(OPINION) Réagissez face aux harceleurs dans la rue

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(OPINION) Réagissez face aux harceleurs dans la rue
Tribune libre. Opinion. Lettre ouverte. (Photo : archives)

Partout dans le monde, catcaller, insulter par la fenêtre d’une voiture, klaxonner une piétonne vicieusement, crier un commentaire misogyne, et de nombreuses autres types remarques sexistes sont toujours banalisés.

C’est interdit ici. Ça ne maintient pas la paix. 

Des femmes présenteront une étude sur l’ampleur de ce problème jeudi le 22 septembre à Montréal. Ça se passera de 17h à 19h à la BAnQ Vieux-Montréal, au 535 rue Viger.

La rue, la nuit, femmes sans peur

Le 16 septembre dernier, une marche contre le harcèlement de rue à eu lieu en Mauricie. C’est en l’occasion de la journée d’action contre la violence faite aux femmes. Ce fut été organisé par le centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de Trois-Rivières.

Les féministes que j’y ai rencontrées aimeraient que ça constitue officiellement un délit, à voir un crime selon la gravité du harcèlement de rue. Elles aimeraient que cela soit reconnue à la grandeur de la nation.

Marie-Soleil Desrosiers est une porte-parole du centre de lutte qui organisa cet évènement annuel. Elle me confirme qu’elle aimerait elle aussi pousser pour rendre plus criminel le harcèlement de rue. Elle m’a spécifié que c’est surtout pour contrer une violence sexuelle souvent fait aux femmes, surtout aux plus vulnérables.

Le harcèlement de rue est illégal. Ça peut aller d’une amende à l’arrestation

Il n’existe pas de loi fédérale ni provinciale contre le harcèlement de rue, où les harceleurs visent des inconnues régulièrement. Ce qu’il existe, ce sont des lois contre le harcèlement en général, et ce ne sont pas des lois spécifiquement contre le harcèlement sexuel.

Or, des villes ont pris action dans leur propre législation municipale. On retrouve habituellement ces lois dans leurs règlements sur le maintien de la paix et de l’ordre.

À Montréal, le fait par quiconque de proférer des injures ou des paroles indécentes ou obscènes sur le domaine public ou sur le domaine privé ouvert au public constitue une nuisance.

À Québec, il est interdit d’insulter ou d’injurier une personne se trouvant dans une rue ou dans un endroit public.

À Trois-Rivières, sur ou dans une place publique, il est interdit d’incommoder ou insulter les personnes qui y circulent. 

Il faut savoir que ce n’est pas un phénomène réservé aux villes, les régions isolées sont tout autant sinon plus à risque.

On doit le reconnaitre.

Melissa Blais, professeure en sociologie, dirigeant l’équipe pour l’étude québécoise sur le harcèlement de rue en métropole. En se basant sur les autres statistiques faites autour du monde, elles vont pouvoir quantifier l’ampleur du harcèlement de rue à Montréal.

Selon leur étude précédente sur l’impact psychologique du harcèlement de rue de Montréalaise, les harceleurs de rue sont des mâles qui s’en prennent aux adultes comme aux enfants.  Les victimes ont souvent leur première expérience mineure, peu importe leur tenue. 

Il faut enseigner que c’est immoral

Audrey Simard, une intervenante du Centre d’Éducation et d’Action des Femmes, encourage l’éducation sur le harcèlement dans les cours de sexualité pour les jeunes. Cela permet à de nombreuses victimes à briser le silence pour la première fois. Certaines pensent que c’est leur faute parce qu’elles s’étaient habillées d’une certaine manière, ou tel comportement.    

L’impact psychologique que ses femmes subissent est à long terme. Certaines vont aller à changer leur comportement, comme leur trajectoire ou l’heure de départ. Or, on peut être victime de harcèlement de rue partout et il n’y a pas de lien avec la nuit.

Comment réagir quand ça nous arrive ?

Premièrement, ça revient à chacun de juger si nous avons été dérangés par un comportement ou un commentaire. Vous êtes la seule personne à juger si le harcèlement est sérieux ou non.

Cependant, s’il s’agit d’enfants, vous devez agir. Il y a des règles que vous pouvez appliquer en général, tout autant pour vous qu’aux autres.

Vous ne devez absolument pas appeler la police s’il n’y a pas d’urgence. Vous pouvez si un individu vous suit, vous menace, vous sollicite sexuellement, ou vous moleste.

Pour vous protéger, vous pouvez crier, aller voir un adulte, vous défendre et contacter les autorités. 

En ce qui concerne les problématiques qui ne sont pas urgentes, vous pouvez appeler les lignes de délations policières. Ce sont des boîtes vocales anonymes servant à alerter les autorités.

C’est en le disant que les malfrats se font verbaliser. Qui sait combien de victimes ces prédateurs peuvent faire en une journée ? Ils ne peuvent pas le faire indéfiniment.

Ceux qui s’opposent à l’autorité résistent à l’ordre qu’il a été établi, et ils attirent une condamnation sur eux-mêmes. C’est le deuxième verset du treizième paragraphe du Romains dans notre Sainte Bible, celle que vous jurez dessus face à la Cour.

Annie Dufresne

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