Produire des médicaments dans des microalgues

Photo de Marie-Eve B. Alarie
Par Marie-Eve B. Alarie
Produire des médicaments dans des microalgues
Isabel Desgagné-Penix, titulaire de la Chaire de recherche sur l'ingénierie métabolique des microalgues, Daniel McMahon, recteur de l'UQTR, et Pierre Bénard, professeur au département de chimie, biochimie et physique de l'UQTR. (Photo : Marie-Eve Alarie)

Une nouvelle chaire de recherche consacrée au développement de microalgues génétiquement modifiées qui pourront produire, à des fins commerciales, des molécules thérapeutiques comme les cannabinoïdes a récemment vu le jour à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Plus précisément, l’exercice consiste à prélever des gènes certains gènes sur des plantes produisant les molécules thérapeutiques recherchées. Il faut ensuite insérer ces gènes à l’intérieur des microalgues afin que celles-ci puissent produire les molécules souhaitées en grande quantité.

«On se concentre sur des molécules d’intérêt, dont des médicaments. En ce moment, on se penche sur deux sortes de cannabinoïdes, c’est-à-dire le cannabidiol (CBD), reconnu pour ses effets psychoactifs, et le tétrahydrocannabinol (THC) utilisé pour ses propriétés pharmaceutiques», précise Isabel Desgagné-Penix, titulaire de la Chaire de recherche sur l’ingénierie métabolique des microalgues (IMMA).

Les microalgues ont plusieurs avantages. Elles peuvent notamment être cultivées dans des eaux usées, servant  ainsi d’agents de décontamination. Par ailleurs, une fois que les molécules thérapeutiques ont extraites de leur bouillon de culture, les résidus microalgues pourront encore servir à produire, par exemple, des biocarburants.

«On n’a pas besoin de grands espaces pour la production qui consomment beaucoup d’énergie, comparativement à la culture de cannabis, par exemple. Ça se fait dans de petits photobioréacteurs et le produit est plus concentré, soit un cannabinoïde pur, produit de façon durable. Cette chaire servira aussi à la communauté scientifique puisqu’il faut établir un protocole biomédical avec les microalgues. Il en existe pour les bactéries et les levures, mais le travail avec les microalgues est relativement nouveau», souligne Mme Desgagné-Penix.

«Cette chaire de recherche est un fer de lance important à l’UQTR. Grâce aux travaux de la professeure Isabel Desgagné-Penix, l’UQTR se positionne à titre de leader en biologie synthétique microalgale. C’est un domaine d’expertise en expansion, mais encore peu développé au Québec et au Canada», fait remarque Daniel McMahon, recteur de l’UQTR.

L’équipe de la Chaire IMMA réalisera ses travaux à petite échelle dans les laboratoires de l’UQTR.

Les tests à grande échelle seront réalisés en collaboration avec le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE) du Collège Shawinigan, ainsi que de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse. Ceux-ci disposent des appareils nécessaires permettant de vérifier si les souches de microalgues génétiquement modifiées produisent les molécules thérapeutiques recherchées.

La Chaire bénéficiera de fonds totalisant plus de deux millions de dollars, dont 963 006$ provenant d’un partenaire industriel spécialisé dans le développement de plateformes pour la croissance des algues. Le Mitacs versera un montant de 535 333$ pour soutenir le salaire des chercheurs professionnels et stagiaires de la Chaire, tandis que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada octroie 525 000$.

Au total, une vingtaine d’étudiants de tous les cycles et six stagiaires postdoctoraux complète l’équipe de recherche également composée d’une professionnelle et d’une technicienne.

Partager cet article

1
Laisser un commentaire

avatar
1 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
1 Comment authors
RICHARD PARÉ Recent comment authors
  S'inscrire  
newest oldest most voted
Notifier de
RICHARD PARÉ
Guest
RICHARD PARÉ

Nous avons un étang plein de micro algues si vous voulez un échantillon il nous fera plaisir de vous en faire avant de les détruire ce qui est prévu pour fin juillet 2019. Merci