Une buanderie qui favorise le maintien à domicile

Une buanderie qui favorise le maintien à domicile

Martin-Charles St-Pierre de Ménagez-vous dans la Buanderie du Rivage sur le boulevard Sainte-Madeleine.

Crédit photo : Audrey Leblanc

COMMERCE. Service intégré à l’entreprise d’économie sociale Ménagez-vous, la Buanderie du Rivage sur le boulevard Sainte-Madeleine est non seulement ouverte au public, mais contribue également au maintien à domicile de plus de 200 personnes âgées.

Chaque semaine, des employés de Ménagez-vous se rendent chez des personnes âgées pour prendre leurs vêtements à laver, font leur lessive et rapportent le tout plié deux jours plus tard.

«On a une buanderie pour nos services, mais on a décidé de l’ouvrir au public pour créer un service de proximité sur l’artère commerciale du boulevard Ste-Madeleine, explique Martin-Charles St-Pierre de Ménagez-vous. Il n’y en avait plus de buanderie au Cap depuis quelques années et on voyait des gens qui partaient du Cap avec leur poche de linge pour aller faire leur lessive au centre-ville.»

La buanderie est ouverte 6 jours sur 7. Un employé est toujours sur place pendant les heures d’ouverture pour aider les gens qui le désirent et veiller à ce que l’endroit demeure propre et sécuritaire.

«C’est un service qui grossit d’année en année, constate M. St-Pierre. L’été, on a plus de gens avec les campeurs et les touristes. On a aussi un service de dépôt. Les gens passent, nous laissent leur linge et viennent le chercher en fin de journée. On a nos habitués. Il y a des gens qui viennent toutes les semaines, d’autres tous les jours. Ça devient un lieu de socialisation pour briser l’isolement.»

Bien que le service gagne en popularité, il n’en demeure pas moins que la buanderie à elle seule ne permettrait pas d’assurer la survie de l’entreprise d’économie sociale. «On n’aurait jamais parti juste une buanderie. Ça prend d’autre chose pour supporter et être viable», affirme M. St-Pierre.

Sur place, une dizaine de petites machines à laver, deux plus grosses et huit machines à sécher sont à la disposition des gens.

Moins populaires, mais encore nécessaires

Autrefois populaires, les buanderies libre-service sont maintenant beaucoup moins nombreuses à Trois-Rivières. Plusieurs propriétaires ont dû mettre la clé dans la porte et ceux qui sont toujours en poste ont dû s’adapter pour survivre.

C’est le cas notamment de Pierre Fiset, propriétaire de la Buanderie-Nettoyeur Ste-Marie sur la rue Bellefeuille. Le commerce a ouvert ses portes en 1966. À l’époque, c’était seulement une buanderie libre-service.

«Dans les années 50, les gens ont parti des buanderies libre-service à Trois-Rivières, raconte-t-il. Il y en avait environ trois. Jusqu’en 1970, on en comptait une quinzaine. C’était populaire jusque dans les années 70. Après, il y a eu l’arrivée des buanderies dans les immeubles à logements. À partir de là, le déclin des buanderies a commencé.»

Devenu propriétaire en 1983, M. Fiset embauchait jusqu’à douze personnes dans les temps les plus forts. «On faisait du commercial et de l’industriel comme les centres d’hébergement, dit-il. En 1987, j’ai ajouté la portion nettoyeur pour survivre. Ç’a nécessité beaucoup d’investissements en terme de temps et d’argent.»

Mais M. Fiset avait vu juste, car c’est désormais le service de nettoyeur qui lui permet de bien gagner sa vie. Il est toujours possible de faire sa lessive pour 2,75 $, mais une question demeure : pour combien de temps encore? M. Fiset avoue qu’il ne voit pas d’avenir pour les buanderies libre-service. «C’est un marché difficile qui a beaucoup évolué. Ça va disparaître un jour», croit-il.

La buanderie du Bucafin a été aménagée et décorée pour en faire un endroit accueillant et confortable.

Café et buanderie

Non pas très loin de là, le Bucafin situé sur le boulevard du Saint-Maurice a aussi deux services sous son toit : un café et une buanderie. Même situation, c’est le café qui permet à cette entreprise d’économie sociale d’être viable.

«Le Bucafin existe depuis 17 ans et le concept a toujours été le même, mentionne la directrice générale, Cécilia Protz. La buanderie est utilisée principalement par des personnes âgées qui habitent seules dans un appartement trop petit pour y mettre une machine à laver et une machine à sécher.»

«Ça leur permet de sortir et de socialiser, remarque également Mme Protz. Ils viennent ici prendre un café et parler en attendant que leurs vêtements soient propres. Les fins de semaine sont plus achalandées, mais il y a aussi des étudiants qui viennent pendant la semaine.»

L’endroit a été aménagé avec des tables et des sofas pour permettre aux clients de travailler ou de relaxer avec une revue ou un livre à la main lors de leur passage. Des œuvres aux murs agrémentent le tout.

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NiniJoane Bazinet Recent comment authors
Joane Bazinet
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Joane Bazinet

Il faut tout faire pour garder ce service dans notre quartier. Bravo

Nini
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Nini

Si ils baisserait le prix pour laver et sécher serait encore mieux