Une étape importante pour Altus Technologie

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Par Marie-Eve B. Alarie
Une étape importante pour Altus Technologie
Tristan Martin, président-directeur général d'Altus Technologie (Photo : Étienne Boisvert photographe)

La jeune entreprise Altus Technologie célèbre ses deux ans d’existence cette année. Pour le président-directeur général de l’entreprise, Tristan Martin, cela qui marque une étape importante pour son développement.

Et Altus Technologie a eu son lot de développements ces deux dernières années. «On a carrément changé de marché depuis les débuts de l’entreprise, confie-t-il. C’est un défi de ne pas se laisser entraîner dans un genre d’élan de motivation pour le produit uniquement pour plutôt se pencher sur le marché et déterminer quels sont ses problèmes les plus urgents.»

L’entreprise a alors exploré différents segments de marché. Altus Technologie propose une plateforme technologique de télésurveillance de longue distance et compile les données de télésurveillance. Cette technologie peut être utilisée, par exemple, sur les systèmes d’eau et d’égouts municipaux, des systèmes de pompages et des opérations de forage pétrolier.

Toutes les possibilités étaient ouvertes au départ.

«On a déterminé où les besoins étaient les plus criants dans le domaine de l’industrie alimentaire. Au départ, on a attaqué en parallèle le secteur de la restauration, les services de traiteur, les microbrasseries et la transformation alimentaire», détaille Tristan Martin.

Dans sa deuxième phase de développement, Altus Technologie a éliminé les sous-secteurs inclus dans la restauration pour, finalement, se consacrer au marché des usines de transformation alimentaire d’aliments périssables, de sorte que la plateforme actuelle est entièrement spécialisée pour leurs besoins.

Aujourd’hui, la technologie Température 360 permet de suivre la température des réfrigérateurs et chambre froide à distance. Le système peut avertir le propriétaire de l’entreprise si la température varie pour une raison inconnue, entre autres.

L’innovation  trifluvienne est déjà utilisée dans des usines de transformation alimentaire d’Olymel, aux microbrasseries Broadway et Le Presbytère, au Temps d’une Pinte  et chez Anhydra. Elle a aussi été installée chez Moisson Mauricie/Centre-du-Québec.

«On a atteint un stade où l’entreprise a un bon match entre le produit et les problématiques que vivent les gens de notre clientèle cible. On a exploré différents marchés pour développer l’innovation technologique et arrive au stade où on livre le produit à des clients», raconte M. Martin.

La technologie est surtout utile pour amasser les données sur la réfrigération des aliments à distance afin de démontrer que les aliments ont été entreposés à la bonne température et qu’ils sont sécuritaires pour le public, en prévision d’éventuelles inspections du MAPAQ ou de l’Agence canadienne de l’alimentation.

Cela permet aussi d’éviter des pertes et des incidents menant à la perte de denrées, car si un système réfrigérant brise, que la température se met à monter et qu’on le constate trop tard, il faut détruire les aliments puisqu’ils n’ont pas été conservés dans les conditions optimales.

«Ça permet aux entreprises d’économiser du temps et de l’argent. Beaucoup d’usines amassent manuellement les données liées aux suivis de température dans les salles de décongélation réfrigérée, la salle d’entreposage des surgelés, de la salle de refroidissement après cuisson, etc. Ça représente plusieurs dizaines d’heures de travail par semaine pour une grosse usine. Ça prend du temps, ça demande un employé très fiable et il y a toujours le risque d’erreur humaine», explique Tristan Martin.

Alors que pour d’autres, le fait de ne se concentrer que sur un seul marché serait considéré comme risqué, M. Martin estime plutôt que ce serait d’avoir trop attendu avant de prendre cette décision qui aurait fait courir un risque à l’entreprise.

«On a dû tomber en amour avec le client plutôt qu’avec notre produit. On a basé notre décision sur des données que l’on a amassées depuis les débuts de l’entreprise. C’est de ne pas avoir concentré nos efforts dans ce marché qui aurait été plus risqué. Oui, on a eu notre lot d’embûches à surmonter et il a fallu demeurer motivé malgré les rétroactions plus négatives du début. Mais je pense que l’entrepreneuriat trouve son sens quand on est à l’intersection d’une passion et d’une problématique à régler», soutient celui qui s’est découvert une fibre entrepreneuriale sur le tard.

Pour les entreprises d’ici

Tristan Martin remarque que les entreprises spécialisées dans la haute technologie, notamment dans les télécommunications, vendent beaucoup leurs produits à l’étranger. «J’avais envie d’appliquer mon bagage de connaissances dans ce domaine pour les mettre au service des industries du Québec et du Canada. Je trouverais dommage de les mettre au service de la clientèle hors du Québec et du Canada quand on peut aider les entreprises d’ici à les adopter et à en tirer un avantage concurrentiel», plaide-t-il.

«C’était ma mission à la base : trouver une application de notre produit, une technologie sans fil émergente, au pays. Après, c’est la recherche qui nous a menés au secteur de la transformation alimentaire, ajoute M. Martin. On a même éliminé d’autres sous-secteurs de l’alimentation, comme les restaurants et les épiceries. Nous avons conservé avec nous les premiers clients, surtout des microbrasseries, qui nous ont aidés à tester et à améliorer le produit.»

Pour la prochaine année, Altus Technologie souhaite faire bénéficier sa technologie à un maximum d’usines de transformation alimentaire. Par ailleurs, Tristan Martin en est déjà à penser à la prochaine étape pour la jeune entreprise trifluvienne.

«Si on arrête de se poser cette question, on arrête d’innover. D’ici la fin de l’année, on saura quelle sera notre prochaine solution de développement, quel sera le problème auquel on s’attaquera avec une plus grande équipe, plus de vécu et une plateforme mature», conclut-il.

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