Un entraîneur d’exception!

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Par Jonathan Cossette
Un entraîneur d’exception!
Photo Hebdo Journal - Jonathan Cossette

Vous connaissez l’expression «avoir quelque chose de tatoué sur le cœur?» Elle s’applique très bien à Hubert Godin, car derrière son uniforme vert et jaune se cache assurément un tattoo du Vert et Or.

Le Trifluvien d’adoption ne compte pas un, ni deux, mais bien trois postes d’entraîneur au Séminaire Saint-Joseph.

«Ça prend une personne dévouée qui veut s’impliquer et prête à mettre du temps. Je le suis et ce n’est pas un aspect que je regarde. Le coaching, ça fait partie de mes passions, tout comme l’éducation. Quand ça te passionne, le temps et les heures passent beaucoup plus vite», lance-t-il.

«Comme athlète, j’ai touché aux trois sports. L’ultimate frisbee est arrivé plus tard dans ma vie, car ce n’était pas développé au niveau scolaire pendant mes années ou presque pas. À la base, je suis venu étudier au Séminaire pour le basketball. Ça m’avait permis de découvrir le football en même temps.»

Coach Godin est entraîneur-chef football au niveau Benjamin (sec 1-sec 2), entraîneur-chef basketball en Juvénile Division 1 (AAA) et entraîneur-chef du ultimate frisbee Juvénile mixte.

«On est chanceux au football au Séminaire puisque ça fait longtemps que nous sommes le même groupe d’entraîneurs chez les Benjamin et c’est quand même rare une telle stabilité. Certains sont là depuis deux ou quatre ans. Ça fait vraiment une différence, car au-delà de nos connaissances, savoir montrer les mouvements, savoir entraîner et savoir montrer les gestes, ça fait une différence quand tu as de l’expérience, peu importe ton bagage», ajoute celui qui est entouré de six autres entraîneurs chez le Vert et Or football.

«En ultimate frisbee, on n’axe aucunement sur la performance, car pour les jeunes, ce sont leur deuxième ou leur troisième sport. On joue en fin de saison, alors même mon style de coaching est plus décontracté.»

À chaque nouvelle saison, coach Gélinas doit composer avec des départs, mais également avec de nouveaux joueurs provenant du niveau primaire.

«C’est le fun! Pour les nouveaux, c’est le tout début du secondaire et tu vois dans leur regard que c’est tout nouveau et qu’ils ne savent pas trop à quoi s’attendre. Tu les amènes à la découverte, une étape à la fois, et c’est beau de les voir. Je ne prends jamais le mérite lorsque je regarde le football Juvénile. Je ne mets pas d’emphase sur le fait qu’ils ont passé par moi. Je me dis que c’est une marche qu’ils ont montée avec moi et je passe le flambeau», explique celui qui est également enseignant en Éducation physique.

«Ce qui est beau, c’est que le football est un sport basé sur la discipline et tu dois être patient. Les objectifs sont vraiment vérifiables sur le terrain alors c’est facile de voir la progression des joueurs. C’est un sport de détails où tu dois toujours être placé à la bonne place, au bon moment.»

Qui dit gérer trois sports dit complexité. Coach Godin n’a pas le choix d’établir ses stratégies.

«Je n’ai pas le choix de m’adapter. En basket, on doit commencer plus tard, car dès le début de l’année, les jeunes sont surchargés avec trois pratiques de football. Si on ajoute deux pratiques de basket, ils vont être brulés quand ça compter après les Fêtes alors le basket commence plus sérieusement en décembre.»

«Lorsqu’on parle de multisports, j’ai une dizaine de joueurs qui jouent au basket et au football. On a un programme de football en santé au Séminaire, mais on le voit ailleurs dans la région que les inscriptions ont diminuée. C’est sûr que le débat sur les commotions n’aide pas. Il n’y a pas assez d’accents sur les bonnes choses et sur les pas qui ont été faits dans les dernières années pour améliorer la sécurité de notre sport.»

De son propre aveu, plusieurs stratégies et plusieurs valeurs peuvent s’appliquer, peu importe le chapeau d’entraîneur qu’il enfile.

«On a qu’à penser à l’engagement. On le voit notamment au niveau des pratiques. Le jeune doit être à l’heure et doit être capable de gérer ses devoirs. Le respect, lui aussi, est universel et ce sont des sports où le côté social est très présent et où les discussions et les interactions sont très présentes. Le football dure deux mois et le basketball est étalé sur huit mois, alors si tu traînes des irritants, ça va exploser un moment donné.»

Les honneurs

Ses efforts ont été récemment récompensés, lui qui a remporté le titre d’«Entraîneur masculin de l’année» au Gala du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) et d’«Entraîneur de développement par excellence» au Gala sport-hommage de la Mauricie.

«J’ai trouvé ça le fun! On ne fait jamais ça pour des reconnaissances et lorsque tu le fais avec passion, tu n’y penses pas. Un tel honneur donne un petit coup dans le dos. Ce n’est pas vrai que je n’ai pas mis d’efforts et ce n’est pas vrai que je n’ai pas fait de sacrifices, alors ça fait juste du bien et c’est plaisant de recevoir ça en fin d’année», témoigne-t-il.

Et que lui réserve l’avenir?

«J’ai été étudiant ici par adon et 15 ans plus tard, on m’a offert un job. Je suis chanceux. Je suis là pour aider et on m’apprécie pour l’aide que j’offre, alors je suis content. Je vais toujours y aller une année à la fois et jamais prendre pour acquis que les choses me sont données. Je vais me concentrer sur ce que je peux contrôler.»

«C’est important pour un coach d’avoir des ambitions et ça paraît dans ton travail. Personnellement, à 29 ans, je cherche une stabilité au niveau de l’emploi alors coacher ailleurs, je ne sais pas? Si l’offre vient d’un niveau supérieur, et si l’offre est stable et permanente, ça pourrait être intéressant, mais encore là, j’ai grandi ici avec le Vert et Or et ça reste ma famille», conclut-il.

 

 

 

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