Le chanteur de charme Paolo Noël s’éteint à l’âge de 93 ans

Mario Gilbert, La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Paolo Noël, le «marin chantant», s’est éteint dimanche matin à l’âge de 93 ans.

La famille a annoncé la nouvelle de sa mort dans un bref message diffusé sur la page Facebook de la bru du chanteur, Pascale Lanari, sans donner de précision sur les causes du décès. Il souffrait de la maladie d’Alzheimer.

Le chanteur avait récemment été admis aux soins palliatifs.

Le premier ministre François Legault a adressé ses condoléances aux proches et à la famille du défunt chanteur.

«Je garde de beaux souvenirs de ce chanteur de charme, de Toast et café, du music-hall des jeunes et de son rôle de dur dans Omertà», a-t-il écrit sur Twitter.

Né à Montréal le 4 mars 1929, Paolo Noël passe une partie de son enfance en Gaspésie avant de revenir dans la métropole. Une imitation particulièrement réussie du chanteur de charme français Tino Rossi lui permet de remporter un concours radiophonique à CKAC en 1948. L’année suivante, il fait ses débuts au cabaret en reprenant les succès de Rossi, mais aussi du «prince de l’opérette» Luis Mariano. Il en profite cependant pour glisser dans son tour de chant, en s’accompagnant à la guitare, ses propres compositions.

Il joint ensuite pendant plusieurs années la troupe itinérante de Jean Grimaldi, qui fait le tour de l’«Amérique française» avec ses revues burlesques entremêlées de numéros de chant. Pendant tout ce temps, il enregistre aussi ses premiers disques, aux titres allant de la chanson fleur bleue aux odes à la mer et aux bateaux, en passant par le patrimoine chrétien. Il connaîtra ainsi beaucoup de succès avec des titres comme «Vierge Marie», «La chanson du petit voilier» ou «Le plus beau tango du monde».

Il anime aussi des émissions à la radio de CKVL, mais aussi à la télévision de Radio-Canada — l’émission de variétés «Music-Hall», en 1955. À la même époque, il se produit dans plusieurs cabarets montréalais en vogue, et devient même maître de cérémonie du Café Havana et de la réputée Casa Loma.

 Il pilotera par la suite plusieurs émissions à Télé-Métropole, dont «Toast et café» (avec Dominique Michel), «Le music-Hall des jeunes» et «Les tannants de chez-nous» (avec Gilles Latulippe). En 1968, les lecteurs du «journal à potins» Télé-Radiomonde l’élisent «Monsieur Radio-Télévision» au Gala des artistes. Il passe ensuite à la station de radio CJMS, où il anime l’émission «Le Café provincial».

 Paolo Noël demeure présent sur les palmarès pendant toutes ces années 1960, avec des succès pop-romantiques comme «J’avais 20 ans» ou «L’amour est bleu». Il fera la Place des arts en 1971, après son succès «Je n’aime que toi». Sa carrière se poursuit dans les cabarets au Québec, mais aussi en Floride, l’hiver, sur la trace des «snowbirds».

En 1973 et 1974, il propose différentes chansons fantaisistes allant de «Flouche flouche, prout prout» à «Flip, Flop et Fly», en passant par «T’as ben des beaux bip-bops», qui connaîtront beaucoup de succès, mais qui ne passeraient probablement pas aujourd’hui le test du sexisme et de l’homophobie.

En plus de sa carrière de chanteur, Paolo Noël a aussi été acteur, notamment dans la troisième saison de la télésérie «Omertà – La Loi du silence», en 1999, dans laquelle il a interprété l’impassible tueur à gages Tony Potenza. Il reprendra ce rôle au cinéma en 2012 dans le film «Omertà», qui connaîtra moins de succès. 

De passage à l’émission «Tout le monde en parle», diffusée dimanche soir sur les ondes de Radio-Canada, le scénariste et réalisateur, Luc Dionne, a partagé son expérience de travail avec Paolo Noël, notamment lors des tournages d’«Omertà». 

Il décrit l’homme comme «un gars de cabaret», assurant qu’il n’était jamais mal pris sur un plateau de tournage. «S’il oubliait une ligne, il inventait autre chose, il raccrochait le dialogue», relate Luc Dionne. Il en a profité pour offrir ses sympathies à la famille. 

Paolo Noël a aussi joué dans le film «Danger pour la société» de Jean Martineau en 1969, et beaucoup dans «Les Doigts croches» de Ken Scott en 2009, et «Ma tante Aline», de Gabriel Pelletier, en 2007.

L’auteur-compositeur-interprète a par ailleurs raconté sa vie en trois tomes: «Entre l’amour et la haine: de l’orphelinat au succès» (1980), «Entre l’amour et l’amour: ainsi tourne le vent, tourne la vie» (1983), et plus récemment «J’ai mordu dans la vie et la vie m’a mordu» (2012).

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