Pleins feux sur les dédraveurs à Boréalis

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Par Marie-Eve B. Alarie
Pleins feux sur les dédraveurs à Boréalis
Émilie Papillon, responsable des expositions et des projets – patrimoine chez Culture Trois-Rivières, et Kim Charron Charbonneau, coordonnatrice des projets de conservation et de restauration chez Parcs Canada. (Photo : Marie-Eve Alarie)

«Dédraver un lac, ça ne s’apprend pas dans les livres.» C’est une expertise qui s’est développée dans la région, particulièrement dans le Parc national de la Mauricie. L’exposition Drave Dédrave – ramener l’équilibre, présentée à Boréalis, revient sur les traces laissées par la drave dans les cours d’eau de la Mauricie et leurs conséquences sur les écosystèmes, mais lève aussi le voile sur les dédraveurs, dont la tâche consiste à retirer les billes et billots de bois des lacs.

C’est lorsque le Parc national de la Mauricie, qui a collaboré à l’exposition, a retiré la 100 000e bille de bois de ses lacs en 2018 que l’idée a germé au sein de l’équipe de Boréalis.

«La drave a beaucoup affecté le paysage de Trois-Rivières et de la Mauricie. En ce qui concerne la dédrave, c’est très méconnu du public. Il s’en est fait à la fin des années 90 dans la rivière Saint-Maurice, mais il y a encore plusieurs opérations de dédrave au Parc national de la Mauricie. On a voulu mettre en lumière ce travail qui demande beaucoup physiquement aux travailleurs. On ne réalise pas à quel point la drave a eu un gros impact sur les écosystèmes», explique Émilie Papillon, responsable des expositions et des projets – patrimoine chez Culture Trois-Rivières.

Appuyée par plusieurs photographies éloquentes et une vidéo mettant de l’avant les témoignages de déraveurs, l’exposition présente la restauration physique des lacs et des berges, ainsi que la restauration biologique.

Car l’un des objectifs recherchés par cette vaste opération est de repeupler les lacs avec l’omble de fontaine qui s’y trouvait à l’origine. D’après plusieurs études effectuées sur le terrain, environ 50% de la population d’omble de fontaine aurait été perdue suite aux travaux en lien avec l’exploitation forestière et l’intégration de poissons indigènes dans les lacs pour la pêche sportive.

L’exposition sera ouverte aux visiteurs à compter du 25 septembre.

De l’huile végétale…et de l’huile de coude!

L’exposition Drave Dédrave – ramener l’équilibre montre aussi les outils utilisés par les dédraveurs…exactement les mêmes que ceux des draveurs! C’est l’occasion de découvrir la gaffe, le pic à bois et le crochet à billot.

«En commençant avec de plus petites structures à démanteler, on a développé notre expertise, indique Kim Charron, coordonnatrice des projets de conservation et de restauration chez Parcs Canada. Pour protéger les écosystèmes, nous utilisons une machinerie à l’huile végétale et on trouve différentes façons de revaloriser les billots. C’est une expertise très locale.»

Sur la soixantaine de barrages de drave qui se trouvent dans les lacs du Parc national de la Mauricie, 40 dégradent les écosystèmes. Un 21e barrage de drave a récemment été démantelé au Parc national.

«En démantelant les barrages de drave et en retirant les billots de bois, l’équipe de déraveurs contribue à rétablir les écosystèmes des lacs affectés. Les opérations ont aussi permis de retrouver les traces de 43 sites autochtones d’intérêt jusqu’à présent, dont plusieurs sont datés de la période paléohistorique. Des artefacts dataient de près de 4000 ans», précise Émilie Papillon.

Un parcours destiné aux enfants a également été prévu à l’exposition, notamment par le biais d’un cahier d’activités, d’un Cherche et trouve et d’un petit jeu permettant de comprendre la complexité des opérations de restauration physique et biologique.

L’exposition Drave Dédrave – ramener l’équilibre sera accessible aux visiteurs de Boréalis à compter du 25 septembre.

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