Une traduction d’ «Alice au pays des merveilles» signée par une Trifluvienne

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Par Marie-Eve B. Alarie
Une traduction d’ «Alice au pays des merveilles» signée par une Trifluvienne
Colette Lajoie signe sa toute première traduction d’un livre. (Photo : Marie-Eve Alarie)

Quand Colette Lajoie a pris la décision de s’attaquer à la traduction du classique Alice au pays des merveilles, elle ne savait pas trop dans quoi elle embarquait, confie la principale intéressée. Surtout que c’était sa première traduction d’un livre!

«C’était un exercice pour moi de m’attaquer à ce livre. Les illustrations m’ont intéressée d’abord. Ça m’a fascinée de voir le nombre d’illustrateurs et de traducteurs qui s’y sont attardés, mais je ne savais pas dans quoi je m’embarquais», lance Colette Lajoie.

Elle a pourtant plongé à pied joint dans ce défi qu’elle s’est lancé, navigant dans le non-sens et la folie de l’univers de Lewis Carroll. Un défi qui aura pris près d’un an. Car si le vieil anglais dans lequel est écrit le manuscrit original n’était pas toujours évident à décoder, la traductrice s’est aussi butée aux nombreux poèmes parodiques et chansons qui parsèment le récit.

«La façon de s’exprimer et la culture ont bien changé depuis l’ère victorienne. Lewis Carroll savait lui-même que ses poèmes n’étaient pas faciles à traduire. Je ne savais pas qu’il y en avait autant. Ce qui a été compliqué, c’est que de nombreux mots avaient une double signification que l’on ne retrouve pas avec leur équivalent français. Carroll jouait beaucoup avec les mots», fait-elle remarquer.

Sa version d’Alice au pays des merveilles propose une traduction bilingue, en ce sens que le texte original en anglais côtoie la traduction française dans une même page. Le tout est entrecoupé des dessins des différents illustrateurs qui ont imagé l’œuvre par le passé.

Pour respecter le récit original tout en le mettant à sa main dans la traduction française, Colette Lajoie s’est plu à utiliser des expressions françaises pour traduire des mots en particulier, plutôt que de se limiter à une traduction littérale.

«C’était important pour moi de respecter l’essence originale de l’histoire. Je voyais d’autres traductions françaises et ce fut un défi de ne pas répéter les mêmes choses. Je pense que ce qui me distingue, c’est le fait d’être québécoises. Ça doit peser dans la balance pour les expressions que j’ai utilisées. Je l’ai traduit du mieux que j’ai pu», souligne celle qui a fait des études en traduction.

«Dans tout le processus, on apprend aussi à connaître l’écrivain. J’avais l’impression de m’approprier l’histoire d’une certaine manière. C’est une expérience intéressante. Dans mes études en traduction, on faisait surtout des traductions techniques et juridiques où ça devait être mot à mot. Là, ça m’a donné une belle liberté. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire ce projet», conclut-elle.

La traduction d’Alice au pays des merveilles de Colette Lajoie est en vente à la librairie Poirier.

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