Un rayonnement international pour Carpe Diem

Un rayonnement international pour Carpe Diem

Marianne Daveluy et Nicole Poirier de Carpe Diem.

Crédit photo : Audrey Leblanc

SANTÉ. Après la France, la Suisse et la Belgique, c’est maintenant au tour de la Chine de s’intéresser à l’approche développée par le centre de ressources Alzheimer Carpe Diem. L’organisme trifluvien collabore avec un groupe chinois qui a pour mission de développer des maisons d’hébergement pour les personnes vivant avec l’Alzheimer. 

En mai dernier, la fondatrice et directrice générale de Carpe Diem, Nicole Poirier, s’est rendu en Chine pour aider les responsables chinois dans leur réflexion et dans la conception des plans de ces futures maisons.

«Plusieurs pays qui font face au vieillissement de la population s’intéressent de plus en plus à notre modèle, remarque Mme Poirier. Les Chinois sont reconnus pour être très respectueux de leurs aînés, mais ils se rendent compte que le respect et l’amour, ça ne suffit pas. Il faut aussi des connaissances et développer de nouvelles méthodes. On est petit, mais on rayonne beaucoup parce que notre approche peut s’appliquer partout.»

Cette approche qui suscite l’intérêt un peu partout à travers le globe est basée sur l’estime de soi. «On ne veut pas heurter l’estime de soi de quiconque. C’est la base de notre philosophie, explique Mme Poirier. C’est notre objectif et pour l’atteindre, on encourage les gens à accomplir des choses au lieu de leur proposer de les aider ou de le faire à leur place. Plus on aide quelqu’un et plus on fait les choses à sa place, plus cette personne perd son autonomie.»

La relation entre les intervenants et les personnes atteintes d’Alzheimer est aussi un élément primordial de l’approche Carpe Diem. «On s’est rendu compte qu’on met beaucoup l’accent sur le côté médical, mais très peu sur le côté humain, soutient Nicole Poirier. Le meilleur moyen d’aider les gens, c’est qu’ils vivent dans un milieu qui ressemble à une vraie maison. On prépare les repas avec eux et on mange avec eux. On fait partie de la routine quotidienne.»

«Cette approche exige plus que des compétences médicales, renchérit Marianne Daveluy, membre de l’équipe Carpe Diem. Quand on accompagne quelqu’un, c’est toujours en mouvance parce qu’on s’adapte à la personne.»

Formations, recherches et documentaire

Cette façon différente de voir les choses intéresse non seulement la Chine, mais aussi la France, la Belgique et la Suisse. Les collaborations de Carpe Diem en France se multiplient depuis plusieurs années.

L’organisme a notamment collaboré avec le réalisateur français Christophe Ramage pour son documentaire portant sur l’enfermement des personnes âgées. Une partie du tournage s’est fait en juin à Trois-Rivières, à la Maison Carpe Diem.

De plus, Carpe Diem a poursuivi son partenariat pour le projet Les Maisons de Crolles, en France. Ces maisons, qui ont ouvert leurs portes il y a un an, sont destinées à l’hébergement et à l’accompagnement de personnes jeunes vivant avec la maladie d’Alzheimer et avec une maladie apparentée. Huit intervenantes de Trois-Rivières se sont rendues à Crolles afin de poursuivre l’accompagnement et la formation de l’équipe française.

L’équipe de Carpe Diem a également participé à un projet de recherche visant à déterminer les représentations du vieillissement chez les professionnels dans les institutions. Cette étude est menée par le docteur en psychologie Stéphane Adam, qui est responsable de l’Unité de Psychologie de la Sénescence à l’Université de Liège, en Belgique.

Par ailleurs, d’autres collaborations sont nées avec des établissements publics et associatifs aux îles de Saint-Pierre et de Miquelon, avec une université en Suisse et avec des établissements dans les Antilles françaises.

Rédaction d’un livre

Fondatrice et directrice générale de Carpe Diem, Nicole Poirier a entamé la rédaction d’un livre portant sur les liens entre l’approche Carpe Diem et les découvertes en neurosciences. La rédaction de cet ouvrage se fait en collaboration avec le Roger Gil, professeur de neurologie à l’Université de Poitiers, en France. Les coauteurs espèrent faire paraître cet ouvrage en 2017.

Des stagiaires des quatre coins du monde

Chaque année, la Maison Carpe Diem accueille des stagiaires d’un peu partout à travers la planète. Médecins, infirmières et autres professionnels viennent découvrir le modèle Carpe Diem.

Plus de 100 familles aidées chaque année

Outre le volet hébergement à la Maison Carpe Diem, l’équipe offre un service d’accompagnement des personnes à domicile. Ce sont entre 100 et 110 familles qui sont aidées chaque année.

Le saviez-vous?

La Maison Carpe Diem a vu le jour il y a 22 ans, mais dix années de travail ont précédé l’ouverture de la maison à Trois-Rivières.