Trois journées pédagogiques supplémentaires dénoncées par le Syndicat des employés de soutien de la Mauricie

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Par Patrick Vaillancourt
Trois journées pédagogiques supplémentaires dénoncées par le Syndicat des employés de soutien de la Mauricie
Une cinquantaine d’employés en service de garde ont manifesté mardi matin devant le bureau de la députée Marie-Louise Tardif. (Photo : Patrick Vaillancourt)

Le Syndicat des employés de soutien de la Mauricie (SESM-CSQ) ne digère pas la décision du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge d’ajouter trois journées pédagogiques pour les enseignants, au détriment du personnel en service de garde.

Près d’une cinquantaine de manifestants se trouvaient devant les bureaux de la députée de Laviolette-Saint-Maurice Marie-Louise Tardif à Shawinigan pour faire valoir leur mécontentement. Une manifestation s’est également déroulée à La Tuque et, en après-midi, la délégation se rendra à Saint-Tite devant le bureau de Sonia Lebel, députée de Champlain.

Bien que cette décision soit bénéfique pour les enseignants, celle-ci aura des répercussions immenses pour le personnel en service de garde. Déjà surchargé, en sous-effectifs et en état de fatigue extrême, le personnel voit sa tâche s’alourdir encore plus avec cette annonce fait valoir le syndicat qui est affilié à la Fédération du personnel de soutien scolaire.

«On manifeste à différents endroits en Mauricie en lien avec l’ajout des trois journées pédagogiques annoncée par le ministre Roberge. Déjà que nos services de garde ont de la difficulté à gérer les ratios des bulles-classes, on ajoute trois journées où ce sera gratuit pour les élèves qui iront à l’école. C’est inacceptable et c’est une charge de travail impossible pour nos éducatrices. Elles ont de la difficulté à faire leur journée et on ajoute des 10 heures consécutives. Elles vont tomber épuisées», affirme Mathieu Laforme, président du SESM-CSQ.

«Je comprends que les enseignants ont besoin de formation et de repos, mais nos services de garde aussi. Depuis le début du mois de mars que les services de garde sont mis à contribution pour la pandémie. Malheureusement, le ministre Roberge fait à sa tête et ne discute pas avec les syndicats. Il ne pose aucune question aux gens du milieu et on tombe devant le fait accompli. On ira à la rencontre de Mme Tardif pour lui faire part de notre mécontentement», ajoute-t-il.

Le président au niveau national, Éric Pronovost de la FPSS-CSQ va encore plus loin.

« Non seulement il n’y a pas de discussion avec le ministre Roberge, mais on l’a appris en même temps que tout le monde jeudi dernier sur le fil de presse. Les employés ont répondu présents depuis le 13 mars dernier en service de garde d’urgence, ces gens-là sont exténués, la pandémie est venue ajouter à la lourdeur de la pénurie de main-d’œuvre qui ne s’est pas réglée. Même avant la négociation de 2015 on parlait de pénurie de main-d’œuvre et d’ajouter des conditions gagnantes. Ce n’est pas parce que nous avons un enseignant comme ministre de l’Éducation qu’on s’assure d’une bonne éducation au Québec. On dit à M. Roberge de mettre son masque, de mettre sa visière, et de venir voir ce qui se passe sur le terrain», plaide-t-il.

«En avril dernier, on a déposé nos recommandations pour la rentrée scolaire de septembre, et c’est resté lettre morte. Les gens sont exténués sur le terrain et il faut que ça cesse. Merci au professionnalisme de tout le personnel de soutien. Ces gens-là tiennent tout le système à bout de bras malgré tout. Ils sont laissés à eux-mêmes et doivent s’organiser avec toutes les mesures en place», conclut M. Pronovost.

Tout au cours de la semaine, des manifestations auront lieu dans différentes régions par les syndicats pour dénoncer la situation.

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