Plateau de travail du CRDI: Contribuer au développement durable de l’UQTR

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Par Stéphanie Paradis
Plateau de travail du CRDI: Contribuer au développement durable de l’UQTR
Marc Ayotte, coordonnateur au plateau de travail du CRDI, Pierre Lépine, coordonnateur des Services ménagers Roy, et Valérie Larose, conseillère en développement durable. (Photo : Stéphanie Paradis)

À l’Université du Québec à Trois-Rivières, le Comité de développement durable ainsi que les Services ménagers Roy se sont alliés avec le plateau de travail du CRDI-TED (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement) afin de réduire l’empreinte écologique de l’établissement d’enseignement.

Compostage, récupération et recyclage sont désormais un objectif majeur du plateau de travail. C’est au printemps 2019 que le projet pilote pour le compostage du papier brun a commencé dans les toilettes du pavillon Pierre-Boucher. Aujourd’hui, c’est 100% du papier à mains du pavillon qui est désormais composté, et Marc Ayotte, intervenant au plateau de travail, entend bien étendre le projet à tout le campus de Trois-Rivières d’ici quelques mois.

Steve-Alec Lamontagne, usager au plateau de travail du CRDI à l’UQTR.

«Ça prend un certain temps, car on doit prendre le temps de bien faire intégrer la routine aux usagers du CRDI», explique M. Ayotte. D’ailleurs, un nouvel arrivant au CRDI avec beaucoup d’autonomie et qui excelle à l’apprentissage de sa routine se verra désigné à ce poste. «On fait une pierre deux coups, parce qu’on fait le compostage et on crée un emploi pour un usager», mentionne Marc Ayotte. Le plateau de travail du CRDI est un milieu d’intégration pour les gens qui ont une déficience intellectuelle.

La collaboration avec les Services ménagers Roy permet également de découvrir ce qui se passe dans l’ombre, notamment que des produits encore utilisables sont jetés aux ordures, dont des rouleaux de papier brun, des rouleaux de papier de toilette et des restants de savon liquide.

En effet, auparavant, les restants de rouleaux, qui étaient même souvent équivalents à des demi-rouleaux, étaient jetés aux ordures. Dès que le concierge procède à l’entretien d’une salle, il change systématiquement tous les rouleaux de papier à main et de papier de toilette, même si ceux-ci sont encore à moitié. Il s’assure ainsi que les distributeurs sont toujours pleins; étant donné la grandeur du campus, c’est la façon la plus efficace de procéder, mais malheureusement pas la plus écologique.

Quant au savon liquide, qui comprend le savon à main et le savon dans les douches du CAPS, les distributeurs doivent en contenir une quantité suffisante, sinon il ne coule tout simplement plus. Ainsi, sans toucher au savon, le tout est transvidé jusqu’à l’obtention de récipients entièrement pleins qui sont renvoyés dans les salles de toilettes de l’UQTR.

Ce sont plusieurs milliers de dollars qui sont ainsi récupérés et ce sera encore davantage lorsque la piscine du CAPS rouvrira ses portes.

Redistribution et conscientisation

Le papier de toilette recyclé par le plateau de travail est redistribué aux étudiantes sage-femme, aux Artisans de la Paix, ou même à la banque alimentaire interne pour les étudiants en difficultés financières, Le Bon camarade. Ce sont environ 20 caisses de 60 rouleaux de papier hygiénique qui est ainsi récupéré chaque mois et redistribué. Le papier brun, quant à lui, est principalement redistribué dans les laboratoires de l’université.

«Ce qui est plaisant, comparativement à avant, personne n’en profitait étant donné que ça s’en allait aux poubelles. Ce n’était pas logique! Les organismes communautaires, eux, ça fait vraiment leur affaire!», lance Marc Ayotte.

Des points de collecte ont également été créés un peu partout sur le campus pour récupérer les stylos et les crayons feutres, les CD et les DVD afin d’en disposer de manière adéquate et éviter que ces objets se retrouvent aux ordures. De plus, le verre est provenance des laboratoires, qui étaient auparavant jeté car considéré comme contaminé, est désormais recyclé à la suite d’une entente avec le Groupe Bellemare.

«On vide beaucoup moins souvent les compacteurs à déchets», affirme Pierre Lépine, coordonnateur des Services ménagers Roy.

«Ce sont les gens du terrain qui doivent être conscientisés, car ce sont eux qui voient ce qui est jeté ou ce qui a le potentiel d’être récupéré. Le savon, c’est d’ailleurs l’idée de Pierre Lépine. On ne le sait pas nous ce qui va à la poubelle! C’est pour ça que c’est important de travailler tout le monde en collaboration», explique Valérie Larose, conseillère en développement durable à l’UQTR.

Le Comité s’occupe d’ailleurs de communiquer les points de recyclage à tout le personnel de l’établissement scolaire. Mme Larose mentionne que ces requêtes sont bien reçues par tout le monde, car les gens sont de plus en plus conscientisés à l’environnement. «Souvent, ils vont nous appeler aussi pour voir où ils peuvent déposer leur matière quand ils ne trouvent pas», ajoute Valérie Larose.

L’expertise de l’UQTR en demande

Le CIUSSS a tout récemment fait appel à l’UQTR pour son expertise en développement durable. Il souhaite ainsi mettre sur pied un comité pour l’élaboration d’un plan d’action favorisant le développement durable dans ses établissements.

Les institutions sont encore au tout début du processus de collaboration et il n’y a pas encore de retombées concrètes. L’UQTR est toutefois très encline à collaborer avec le CIUSSS. «C’est un beau dossier et l’UQTR est intéressée par le projet. Elle possède une belle expérience à l’interne en développement durable», explique Céline Lemay, coordonnatrice au Service du développement institutionnel et affaires publiques à l’UQTR. On pourrait donc éventuellement voir naître des projets de recherche avec des étudiants et des professeurs de l’établissement. «Beaucoup de choses devraient bouger prochainement!», ajoute Mme Lemay.

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