Un rêve devenu réalité pour les Suton

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Par jcossette
Un rêve devenu réalité pour les Suton
Dès son arrivée au Québec, Alen Suton caressait un nouveau rêve en symbiose avec celui de son enfance, soit celui d'ouvrir un jour sa propre salle d'entraînement où il pourrait aider des athlètes de haut niveau à atteindre leurs objectifs. (Photo : Jonathan Cossette - Hebdo Journal)

La passion d’Alen et Danijel Suton pour le sport ne date pas d’hier. Petit, Alen rêvait de devenir joueur de soccer professionnel et il avait le talent pour y arriver. Or, la guerre de Bosnie-Herzégovine, en 1992, est venue freiner ses ambitions sans toutefois l’empêcher de réussir dans la vie. Son frère et lui ont formé F.R.R.A.P. (Force, rapidité, réaction, agilité et puissance) Performance Athlétique qui, aujourd’hui, possède son propre gymnase.

Dès son arrivée au Québec, il caressait un nouveau rêve en symbiose avec celui de son enfance, soit celui d’ouvrir un jour sa propre salle d’entraînement où il pourrait aider des athlètes de haut niveau à atteindre leurs objectifs. C’est ce qu’il fut pendant 15 ans en tant que comme préparateur physique à l’Académie Les Estacades pour les programmes de sport-études. 

« Ça faisait tellement longtemps qu’on s’occupait de la préparation physique des athlètes aux Estacades et dans le temps, ce n’était pas tant répandu au Québec. Un jour, je suis allé voir un ami qui jouait au basketball aux États-Unis et j’avais visité les installations. Les universités américaines avaient tout ça (ce que nous avons maintenant) et j’ai eu l’idée de partir un gym qui allait ressembler à ça », se souvient-il.

« Je suis dans le sport depuis que j’ai 7 ans et je viens d’une famille de sportifs. C’était mon mode de vie. Ensuite, j’ai pris la décision de rentrer en kinésiologie à l’UQTR et je cherchais une spécialisation. La kinésiologie offre plusieurs domaines et j’ai choisi la performance athlétique pour les athlètes. On reçoit des athlètes de différents niveaux, autant de jeunes athlètes en développement que des vétérans comme Steve Brown qui jouent au baseball pour les Aigles. La performance athlétique, ce n’est pas à court terme, mais bien à long terme. On n’entraîne pas juste des athlètes Élite non plus. On est très ouvert aux gens qui veulent garder la forme et qui préfèrent venir ici plutôt que dans un gym commercial. » 

Les frères Suton ne sont pas seuls dans l’aventure puisqu’ils sont accompagnés de Michaël Chagnon, un ami de longue date et kinésiologue au sein du Gym F.R.R.A.P. Il apporte son expertise et se veut un équilibre parfait aux deux frères. Tel que mentionné plus tôt, ils ont vécu la guerre de Bosnie-Herzégovine, mais le sport a toujours eu une importance capitale dans leur vie.

Une nouvelle chance

« On a vécu la guerre pendant quatre ans, sans eau ni électricité. On était vraiment dans une zone de guerre. Je parle un peu de mon histoire, mais on ne le souhaiterait jamais à personne. Après la guerre, mes parents ont décidé d’immigrer au Canada. C’était comme une deuxième chance pour nous de s’éduquer et de bénéficier de toutes les ressources offertes ici, que l’on tient pour acquises parfois, mais qui sont là, que ce soit au niveau de l’école et même au niveau des entreprises. Il existe énormément de ressource pour t’aider à avancer », confie-t-il.

« Pour moi, le sport était mon lien d’intégration une fois rendu au Québec. Pour un jeune, pour connecter avec les gens, il faut souvent trouver un point commun avec les autres. Faire des sports d’équipe m’a permis d’avoir un réseau, de rencontrer les gens, de rentrer dans la communauté plus facilement et d’apprendre la langue plus facilement. Encore aujourd’hui, c’est grâce au sport que je suis rendu là. »

En travaillant de concert avec les programmes sport-études, Alen Suton a entraîné, développé et accompagné des athlètes qui sont devenus champions dans leurs disciplines respectives, que ce soit au niveau professionnel ou amateur. Son frère Danijel travaille un peu plus dans l’ombre et se passionne pour tout ce qui est nouvelles technologies, marketing, montage vidéo et image de l’entreprise. Ces accomplissements, ils les doivent aux sacrifices de leur mère Nerkima, de leur sœur Alena et de leur père Mirko, qui dans l’adversité, leur rappelait toujours « qu’ensemble on est plus fort ». 

« C’est super comme emploi! Les gens ne s’en rendent pas compte, mais une personne qui se rend à un certain niveau, ça prend beaucoup de travail et beaucoup de discipline. On essaie de bien les encadrer et de leur offrir des services pour leur permettre de se rendre à un certain niveau. Pour moi, il n’y a rien de plus gratifiant que de voir un joueur réussir dans son sport et le voir devenir une fierté de la ville qu’il représente qui est Trois-Rivières. On est chanceux aussi de travailler de pair avec Excellence sportive Mauricie qui parle de nous et avec qui on peut travailler lorsque nos athlètes ont besoin de services autres, comme d’un chiropraticien ou d’un nutritionniste, par exemple », explique-t-il.

« Pour faire réussir les athlètes, on offre vraiment du matériel spécialisé et c’est ce qui nous distingue. On a des plateformes de force, des plateformes de saut (pour calculer la hauteur et la puissance), des instruments qui calculent la vitesse d’exécution, des radars et des lumières de réactions. On utilise l’application TrainHeroic où la personne entre ses données d’entraînement, ses charges et répétions, et on compile toutes les données en temps réel. Elle peut même me laisser des notes et je peux faire leur ajustement ensuite. On peut même faire un plan de groupe ou un plan pour une équipe au complet. C’est même possible de s’entraîner à distance et de faire le suivi avec l’athlète. Bref, ce sont des choses auxquelles les athlètes n’ont pas vraiment accès outre que dans un centre national de développement ou dans les centres universitaires qui ont beaucoup de budget. On offre ça en Mauricie! »

Chose certaine, les frères Suton ont été patients et aujourd’hui, c’est un sentiment de fierté qui les habite lorsqu’ils pensent à tout ce chemin parcouru.

« C’est certain qu’on est fier. Ce n’est pas tant notre réussite, mais plus les anciens athlètes qui sont passés et qui nous ont rappelés que ça faisait longtemps qu’on en parlait. Ce sont aussi tous les messages d’encouragement que nous avons reçus et que dire des athlètes qui nous ont aidés à mettre les choses en place, aidé à finir le montage du gym. Nos athlètes, c’est une communauté, c’est une famille. Notre projet, il leur appartient autant à nous qu’à eux », conclut-il.

 

 

 

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