Un été de rêve au camp de jour

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Par Audrey Leblanc
Un été de rêve au camp de jour
Audrey Ann Grenier et Emri. (Photo : courtoisie)

Les efforts déployés pour contrer la COVID-19 ont jusqu’ici causé bien des frustrations et des maux de tête. Mais ils ont aussi permis à Emri, un jeune garçon de 6 ans, de passer un été de rêve au camp de jour du Pavillon St-Arnaud.

Mesures sanitaires obligeant, les groupes étaient beaucoup moins nombreux cette année, si bien qu’il n’y avait que cinq enfants dans «les hippopotames», celui de l’animatrice Audrey Ann Grenier. C’est dans ce groupe que se trouvait Emri. Vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), il a franchi des pas de géant cet été. Et Audrey Ann était aux premières loges pour constater ses exploits.

Audrey Ann Grenier

«Au départ, j’avais des inquiétudes, confie-t-elle. J’avais peur que ce soit difficile pour Emri. L’an dernier, il jouait beaucoup seul. Il ne voulait pas participer aux jeux. À seulement cinq  enfants dans le groupe, j’avais peur que les autres remarquent plus sa différence, qu’il ne se fasse pas d’amis et qu’il soit plus solitaire.»

«Mais finalement, ça s’est tellement bien passé, se réjouit Audrey Ann. Je l’ai vu devenir plus autonome et plus fonceur. Au début, il était plus réticent pour participer aux activités, mais en peu de temps, il s’est mis à aller vers les autres pour jouer avec eux. Il allait lui-même chercher le contact avec les amis. Et même les enfants des autres groupes allaient vers lui.»

De faire partie d’un plus petit groupe a aidé Emri à développer son sentiment d’appartenance et à prendre confiance en lui plus rapidement. Audrey Ann a aussi remarqué que les cinq enfants de son groupe ont tissé des liens plus serrés.

«À cause de la COVID-19, on était beaucoup moins, mais c’est justement grâce à ça qu’on a tous développé un super beau lien les uns avec les autres. Au départ, avec toutes les mesures sanitaires, ça s’annonçait pour être un gros défi, mais finalement, c’était beaucoup plus positif que négatif, témoigne-t-elle. L’an dernier, j’avais environ vingt-cinq jeunes dans mon groupe et je n’ai pas vu ça, ce lien particulier entre les enfants.»

Une adaptation réussie

C’était le deuxième été d’Audrey Ann Grenier en tant qu’animatrice de camp de jour. Et pour l’étudiante en enseignement en adaptation scolaire à l’Université du Québec à Trois-Rivières, c’était aussi sa plus belle expérience.

«J’ai passé un plus bel été parce que j’étais plus proche de mes jeunes tout en étant plus loin physiquement, affirme-t-elle. J’ai plus appris à les connaître. Ça paraissait qu’ils n’avaient pas vu leurs amis pendant longtemps. Ils avaient vraiment le goût d’être là et de jouer avec des amis de leur âge. De ce que j’ai vécu et de ce que j’ai pu voir, c’était positif pour tout le monde. Il y avait des défis, surtout quand il pleuvait plusieurs journées de suite, mais dans l’ensemble, c’était très positif.»

Même les changements imposés dans les interventions auprès des enfants ont donné lieu à des alternatives créatives. «J’appréhendais de ne pas pouvoir leur faire un câlin quand ils ont de la peine, mais on s’est vite trouvé des solutions. On se faisait des cœurs à distance avec nos mains et on se mimait qu’on se faisait des câlins. Tout le monde s’est vraiment bien adapté, autant eux que moi. C’est certain que je vais garder un bon souvenir de mon été», conclut-elle.

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