre laitier 2.0

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Par Patrick Vaillancourt
Votre laitier 2.0
Guillaume Béland et Alexandre Lampron (Photo : Patrick Vaillancourt)

La ferme Y. Lampron et fils s’apprête à lancer une véritable révolution dans le monde laitier. Il sera bientôt possible de se procurer le lait de cette ferme de sept générations via une plate-forme en ligne. Et il suffit de se rendre à une machine distributrice près de chez vous pour obtenir la boisson blanche dans un contenant en verre, comme lorsque le laitier le livrait à la maison.

En se procurant un abonnement mensuel ou annuel sur la plate-forme en ligne, le consommateur pourra économiser sur l’achat de son lait. En achetant l’abonnement, le client recevra un code QR qui permettra de se procurer une bouteille de son choix à l’une des machines distributrices sur le territoire. Il y aura aussi un système de consigne près de la machine pour rapporter le contenant en verre.

«Le verre est idéal pour conserver le lait et sa qualité, comme dans le temps où le laitier distribuait le lait aux portes. Comme nous serons connectés à la machine, on pourra voir la péremption, le nombre de bouteilles qu’il nous reste, quelle quantité de lait, etc.», explique Alexandre Lampron, l’un des actionnaires de la ferme familiale située à Saint-Boniface.

Au départ, on retrouvera deux machines distributrices sur le territoire, possiblement une à Saint-Boniface et une autre à Shawinigan. La date n’est pas encore déterminée, mais le lancement devrait se faire avant la fin du mois de juin. Puis, le marché montréalais est ensuite dans la mire.

De retour au Québec depuis le mois de novembre dernier, Guillaume Béland, un bon ami d’Alexandre Lampron, lui a lancé l’idée.

«Ça environ trois ans qu’on voulait vendre notre lait, faire notre marque et notre mise en marché, indique Alexandre Lampron. On sent qu’il y a un intérêt du consommateur de se rapprocher du producteur. Mon frère Jean-Yves avait un plan d’affaires et on est venu à deux cheveux de partir notre micro-laiterie. C’était un gros investissement, alors on a plutôt décidé d’investir pour agrandir la ferme.»

En Belgique, Guillaume Béland était le directeur d’un fonds d’investissement de 4 millions $ pour des start-ups.

«Je suis capable de bien comprendre les réalités financières. En évaluant le marché laitier, on s’est rendu compte que le problème concerne la distribution. Les fournisseurs de produits laitiers pour les supermarchés ont différents produits et si le lait n’est plus sur les tablettes, les distributeurs peuvent couper d’autres produits. Les grandes surfaces ne sont pas vraiment accessibles pour des petits joueurs.»

Le saviez-vous?

L’entreprise a reçu deux distinctions en 2017 pour la qualité de son lait.

Présentement, un producteur vend son produit à la Fédération des producteurs de lait du Québec, le lait est racheté par les gros joueurs qui transforment le lait dans leurs usines, qui en font ensuite la distribution.

«Il existe des barrières d’entrées pour la distribution. On s’est dit qu’on allait contourner cette problématique avec des machines distributrices. Moi qui n’est pas dans le marché laitier, ce que je trouve aberrant c’est que les producteurs sont déconnectés de leurs clients, ils ne savent pas à qui ils vendent. Il faut connaître ses clients si tu veux transformer un nouveau produit. Pour moi, c’est le début pour redévelopper le modèle d’affaire d’une ferme», ajoute Guillaume Béland, natif de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

«Pour que notre projet fonctionne, on devra vendre 3000 litres de lait par semaine. Pourquoi acheter du lait de manière ponctuelle quand c’est un produit qu’on consomme de façon récurrente», indique M. Béland. Le consommateur pourra même savoir que le lait a été produit telle journée, par telle variété de vaches, la vache a mangé tel type de nourriture, voici ce qu’on retrouve dans le champ, etc.»

«Ce n’est pas la peur de perdre une part du marché qui nous fait relever ce défi, c’est pour se diversifier comme entrepreneur. On fera parler de nous et notre lait, produit ici, se retrouvera dans les épiceries», opine Alexandre Lampron.

Ce concept sera unique en Amérique du Nord, puisqu’il existe seulement des machines distributrices de lait cru en Europe.

Le projet représente un investissement de 200 000$ annuellement. Le projet sera rentable à long terme avec la vente de 3000 bouteilles par semaine.

La plate-forme web est déjà créée et il est déjà possible de précommander du lait en devenant membre au www.laiterielampron.com.

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35 000

La ferme Lampron produit actuellement 25 000 litres de lait par semaine, et cette production grimpera à 35 000 litres par semaine.

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