Petites fenêtres sur la vie ordinaire

Photo de Marie-Eve B. Alarie
Par Marie-Eve B. Alarie
Petites fenêtres sur la vie ordinaire
Jean-Paul Beaumier, écrivain. (Photo : Marie-Eve Alarie)

Le proverbe dit qu’une image vaut 1000 mots. C’est d’autant plus vrai dans le cas du nouvelliste Jean-Paul Beaumier qui s’est lancé le défi d’explorer l’élan que la photographie peut apporter dans son écrit pour son septième recueil de nouvelles, Que fais-tu là?

:Inspiré par 26 photographies de son amie photographe Anne-Marie Guérineau, le Trifluvien d’origine a tenté de percer le mystère des vies de ces personnes, jeunes comme plus âgées, immortalisées en noir et blanc.

«L’objectif n’est pas de décrire les photos, mais plutôt d’imaginer la vie des personnages sur ces photos, ce qu’elles faisaient. Le recueil aurait pu s’intituler Qui es-tu?. Je vois ça comme un album de famille que l’on retrouve des années plus tard et dont on ne connaît pas tous les visages. J’imaginais une vie ou un instant de vie pour chaque photo», explique-t-il.

L’auteur ouvre ainsi des fenêtres sur des instants du quotidien, sur des personnes qui n’ont pas nécessairement d’histoires extraordinaires, mais qui n’ont pas une vie banale pour autant.

Dans une résidence pour personnes âgées, un homme décide d’enjamber la rambarde de son penthouse pour commettre l’irréparable; une femme exprime ses doutes à l’enfant qu’elle porte et qui naîtra bientôt; une jeune fille évoque le drame du Bataclan; une femme laisse tout tomber pour partir au loin.

«La photographie servait de déclencheur. Rapidement, ce sont les mots qui me conduisaient. Je me mettais à écrire et j’oubliais la photo. C’est le texte qui me conduisait. Pour l’écrivain, le matériau premier, c’est les mots. Ce sont les mots qui créent leurs propres images et le rythme. La nouvelle, c’est aussi ça: des fenêtres qu’on ouvre et qui donnent accès à des choses qu’on ne voyait pas avant. J’ai toujours exploré le quotidien, la vie des gens originaires qui cachent souvent des choses non ordinaires. Je me plais à trouver des petites merveilles chez chacun», confie l’écrivain qui était de passage dans sa ville natale à l’occasion du dernier Salon du livre de Trois-Rivières, à un coin de rue à peine de la maison où il a grandi.

Cela faisait plusieurs années qu’il avait en tête de jumeler photographie et nouvelle littéraire de cette façon.

«J’ai toujours trouvé qu’il y avait une analogie entre la photo et la nouvelle. La photo, c’est une image, avec son cadrage et sa composition. Avec la nouvelle, on ne peut pas se permettre de mots inutiles. Ça demande un cadrage précis et de capter une scène qui parle d’elle-même pour la mettre en valeur», souligne Jean-Paul Beaumier.

Le recueil de nouvelles Que fais-tu là? est disponible en librairie.

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