Propos de Mariannick Mercure envers Yves Lévesque : «Il faut passer à une autre étape» -Jean Lamarche

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Par Marie-Eve B. Alarie
Propos de Mariannick Mercure envers Yves Lévesque : «Il faut passer à une autre étape» -Jean Lamarche
(Photo : Marie-Eve Alarie)

Le débat entourant l’altercation verbale filmée entre la conseillère Mariannick Mercure et l’ancien maire et candidat conservateur Yves Lévesque lors de la Marche pour le climat, vendredi dernier, s’est transporté à la séance publique du conseil municipal mardi soir.

La conseillère du district des Forges a été accueillie par des applaudissements nourris à son entrée dans la salle publique de l’hôtel de ville. Ils étaient une vingtaine à s’être déplacés pour montrer leur appui à Mme Mercure qui fait face à de nombreuses critiques après qu’elle eut apostrophé Yves Lévesque lors de la Marche pour le climat. Ils ont déployé deux banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Merci Mariannick» et «Urgence climat : agissez».

Au terme de la séance du conseil de ville, le conseiller Denis Roy, qui a filmé l’altercation entre Mariannick Mercure et Yves Lévesque, a pris la parole pour faire le point et offrir ses excuses à ceux qu’il a indisposés.

«Bien que mes intentions aient été nobles en aidant Mariannick [Mercure], je comprends que ça ait pu en indisposer certains. C’est pourquoi je m’excuse à ceux qui accordent beaucoup d’importance au décorum qu’un élu doit respecter en tout temps. Puis, à François Bélisle que j’ai piégé dans mon cadrage et dont le seul crime était de parler à l’autre protagoniste. Et surtout à tous ceux qui ont marché avec conviction pour le climat et qui auraient préféré qu’on axe davantage sur le succès de la manifestation que sur le stunt», a-t-il exprimé.

«Je considère cette phase anecdotique de notre geste comme clos. Je retourne maintenant travailler à mes dossiers, avec mes collègues, et aux priorités de la ville que nous aimons tous», a conclu le conseiller du district Marie-de-l’Incarnation.

À la suite de la publication d’une lettre ouverte qu’il a signée dans Le Nouvelliste, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, se dit également prêt à tourner la page sur cet événement.

«Il faut passer une autre étape. Je vois ça comme un épisode dans un mandat de deux ans. Elle a sa définition du politicien. J’ai la mienne. (…) On a discuté franchement de ce qui s’est passé, de notre relation au conseil. On ne souhaite pas voir cela se reproduire. On est ailleurs. Je sais qu’il y a des gens qui se gargarisent de nos chicanes, mais on n’est pas en chicane. Ça ne nous empêche pas d’avoir des opinions différentes», a-t-il commenté.

«Je pense qu’aujourd’hui, les élus devraient tous être des militants»

Lorsqu’elle a pris la parole, Mariannick Mercure a rapidement annoncé ses couleurs: il n’était pas question de présenter des excuses.

«Je n’ai pas à me justifier pour mon action qui était somme toute banale. Je ne devrais pas, non plus, être plus polie ou plus sage envers les grands pollueurs et leurs serviteurs politiques. Mon éthique, à moi, elle me commande de prendre la responsabilité de dire: ça suffit», a exprimé Mme Mercure en poursuivant que l’un des grands enjeux municipaux en matière d’environnement consiste en la mobilité durable.

Elle a également dénoncé des «projets dignes d’une autre époque» qui nuisent aux efforts individuels de lutte aux changements climatiques.

Par ailleurs, plus tôt dans l’après-midi, Mariannick Mercure a d’ailleurs diffusé une nouvelle vidéo sur les réseaux sociaux pour parler de la pression politique qu’elle subit depuis vendredi dernier.

«Je ne suis pas une politicienne dans le sens où on l’entend généralement. En fait, je ne serai jamais une politicienne. Je pense qu’aujourd’hui, les élus devraient tous être des militants. Plus on va crier fort, plus il y aura de la pression», y dit-elle.

Durant la période de questions, plusieurs citoyens ont pris la parole, que ce soit pour supporter la conseillère municipale ou encore pour critiquer son geste. Des citoyens ont soulevé le «manque de décorum» autour du geste et se sont dits «gênés» face au ton employé et à la représentation de la ville qui a, par la suite, circulé un peu partout.

À l’inverse, d’autres ont soutenu son discours et décrié le traitement dont est victime Mme Mercure, en particulier sur les réseaux sociaux où elle reçoit des commentaires particulièrement violents.

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