Le parcours incroyable d’Alexis Rheault

Il a réussi à courir 10 kilomètres en 68 minutes. Rien d’extraordinaire pour le commun des mortels sauf qu’Alexis Rheault a reçu un diagnostic de fibrose kystique dès son plus jeune âge, prends une vingtaine de médicaments par jour, a une espérance de vie de 37 ans et les médecins le dispensent de cours d’éducation physique en raison de ses difficultés respiratoires.

Alexis a reçu une mention honorifique au 30e Gala Sport Hommage Desjardins samedi dernier.

Leçon de courage

Dans le cadre de son 3e cours d’éducation physique, obligatoire à l’obtention de son diplôme d’études collégiales, 60% de l’évaluation du cours consistait à courir 10 km selon des temps préétablis.

Alexis aurait pu facilement être crédité de ce cours puisqu’il disposait de tous les papiers du médecin pour l’éviter. Malgré tout, il a décidé de relever le défi.

« J’ai toujours voulu être comme les autres et faire comme eux malgré ma maladie. Je voulais montrer que malgré des limites on peut se dépasser quand même et on n’a pas à s’apitoyer sur son sort. »

C’est alors que son enseignant devient son coach personnel pour une période de 14 semaines. Alexis s’entraîne quatre fois par semaine pendant 14 semaines. L’entraînement est axé énormément sur le cardio.

« Les premiers entraînements n’étaient pas de tout repos. Je croyais que j’étais en forme mais quand j’ai commencé, j’ai vite remarqué que j’avais beaucoup de croûtes à manger pour arriver à atteindre mon objectif.»

Infection

Après avoir progressé énormément, une infection frappe Alexis de plein fouet alors qu’il en est à sa 4e semaine d’entraînement ce qui lui fait perdre pratiquement toutes les capacités acquises.

Il retourne à la case départ mais ne se laisse pas décourager. Il reprend l’entraînement et met les bouchées doubles et réussit avec des efforts inimaginables à rattraper le temps perdu.

Une fois de plus, il est frappé par une infection. Heureusement, elle ne sera pas très néfaste. Elle ralentira légèrement sa progression vers son objectif ultime mais sans plus.

Le jour J arrive enfin.

Alexis n’a jamais couru sur une si longue distance et ne sait pas à quoi s’attendre. Il espère compléter le parcours en 75 minutes, mais son objectif ultime est de terminer sa course.

Le départ est donné! La course se déroule bien et les kilomètres passent peu à peu. Plus la course avance, plus Alexis prend confiance et est conscient qu’il peut pousser un peu plus. Il réussit tellement bien qu’il termine la course en 68 minutes, un temps inespéré.

« Après avoir pris note de mon temps j’étais carrément aux anges. J’étais tellement fier de moi! Plusieurs n’y croyaient pas. Même les médecins m’avaient donné le feu vert mais ne croyaient pas que j’allais me rendre jusqu’au bout. »

La détermination d’Alexis lui a permis de remporter la mention honorifique au Gala Sport Hommage. Cet honneur a été l’aboutissement de plusieurs semaines de travail acharné malgré des problèmes graves de santé.

« J’ai reçu plusieurs reconnaissances dans ma vie. Je suis très impliqué au niveau de l’association de la fibrose kystique. Mais je ne croyais jamais un jour remporter un prix pour mes exploits sportifs. Lorsque j’ai reçu la lettre chez-moi, j’étais très content d’avoir été nominé pour cette mention, mais je ne croyais jamais remporter un trophée pour le sport! »

Malgré une santé fragile et une vie limitée, il entrevoit l’avenir comme tout être humain normal en espérant dénicher la perle rare et fonder une famille sans se soucier du lendemain.

« Je fais tout pour avoir une vie normale, je profite de chaque moment, cette maladie m’a amené à vivre au jour le jour. À vivre comme je suis capable. Cette maladie m’a apporté une autre vision de la vie que certains n’ont pas. On apprend à apprécier les petites choses de la vie. On les vit beaucoup plus intensément que la majeure partie du monde. »

« Malgré toutes les embûches, je ne me suis jamais limité et j’ai toujours fait ce que je voulais et j’ai toujours apprécié la vie. Si j’avais à mourir demain, je ne regretterais rien de ce que j’ai vécu. »

Au Canada, un nouveau-né sur 3 600 est atteint de fibrose kystique. 60 % des cas de fibrose kystique sont diagnostiqués dès la première année de vie et 90 % avant l’âge de 10 ans.

À ce jour il n’y a aucun médicament pour enrailler la maladie. Par contre, les nouvelles percées permettent d’avoir une espérance de vie beaucoup plus élevée.