(OPINION) Reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre

Tribune libre

(OPINION) Reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre
(Photo : archives)

Nous sommes stupéfait.e.s, étonné.e.s et confus.e.s par le choix de ne pas inclure les programmes de techniques en travail social dans la liste des programmes collégiaux admissibles au programme de bourses Perspective Québec.  Au lieu d’amplifier la pénurie, ralentissons-la.

Le programme au Cégep de Trois-Rivières de Techniques en Travail social demande beaucoup de temps et d’engagement. La moyenne d’heures par session pour un.e étudiant.e à temps plein est de 30 heures, sans les travaux et les études pour les examens. En ce sens, le fait de travailler pour pouvoir subvenir à ses besoins de base peut être difficile pour certains. Avec la pandémie, nous abordons de plus en plus la pauvreté. Il ne faut pas oublier que les étudiants collégiaux vivent également des situations de précarité. 

Nous ne sommes aucunement en désaccord avec cette bourse qui est une belle opportunité pour les étudiant.e.s au collégial. Cependant, elle crée une rivalité entre certains programmes et peut même apporter des difficultés au niveau du recrutement. En fait, quant aux étudiant.e.s qui sont en indécision face à leur programme, elles ou ils seront influencé.e.s par cette bourse. En d’autres mots, on peut comprendre que pour le domaine social plusieurs se tourneront vers les Techniques d’éducation spécialisée, qui sont, elles, incluent dans le programme de bourse.

Plusieurs postes vacants, des services délaissés, des intervenant.e.s épuisé.e.s et le taux de placement des étudiants à la suite de leur diplôme démontrent le manque de main-d’œuvre et l’importance des étudiant.e.s dans la pérennité des organismes et organisations. Beaucoup, ont été sollicité.e.s par leurs milieux de stage pour un emploi, plusieurs sont présentement technicien(ne)s en travail social, mais aucune bourse ne leur sera accordée.  Ce n’est pas difficile de constater que les postes de technicien(ne)s en travail ne sont pas comblés, rechercher poste en intervention sur les différentes plateformes de recherche d’emploi ou simplement parler avec les intervenants sur le terrain et vous verrez. Quels sont vos motifs de ne pas inclure les programmes Techniques de travail social quand elle cadre directement dans les exigences gouvernementales?

Nous trouverions bien dommage, que les problèmes sociaux s’accroître, mais que les intervenant.e.s diminuent. Les techniques en travail social devraient être admissibles au programme de Bourse perspective Québec, car ce sont des acteurs importants dans une société et collectivité. Un(e) technicien(ne) en travail social, c’est quoi? Une personne qui intervient auprès des personnes, des groupes et des collectivités présentant des problèmes d’ordre social. En d’autres mots, elles ou ils contribuent à soutenir les personnes quelles que soit leur vulnérabilité ou leurs problématiques. En quelque sorte, ils interviennent avec tout le monde. En fait, sans leur assistance, les services ne seraient pas rendus à la communauté.  Aussi, les technicien(nes) en travail social sont essentiels pour assurer la continuité des services et assure un filet social et de sécurité. Est-ce que je dois rappeler que nous sommes en pandémie mondiale, ce qui fait en sorte que la conjoncture actuelle nous permet de constater l’importance des technicien(ne)s en travail social? Nous avons tous quelqu’un dans notre entourage : grand-mère, grand-père, frère, sœur, parents, amis, cousins, voisins etc. qui a déjà eu recours à un intervenant pour n’importe quelle raison. Et si ces intervenant.e.s n’étaient pas là?

C’est primordial que le ministère change de décision. En fait, les technicien(ne)s en travail social cadrent exactement dans l’objectif de cette Bourse, soit  » augmenter le nombre de personnes qualifiées dans les professions priorisées par le gouvernement, en déficit de main-d’œuvre dans les services publics essentiels « . Il doit le faire, non-seulement pour ses étudiant.e.s, mais également pour les populations dont les besoins augmentent sans cesse.

Ce sont grâce aux technicien(ne)s que les personnes en difficulté peuvent avoir accès à plusieurs services de base : se loger, se nourrir, sociabiliser, se vêtir et plus encore. Repenser votre décision, mais surtout penser à toutes ces personnes qui, un jour, aura besoin de cet(te) étudiant.e. 

Et si cette personne c’était toi?

Signataires

  • Alexandra Bibeau, future technicienne en travail social
  • Alexandre Frappier, technicien en travail social et étudiant au BAC en travail social
  • Alexandre Pot, future technicien en travail social et stagiaire au Groupement pour la défense des droits sociaux
  • Alyson Bérubé-Belley, future technicienne en travail social, intervenante social- Artisans de la paix
  • Amilie Lavoie, technicienne en travail social
  • Ariane Laneuville, technicienne en travail social et étudiante au BAC en travail social
  • Bianca Thibault-Lachance, technicienne en travail social, intervenante sociale secteur jeunesse
  • Camille Jomphe, technicienne en travail social, intervenante sociale en CHSLD – CISSS de Lanaudière
  • Chantal Lamy, technicienne en travail social, travailleuse de milieu au Centre d’action bénévole du Rivage. 
  • Charlie Pépin-Girard, future technicienne en travail social, intervenante –Artisans de la Paix
  • Charline Vaugeois, technicienne en travail social, intervenante en chef et coordonnatrice de distribution alimentaire–Artisans de la Paix
  • Cindy Blais, future technicienne en travail social, intervenante sociale – Centre Roland-Bertrand
  • Cloé Faucher, future technicienne en travail social, intervenante en maison de jeunes
  • Corban Boanerges Vokpoma, futur technicien en travail social, intervenant – Service d’accueil des nouveaux arrivants
  • Érika Tremblay, technicienne en travail social, intervenante sociale au Soutien à domicile, secteur RPA  -CLSC de la Pointe, CIUSSS MCQ.
  • Ève Huletsky, future technicienne en travail social, intervenante dans un centre d’hébergement pour personnes en situation d’itinérance
  • Ève Lapierre, future technicienne en travail social
  • Ève-lyne Desjardins, future technicienne en travail social
  • Félix Hébert, futur technicien en travail social, intervenant en maison de jeunes
  • Florence Demers, future technicienne en travail social
  • Frédérick Lafleur, technicienne en travail social et étudiante au BAC en travail social
  • Frédérique Martin, technicienne en travail social, parent soutien  -Maison des familles du Rivage.
  • Gabriel Deveault, technicien en travail social,  conseiller en persévérance scolaire –CJE Shawinigan
  • Gabriel Larivière, technicien en travail social, intervenant social -Chrysalide M.H.C.S.M
  • Gabriel St-Vincent, technicien en travail social, intervenant en violence conjugale –L’Accord Mauricie
  • Isabelle Girard, intervenante et coordonnatrice de distribution alimentaire –Artisans de la Paix
  • Jany Mailloux, future technicienne en travail social
  • Jasmine Baillargeon, technicienne en travail social, AAOR –CLSC Shawinigan
  • Joany Laverrière, future technicienne en travail social
  • Joëlle Beaumier, Technicienne en travail social et étudiante au BAC en travail social
  • Laurianne Trottier, technicienne en travail social, intervenante sociale -Chrysalide M.H.C.S.M
  • Malaurie Vézina, future technicienne en travail social
  • Malaury Poulaert, future technicienne en travail social
  • Marie-Soleil Couture, future technicienne en travail social
  • Marika Rouleau, technicienne en travail social, Éducatrice –Centre de réadaptation au Centre-jeunesse –CIUSSS-MCQ
  • Maude Girard, technicienne en travail social et étudiante du BAC en travail social, intervenante –la Maison la Margelle
  • Maude Tanguay, technicienne  en travail social, Application des mesures  -CISSS de la Montérégie-est
  • Naomie Matton-Paillé, technicienne en travail social, intervenante sociale en CHSLD -CIUSSS MCQ
  • Nathalie Bruneau, Directrice générale –le Bon Citoyen
  • Noémie Lebielle, future technicienne en travail social, intervenante dans une maison d’hébergement pour personnes en situation d’itinérance
  • Rosalie Baril, technicienne en travail social,  Éducatrice – Centre de réadaptation en dépendance avec hébergement Domrémy
  • Rosane Daigneault, technicienne en travail social et étudiante au BAC en travail social
  • Robert Tardif, Directeur général de l’organisme les Artisans de la Paix
  • Samie St-Arnault, technicienne en travail social
  • Samuel Parent, technicien en travail social, Intervenant de crise – Chrysalide M.H.C.S.M
  • Sandrine Barrette, technicienne en travail social, intervenante sociale à l’AAOR – CLSC de Maskinongé/Trois-Rivières
  • Shadie Ballard, technicienne en travail social et étudiante au BAC en travail social
  • Zoé-Florence Julien, technicienne en travail social, coordonnatrice clinique dans une maison d’hébergement pour personnes en situation d’itinérance
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Lise Leclerc
Lise Leclerc
3 mois

Très bon texte. J adore lire les noms des tts ou futur tts.