Profession : opératrice de surfaceuse

Photo de Audrey Leblanc
Par Audrey Leblanc
Profession : opératrice de surfaceuse
Chantal Larivière conduit la surfaceuse depuis 16 ans. (Photo : Audrey Leblanc)

NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL. Parcourir 160 kilomètres chaque nuit, dans des sentiers enneigés en forêt et dans les champs. C’est ce que fait Chantal Larivière depuis maintenant 16 ans. La Montcarmeloise conduit la surfaceuse qui permet d’entretenir les sentiers de motoneige.

Au Québec, elle est l’une des seules femmes à faire ce travail. Elle commence à 14h. Elle fait l’entretien de la machinerie, ajoute de l’urée et fait le plein de diésel. Une heure plus tard, elle est prête à partir. Au volant du tracteur, elle entame sa tournée qui la mènera à Saint-Séverin et qui se terminera le lendemain matin.

À l’avant du tracteur, une pelle ramasse la neige accumulée sur les côtés du sentier. Cette neige est poussée vers l’arrière et passe sous la gratte avant d’être redistribuée uniformément sur le sentier. En théorie, ça semble assez facile. Mais en pratique, seuls les pros arrivent à le faire parfaitement. Et quand il manque de neige, comme c’est le cas cet hiver, le défi est encore plus grand.

«Je pars de Mont-Carmel, je me dirige vers Saint-Séverin, je fais Lac-à-la-Tortue et le secteur de La Gabelle, énumère Chantal. Dans le secteur de La Gabelle, il passe minimalement 1500 motoneiges chaque fin de semaine.»

Ce n’est pas un travail pour moi. J’adore ça.
– Chantal Larivière

Quand tout se passe bien et que les conditions météorologiques sont bonnes, il faut 16 heures pour parcourir les 160 kilomètres de sentiers. Le tracteur consomme de 19 à 20 litres de diésel par heure, pour un total d’environ 300 litres par sortie.

«Conduire la surfaceuse, ce n’est pas un travail pour moi. J’adore ça, confie Chantal. C’est mon passe-temps. Je fais au moins 75 heures de surfaceuse par semaine. Quand je croise des motoneigistes, je les salue toujours parce que s’ils n’étaient pas là, je n’aurais pas la chance de faire ça.»

«Ce n’est pas de conduire un tracteur qui me fait triper, ajoute-t-elle. Ce qui me fait triper, c’est de voir que je fais un beau sentier et de croiser des motoneigistes qui me font un pouce en l’air pour me remercier pour mon travail. C’est ça ma paie.»

243 kilomètres, 3 surfaceuses

L’hiver, Chantal occupe un autre emploi deux jours par semaine. Le reste du temps, inutile de la chercher, elle est assurément au volant de la surfaceuse. Elle et deux autres personnes se partagent les 243 kilomètres de sentiers couverts par le Club de motoneiges du comté de Champlain.

C’est par l’entremise de son mari Jean-François Chartray qu’elle a découvert ce métier. «Il faisait ça quand je l’ai rencontré, raconte-t-elle. Je travaillais le jour et si je voulais le voir, je devais embarquer avec lui le soir. Il en fait depuis 30 ans. C’est mon mentor.»

Un métier parfois risqué

Il y a deux ans, un soir de février, Chantal a eu vécu un événement traumatisant. Alors qu’elle traversait une rivière, la glace a cédé et le tracteur s’est enfoncé dans l’eau. Heureusement, elle est parvenue à déposer la pelle du tracteur sur le bord de la grève, à se hisser hors de la cabine et à regagner la terre ferme.

«Il y avait 18 pouces de glace, se souvient-elle. Techniquement, tout était correct. J’étais à Saint-Séverin quand c’est arrivé.» Bien consciente qu’elle a évité le pire ce soir-là, elle ne s’aventure plus sur les rivières désormais.

Quelques faits intéressants

  • Le tracteur que conduit Chantal pèse 12 000 livres.
  • La machinerie qu’elle utilise pour créer de beaux sentiers de motoneige vaut plus de 200 000 $.
  • Les pneus à crampons du tracteur sont changés régulièrement et sont surtout sollicités dans les côtes glacées.
Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires