TDAH: 35 000 personnes seraient atteintes dans la région

Par Rédaction - L'Écho de Maskinongé
TDAH: 35 000 personnes seraient atteintes dans la région
Marie-Michèle Lemaire

«Quand tu reçois ton diagnostic de trouble déficitaire de l’attention, ça change ta vie du tout au tout», affirme Marie-Michèle Lemaire, directrice de TDAH Mauricie / Centre-du-Québec.

«J’ai reçu le mien à 41 ans. À partir de ce moment, j’ai mis des outils en place et d’un coup, ma vie m’appartenait. Si j’avais une baguette magique, je retournerais à l’âge de cinq ans pour récupérer des acquis que je n’ai pas retenus», ajoute-t-elle.

Mme Lemaire et Josée (voir page 3) ne sont pas les seules à avoir obtenu un diagnostic tardif de TDAH: c’est le cas de nombreux adultes. D’ailleurs, TDAH Mauricie/Centre-du-Québec prépare une nouvelle campagne sur les coûts de société du TDAH, plus précisément sur le TDAH en milieu de travail et le TDAH chez les adultes.

On devrait voir apparaître cette campagne au cours du mois d’octobre.

«Les impacts du TDAH peuvent être importants. Chez les enfants, ça peut impliquer de perdre quotidiennement tuque et mitaines, perdre des papiers, ses clés, etc. C’est triste, mais ça peut causer la séparation de couples. Pour un adulte qui en est atteint, ça peut entraîner une difficulté à conserver longtemps un même emploi, par exemple», explique Mme Lemaire.

Comment se fait-il que le trouble déficitaire de l’attention n’ait pas été diagnostiqué plus tôt dans le cas de plusieurs adultes?

«Parce que ce n’est pas tout le monde qui a un trouble déficitaire de l’attention associé avec l’hyperactivité. Généralement, le milieu scolaire remarque davantage ceux ayant une tendance à l’hyperactivité: ils crient, brassent leur chaise, bougent constamment… Mais il y en a d’autres qui sont plus tranquilles, qui ont de la difficulté à retenir des notions, mais passent leurs examens et qui n’osent pas lever la main. Ces derniers peuvent surfer à travers le système», précise Marie-Michèle Lemaire.

«Pour certains, c’est avec la plus grande autonomie qui vient avec le passage au secondaire que l’on peut remarquer des symptômes. Sinon, ça peut aller au Cégep, là où les étudiants sont moins encadrés dans leur horaire et par leurs parents», note-t-elle.

Les adultes aux prises avec un TDAH souffrent d’abord et avant tout de troubles cognitifs attentionnels (distractibilité, bougeotte des idées), de désorganisation associée, comme la procrastination, la difficulté à commencer puis à terminer ses tâches, tendance à s’éparpiller, difficulté avec la notion du temps, ainsi que d’impulsivité

Un soleil aux 1001 rayons

Mme Lemaire compare les TDAH à un soleil avec de nombreux rayons: pas un soleil n’est identique.

«L’hyperactivité peut être un rayon. L’impulsivité, un autre. Il pourrait aussi y avoir l’agressivité, les troubles de l’humeur, les troubles de l’apprentissage, l’anxiété, l’obsession, les troubles du sommeil et bien plus encore. Les troubles déficitaires de l’attention sont difficiles à diagnostiquer parce que personne n’a le même soleil de vie, avec les mêmes rayons», souligne-t-elle.

Faut-il donner des médicaments pour contrôler les TDAH? Les opinions divergent. Il va de soi que Mme Lemaire préfère privilégier la mise en place d’outils pour aider les personnes aux prises avec un TDAH de mieux s’organiser: un agenda pour mieux s’organiser, utiliser un sac magique pour aider à s’endormir, du coaching, etc.

«Je me souviens qu’à l’école primaire, le psychologue avait convoqué mes parents et le directeur à mon sujet. Il a dit que je n’étais pas fixée dans l’univers et à avisé mes parents de me tenir serrée et m’encadrer. Mon père le fait encore aujourd’hui», mentionne-t-elle.

Le TDAH en Mauricie

En Mauricie/Centre-du-Québec, on estime qu’entre 5 et 7% de la population serait aux prises avec un trouble déficitaire de l’attention, c’est-à-dire environ 35 000 personnes. Plusieurs d’entre elles ne seraient pas encore diagnostiquées.

Le TDAH est le trouble de santé mentale le plus commun chez les enfants. Bien que des études montrent que 80 % des enfants diagnostiqués maintiennent le diagnostic à l’adolescence, et que 60 % sont toujours affectés par les principaux symptômes à l’âge adulte, le trouble est encore sous-diagnostiqué chez les adultes.

«On parle beaucoup du TDAH depuis les dernières années. Des médecins de la région ont même suivi une formation sur le sujet la semaine dernière. J’ai agi comme membre du jury pour Shire Canada qui a remis une bourse à des étudiants, dont une de l’UQTR, atteints d’un TDAH. J’ai accepté parce que pour une fois, on félicite quelqu’un avec un trouble déficitaire de l’attention. On est habitué de remettre des bourses aux étudiants qui ont de bonnes notes ou qui s’impliquent. Au total, on a reçu plus de 1000 candidatures», indique Marie-Michèle Lemaire.

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