Protection de la gestion de l’offre: Une lutte à finir

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Par Jonathan Cossette
Protection de la gestion de l’offre: Une lutte à finir
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Yves Perron, porte-parole en matière d’Agriculture, d’Agroalimentaire et de gestion de l’offre, et Simon-Pierre Savard- Tremblay, porte-parole en Commerce international, ont réitéré leur demande au gouvernement et à l’ensemble des députés des autres partis d’opposition de tenir l’engagement moral qu’ils ont pris quant à l’adoption du projet de loi C-216. Cette dernière inclut la protection de la gestion de l’offre dans les responsabilités du ministre des Affaires étrangères.

Non seulement les interpellent-ils quant à la protection du système de gestion de l’offre, mais aussi face au règlement du dossier des compensations promises aux producteurs et aux transformateurs très durement touchés par les trois derniers accords de libre-échange signés par le Canada.

«Ce n’est pas une demande partisane et il faut que cette loi passe. C’est fondamental et important pour notre agriculture. C’est pour ça qu’on invite nos producteurs et productrices, et nos transformateurs et transformatrices à écrire massivement à leur élu. Nous n’avons besoin que du Parti conservateur ou du Parti libéral pour numériquement en arriver avec une majorité et évidemment, c’est une demande si importante qu’on aimerait bien que ce soit une unanimité de la chambre», a d’abord témoigné Simon-Pierre Savard-Tremblay.

«Cette tournée-là que nous amorçons, Yves (Perron) et moi, lui en tant que porte-parole de l’agriculture et moi en tant que porte parle du Commerce international, c’est la suite de la conférence de presse que le Bloc Québécois avait menée avec l’Union des producteurs agricoles en novembre dernier. On l’avait fait au niveau national, maintenant on veut le faire au niveau régional.»

Pour le Québec, les pertes permanentes des producteurs et des transformateurs se chiffrent à au moins un demi-milliard de dollars par année.

«Uniquement pour les régions administratives du Centre-du-Québec, de la Mauricie et de la Montérégie, la gestion de l’offre représente 2370 fermes. Par ailleurs, uniquement pour la filière laitière, 16 établissements de transformation sont établis dans ces régions et les deux secteurs (production et transformation laitières) génèrent plus de 22 000 emplois directs», a mentionné Yves Perron.

Ensuite questionné à savoir combien de fermes de la région Mauricie/Centre-du-Québec pourraient voir leur avenir compromis si le marché n’était pas protégé, le porte-parole en matière de Commerce international a confié que ce sont 269 fermes de la région, soit 29,5% des fermes, qui sont sous la gestion de l’offre et qui par le fait même, pourraient en souffrir.

«En tant que producteur, chaque fois qu’il y a une brèche dans les ententes pour ébranler la gestion de l’offre, ça nous rend plus inquiets et notre relève est de moins en moins certaine, a pour sa part commenté François Cournoyer, producteur de lait. Ça les interpelle un peu moins à prendre la relève dans un système qui est une monnaie d’échange pour d’autres domaines. C’est important de nous protéger et ça va aider à ce que notre relève soit plus enthousiaste face à l’avenir.»

«Depuis 30 ans, je regarde ce qui se passe et il y a un slogan qui dit qu’on n’arrête pas de manger la laine sur le dos des producteurs agricoles et j’aimerais vraiment que ça arrête», a pour sa part ajouté Jean-Pierre Clavet, producteur biologique certifié de volailles, à Yamachiche. «On a tellement de travail qu’on n’a pas le temps d’avoir toujours à se défendre. On aimerait vraiment être protégé par la gestion de l’offre.»

Monsieur Savard-Tremblay a également invité les citoyens à prendre conscience de l’importance du dossier et à eux aussi contacter leur élu.

«Ça touche aussi les consommateurs, bref tous les citoyens inquiets par l’avenir de la souveraineté alimentaire, par l’avenir de la gestion de l’offre et par l’avenir de ce qu’on va retrouver dans nos réfrigérateurs trois fois par jour, sur notre table au restaurant ou sur les étagères dans les épiceries. On veut les inviter eux aussi à faire pression et à écrire à leur élu fédéral pour qu’on adopte ce projet de loi qui interdit toutes brèches futures dans la gestion de l’offre», a-t-il conclut.

 

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