UQTR : sous la menace d’une loi spéciale, le recteur lève le lock-out

UQTR : sous la menace d’une loi spéciale, le recteur lève le lock-out

Le recteur Daniel McMahon.

Crédit photo : Audrey Leblanc

ÉDUCATION. Le recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Daniel McMahon, a annoncé mercredi matin la levée du lock-out. Les négociations reprennent. La partie syndicale et la partie patronale doivent en venir à une entente avant le 15 juin, soit d’ici la fin de la session parlementaire, sans quoi Québec imposera une loi spéciale.

Le recteur a mentionné que les activités à l’UQTR pourront reprendre dès demain. «Ce qui a changé depuis hier, c’est que j’ai obtenu un engagement ferme du premier ministre Philippe Couillard et de la ministre Hélène David disant que le gouvernement avait l’intention de légiférer, mais qu’avant de le faire, ils voulaient donner une dernière chance à la négociation», dit le recteur.

Ce dernier est persuadé de voir le conflit se régler à l’amiable. «La question est de savoir comment on va régler la clause ascenseur qu’il y a dans la convention collective, indique M. McMahon. On a déjà annoncé nos couleurs et fait des propositions. On va maintenant laisser la chance à nos négociateurs d’en arriver à une conclusion, sachant que la partie va s’arrêter si on n’arrive pas à s’entendre ensemble. Mais j’ai confiance qu’on va pouvoir y arriver.»

Toutefois, il demeure bien campé sur sa position. «Je me suis engagé à ce qu’il y ait 455 professeurs. Il y aura 455 professeurs. Quand je donne ma parole, je la tiens, lance-t-il. Nos négociateurs vont travailler, mais soyez certains qu’on reste à l’intérieur de notre cadre financier. Je n’ai aucune difficulté avec la présence d’une clause ascenseur, mais il faut que cette clause tienne compte de la réalité financière de l’université. Si on ne peut pas s’entendre sur une clause ascenseur, on s’entendra sur un plancher d’emplois.»

Cette clause ascenseur, qui avait été ajoutée en 2008, stipule qu’un professeur est engagé chaque fois qu’il y a trente étudiants de plus qui s’inscrivent.

Le président du Syndicat des professeurs de l’UQTR, Ismaïl Biskri.

Réaction du syndicat

De son côté, le président du Syndicat des professeurs, Ismaïl Biskri, se dit «assez satisfait» de la situation. «Ce n’est pas réglé pour autant, mais avec la levée du lock-out, on va enfin pouvoir continuer notre travail et donner les notes aux étudiants, soutient-il. Je pense que la raison commence à prendre sa place.»

«Ce lock-out n’avait aucune raison d’être, poursuit ce dernier. On a toujours été optimiste que le conflit se règle. Je pense que c’est la haute direction qui a refusé de négocier de bonne foi en amenant des propositions sur la table qui étaient complètement déraisonnables.»

Au cours des prochaines heures, un protocole de retour au travail sera établi. Rappelons par ailleurs que la remise de notes devait se faire, au plus tard, le 18 mai. Reste à voir maintenant comment les choses pourront s’orchestrer en fonction du protocole.

L’AGE et la ministre David commentent

Sur sa page Facebook, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a écrit un court message pour remercier l’UQTR de permettre le retour aux discussions en levant le lock-out. «Nous espérons que toutes les parties trouveront un terrain d’entente négocié pour le meilleur intérêt de l’institution», a-t-elle écrit.

Pour sa part, l’Association générale des étudiants (AGE UQTR) est soulagée. «Compte tenu de tout le temps perdu, on se souhaite qu’il y ait le moins de répercussions possible. On espère que les négociations se feront dans l’harmonie pour ne pas pénaliser les étudiants dans tout ça», conclut Frédéric Thibault, président de l’AGE UQTR.

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