Les Services en Protection de la Jeunesse en péril?

Les Services en Protection de la Jeunesse en péril?

Steve Garceau, directeur à l’exécutif local et représentant de la mission centre jeunesse, et Sylvie Godin, répondante politique de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) pour la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Photo Jonathan Cossette

DÉNONCIATION. La Protection de la jeunesse de la région a lancé un cri d’alarme au ministère et au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSSMCQ) en raison des difficultés vécues par les intervenants.

Sylvie Godin, répondante politique de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) pour la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, était accompagnée de Steve Garceau, directeur à l’exécutif local et représentant de la mission centre jeunesse.

Les intervenants dénoncent, depuis plusieurs mois déjà, les conditions de travail inacceptables dans lesquelles ils évoluent en tentant tant bien que mal d’assurer la protection des enfants de la région. De leur avis même, «c’est la sécurité des enfants qu’ils ont le mandat de protéger qui est en jeu dans les conditions qui prévalent actuellement.»

«Ça fait un an que nous dénonçons la détresse psychologique et la surcharge de travail. 44% de nos travailleurs sont absents en raison de maladies liées à la détresse psychologique. Un des facteurs fort symbolique est la surcharge de travail», confie M. Garceau.

«Habituellement, répondre à une intervention de type Code-3 représente un délai de 4 à 6 jours. On est rendu avec des listes d’attentes incroyables. Un travailleur m’expliquait, la semaine dernière, qu’on était rendu à plus de 300 jours d’attente sur un cas. (…) Nos intervenants ont beaucoup de paperasses et de rendements statistiques à livrer. Ça les empêche de faire leur vrai travail!»

Toujours selon eux, le personnel qui peine à couvrir les urgences. La liste d’attente pour obtenir les évaluations nécessaires ne cesse de s’allonger, s’éloignant à grands pas des cibles ministérielles et exposant à des risques des enfants qui doivent être protégés. La pression augmente sur les épaules des employés qui en viennent à ne plus prendre de pauses pour tenter de répondre de leur mieux à la demande croissante.

Plan d’action?

Interpellée récemment à l’occasion d’un conseil d’administration, la direction a dit avoir un plan d’action pour améliorer la situation.

«Mais ni le personnel ni le syndicat n’ont été invités à l’élaboration de ce plan d’action, pas plus qu’aux discussions attenantes, alors que nous sommes directement concernés. On voudrait collaborer à ce plan-là», déplore madame Godin.

«On vient dénoncer cette inaction des employeurs et on leur demande de s’asseoir avec le syndicat pour trouver les solutions. On engage beaucoup de finissants, mais c’est un peu futile, car on a déjà plein de membres du personnel en congé de maladie qui ne le seraient pas s’ils travaillaient dans des conditions acceptables», ajoute pour sa part monsieur Garceau.

L’APTS s’inquiète non seulement de la qualité et de l’accessibilité des services offerts par le Centre jeunesse, mais aussi de la santé physique et psychologique des membres qu’elle représente. Selon elle, «malgré la politique de santé et mieux-être qu’il a adoptée, le CIUSSSMCQ néglige ses responsabilités à l’endroit de son personnel. Si des mesures correctrices ne sont pas bientôt appliquées, c’est la sécurité des enfants qui sera mise en péril.»

L’APTS va mettre sur pied une équipe d’enquête, rencontrer les travailleurs et évaluer leurs problèmes spécifiques et déposer des griefs ou des recours légaux afin d’assurer des conditions de travail respectant la santé et la sécurité du personnel.

 

 

 

 

Poster un Commentaire

avatar