(OPINION) Un Grand prix, à quel prix?

Tribune libre

(OPINION) Un Grand prix, à quel prix?
Grand Prix de Trois-Rivières (Photo : Archives - Marie-Eve Alarie)

Un plus pour l’industrie touristique? Il faut changer nos paradigmes et cesser de mettre en confrontation l’environnement et l’économie. En l’occurrence, la Ville dépense plus d’un million de dollars en plus des milliers versés par le provincial et le fédéral. Tout cet argent pourrait servir à créer ou soutenir d’autres événements plus rassembleurs, plus accessibles et surtout moins polluants.

Nos artistes de la région ne demandent que ça, l’occasion d’être mis en valeur avec un coup de pouce de la Ville.

Autre argument bidon : le GP3R apporte de l’argent à la ville?

Mais à qui au juste? À un groupe de commerçants. En contrepartie, les conséquences environnementales sont vécues et assumées par toute la société. On n’a qu’à penser aux plus démunis qui, sans climatisation, souffrent de cette chaleur causée par la crise climatique, au 50 dégrée Celsius vécu par les citoyens de la Colombie-Britannique l’été dernier et qui a fait plus de 500 morts. Le réchauffement climatique provoque des phénomènes extrêmes (pluie abondante, vents extrêmes, inondations…) qui créent des traumatismes humains. Trois-Rivières ne perd rien pour attendre. Son tour viendra.

Une fierté pour la Ville ?

Trois-Rivières est la seule ville au Québec où des courses automobiles ont lieu en pleine ville. Cela représente des rues bloquées et des désagréments, en particulier pour les résidents du secteur.  Quelqu’un a pensé aux résidents qui demeurent près des pistes et qui doivent s’exiler pendant ce festival de bruit et de pollution? Et des résidents au complexe résidentiel Terrasses Dominicaines qui ne peuvent partir et doivent demander la permission de sortir ou d’entrer de leur stationnement entre les courses?

Planter des arbres pour compenser?

Le but des crédits carbone est d’abord et avant tout de retirer le CO2 de l’atmosphère et non pour racheter nos torts et ainsi continuer à contribuer aux GES. Le vrai changement passe par la modification de ses habitudes de vie.

Un petit calcul vite fait pour savoir combien le Grand Prix devrait planter d’arbres pour compenser seulement les GES produits par le transport aérien, terrestre et maritime des voitures de course et les tours de piste : ils représentent environ 468 tonnes de CO2 par année, ce qui nécessiterait la plantation de 111 500 arbres et ce, chaque année (468 t /0,0042 t par arbres / an)

Ni l’organisation du GP3R, ni la ville, ni le provincial et ni le fédéral ne pourront planter autant d’arbres à Trois-Rivières.

 

Christiane Bernier

Trois-Rivières

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