Un retour inattendu pour Bruno Pelletier

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Par jcossette
Un retour inattendu pour Bruno Pelletier
Bruno Pelletier entend monter sur scène bien préparé et il espère raviver le bon souvenir qu’il avait laissé aux spectateurs à l’époque. (Photo : Jonathan Cossette - Hebdo Journal)

Le spectacle Notre Dame de Paris fera un retour sur la scène de l’Amphithéâtre Cogeco les 12, 13 et 14 septembre 2022. Bruno Pelletier aura l’occasion de visiter la scène de l’Amphithéâtre les 12 et 13 septembre sous les traits de Gringoire, un rôle qu’il ne croyait jamais avoir la chance de camper de nouveau.

Le Québécois fut de la création du spectacle en 1998, spectacle qui allait s’avérer être un succès planétaire. Il y est resté pendant deux ans et le titre « Le temps des cathédrales », qu’il interpréta de brillante façon, l’a fait connaître dans toute la francophonie. Il ne cache pas son plaisir de renouer avec Notre Dame de Paris.

« Lorsque je vais monter sur scène, ça fera 24 ans que j’ai créé le rôle. C’est un retour inattendu, je vous dirais. Dans ma tête, je ne pensais jamais remonter sur scène avec mon manteau, ni de retrouver mon personnage, confie d’entrée de jeu Bruno Pelletier. La pandémie a changé beaucoup de choses et bousculé nos horaires, ce qui a fait en sorte que lorsque j’ai reçu cette offre, j’étais dans un état d’esprit qui me donnait le goût d’y aller et de le faire. »

« J’avais été rappelé à deux reprises dans les 20 dernières années, mais j’avais refusé. Je pensais que j’avais fait le tour. Or, l’an prochain, je célèbre mes 60 ans et je célèbre plusieurs choses, alors j’ai l’impression que je vais aller faire un dernier tour de piste pour remercier mon public, Luc Plamondon et Richard Cocciante, pour ce rôle qui a changé ma vie. »

Au printemps 2013, il avait eu l’occasion de retourner en Russie avec la troupe originale de Notre Dame de Paris lors de quatre concerts symphoniques, interprétés par 70 musiciens et 40 choristes. « C’était très différent comme projet. Ce fut la réunion des sept chanteurs originaux pour une version symphonique. Ça se voulait des retrouvailles pour les chanteurs et on avait eu l’occasion de faire ces chansons-là en version symphonique », explique-t-il.

Bruno Pelletier est catégorique lorsqu’il dit que son rôle dans Notre Dame de Paris a changé sa vie. « C’est un spectacle qui a fait le tour du monde et ç’a ouvert les portes pour ma carrière en solo. Ce n’est pas juste Gringoire qui a pu chanter un peu partout, mais bien Bruno qui a pu chanter aux États-Unis, en Asie, en Suisse, en Belgique ou encore en Italie, entre autres. C’est extraordinaire à quel point ç’a explosé parce que je crois que c’est le plus gros show francophone qui a existé », se souvient-il.

« On est plusieurs artistes à avoir bénéficié de cette tribune pour notre carrière en solo, comme Garou, Patrick Fiori, Hélène Ségara, par exemple. Daniel Lavoie aussi, même s’il avait déjà une carrière, et moi aussi j’avais déjà une carrière, mais concentrée au Québec. Notre Dame de Paris nous a aidés énormément. »

Faire bonne impression

Maintenant, Bruno Pelletier entend monter sur scène bien préparé et il espère raviver le bon souvenir qu’il avait laissé aux spectateurs à l’époque.

« J’ai hâte, mais je suis à la fois craintif. Je ne veux pas décevoir les gens et le souvenir qu’ils ont. Il n’y a rien de pire que d’aller se battre avec un souvenir. C’est un poète différent qui va monter sur scène, plus vieux aussi, mais différent », lance-t-il.

« Je vais finir mon année (2021) et je vais commencer à m’imprégner à nouveau de tout l’univers de Notre Dame de Paris. Je vais regarder les DVD, réécouter les chansons et recommencer à les chanter. C’est important de le faire pour notre public et ce ne serait pas dans ma mentalité de ne pas le faire, au même type qu’un athlète. Une comédie musicale, c’est un peu comme les Olympiques. Tu chantes, tu joues, tu danses et tu cours, alors tu dois être bien préparé et tu dois être en forme. »

L’artiste de renom ne s’en cache pas, il a toujours été habité d’un stress avant ses spectacles et c’est encore le cas à ce jour.

« J’ai beaucoup plus qu’un petit stress. Aujourd’hui, c’est très à la mode de parler des troubles anxieux, mais j’ai toujours été un anxieux. Je vis ça depuis le début de ma carrière et ma plus grande fierté est d’avoir réussi malgré mes troubles anxieux. Maintenant, j’en parle avec une certaine légèreté, mais quand ça va être le temps de monter sur scène, ça va être là », concède-t-il.

« C’est sûr que je me questionne. La production a changé, la mise en scène a évolué et moi j’ai évolué. Je ne suis plus le même gars que j’étais à 36 ans. Est-ce que les gens vont aimer ou partir en disant que c’était meilleur dans leur souvenir ? Ce n’est pas ça que je veux qui arrive. Je veux que les gens voient un Gringoire qui les surprend encore alors il est là le défi. »

La flamme toujours vive

Pour pratiquer le métier depuis 40 ans, un artiste doit être doté d’un talent hors pair, mais il doit également s’assurer que la flamme soit toujours présente.

« La passion, c’est comme un brûleur au gaz sur le barbecue. Parfois, on ouvre le brûleur et la flamme monte dans le tapis. D’autres fois, elle n’est pas éteinte, mais elle est basse. Par contre, ce ne n’est pas le public et ni la scène qui font ça, mais bien la business. Elle vient parfois te ralentir le gaz et tu deviens fatigué de toutes sortes de considération de cette industrie-là, dont la problématique des droits, l’internet et la vente de disques qui ne fonctionne plus vraiment », témoigne-t-il.

« Or, il s’agit de chanter une chanson devant le public et tu reviens à la maison en te disant que le brûleur est reparti. Ça dépend aussi du moment dans ta vie et de ce que tu vis dans le présent. Ce n’est plus facile faire un album qui se vend à 5000 exemplaires lorsque tu as connu les 200 000 ventes. C’est une époque révolue et c’est rendu difficile à rentabiliser, sans oublier la culture de la gratuité sur internet. »

Chose certaine, il connait toute une carrière derrière le micro. Il a toujours su garder les deux pieds sur terre et il est fier de son parcours.

« Je suis fier d’avoir accompli mon métier et de l’avoir fait seul, parce que je suis un autodidacte qui ne lit même pas de notes de musique. Je suis fier aussi d’avoir combattu mes démons anxieux et lorsqu’on m’appelle pour des projets, je suis encore hyper reconnaissant. Je suis vraiment content d’avoir une carrière, et surtout, d’avoir toujours pu en vivre », confie-t-il.

L’année 2022 sera une grosse année pour Bruno Pelletier. En plus de célébrer ses 60 ans, il soulignera ses 40 ans de carrière, les 30 ans de son premier album et les 25 ans de son album Miserere.

« Je vais en faire un vinyle, en plus de faire un livre et un album de chansons originales qui sera connecté au livre. Je vais aussi être sur Notre Dame de Paris et je vais finir ma tournée Sous influences. Ce sera une belle année! », conclut-il, tout sourire.

Pour ce qui est de la tournée de Notre Dame de Paris, il aura quelques soirs de repos puisqu’il agira en alternance avec le chanteur Richard Charest. La troupe se déplacera également à Moncton, Ottawa, Montréal, Québec et Sherbrooke.

Les billets pour les trois représentations de Notre Dame de Paris à l’Amphithéâtre Cogeco sont en vente au www.amphitheatrecogeco.ca, à la billetterie de la salle J.-Antonio Thompson et au 819 380-9797.

 

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