Open Trois-Rivières: le débat se déplace à l’hôtel de ville

Photo de Marie-Eve B. Alarie
Par Marie-Eve B. Alarie
Open Trois-Rivières: le débat se déplace à l’hôtel de ville
(Photo : Marie-Eve Alarie)

Le débat concernant le terme «Open Trois-Rivières – district entrepreneurial innovant» s’est transporté devant le conseil municipal, mardi soir, alors que les élus trifluviens ont été questionnés à ce sujet par un représentant de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de la Mauricie.

De nombreux membres de la SSJB se sont déplacés, pour l’occasion, à la séance publique du conseil de ville, mardi soir.

Le directeur général de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, Guy Rousseau, a affirmé que l’appellation «Open» porte atteinte à l’image de Trois-Rivières comme ville francophone en Amérique.

«On veut susciter une réflexion pour que vous reconsidériez les engagements déjà pris. On a la conviction que le fait de maintenir une telle disposition n’entraînera que des conséquences négatives pour notre ville», souligne-t-il.

«Les organismes publics et parapublics sont essentiels pour conserver le visage français de la ville et l’appellation Open envoie un signal contradictoire sur le fait de vouloir vivre et travailler en français chez nous. Nous sommes fiers de notre ville, nos origines et nos principes», poursuit M. Rousseau.

Traductrice, Marie-Andrée Denis fait remarquer que dans le dictionnaire, il est précisé que le terme «open» est un anglicisme. «C’est donc un emprunt abusif et inutile à la langue anglaise. Je vous en prie, respectez notre ville. Elle est fière de son visage francophone. Libérez-la de cette verrue qui l’affuble en lettres géantes», plaide-t-elle.

«L’affichage en français a permis la créativité dans les publicités au Québec. On a eu notre propre industrie publicitaire en français. La Loi 191 a été adoptée en 1977. C’est incroyable qu’on soit encore obligé de parler de ça à cause de l’Open et de tourner le regard vers le passé, 45 ans plus tard», enchaîne, à son tour, Lucia Ferretti, historienne et professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières, en soutenant que le français est la troisième langue des affaires dans le monde après l’anglais et le chinois.

Des démarches déjà entamées

«Nous avons un bon bout de chemin entamé, précise le maire Jean Lamarche. Monsieur Guy Rousseau [de la SSJB Mauricie] a été entendu par Innovation et Développement économique (IDÉ). Les représentants de l’Office québécois de la langue français ont aussi rencontré IDÉ. Nous aurons également une rencontre avec l’Office d’ici deux ou trois semaines. On veut connaître la nature exacte de ce qu’on nous reproche.»

M. Lamarche comprend que les lettres géantes apposées sur le bâtiment situé à l’intersection des rues Royale et des Forges puissent surprendre, voire choquer.

«On va refaire nos devoirs. Cela a été affiché en très grosses lettres. Les gens ont voulu réinventer le développement économique sur un système basé sur les échanges et la coopération, avec une note un peu sportive. On souhaite en arriver à un consensus. On voit que c’est l’affichage qui semble poser problème», ajoute-t-il.

Dans une entrevue accordée à L’Hebdo Journal en 2019, Étienne Dansereau, coordonnateur à l’innovation, expliquait que  le nom «Open» a été retenu non seulement parce qu’il évoque l’ouverture et la collaboration, mais aussi parce que la définition francophone du mot est la rencontre entre professionnels et amateurs.

D’ailleurs, le conseiller municipal du district Marie-de-l’Incarnation, Denis Roy, confie que l’appellation était d’abord vouée à la communication d’une entreprise à l’autre. «On n’avait pas présagé une visibilité grand publique. Cette considération a fait en sorte que le niveau de sensibilité n’est pas le même que ce qu’on voit sur la rue des Forges en ce moment», note-t-il

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Notifier de