Onze ans plus tard, il peut enfin tourner la page

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Par Audrey Leblanc
Onze ans plus tard, il peut enfin tourner la page
Yvon Boivin, victime de la pyrrhotite, a finalement reçu son chèque de dédommagement, après onze ans de bataille juridique. (Photo : Audrey Leblanc)

Combattant de la première heure dans le dossier de la pyrrhotite, Yvon Boivin a finalement obtenu justice, après onze longues années de démarches judiciaires. Mercredi le 12 août, il a reçu par la poste son chèque de dédommagement, l’ultime symbole de sa victoire.

C’est en 2009 qu’il a appris que les fondations de sa maison étaient touchées par la pyrrhotite. Il était bien loin de se douter à l’époque de l’ampleur du défi auquel il faisait face.

«La première rencontre avec notre avocat, c’était en juillet 2009, se souvient-il. À ce moment-là, on était environ 130 victimes. On a décidé de se mettre en groupe. À l’époque, c’était simplement pour demander une réduction de taxes considérant que nos maisons perdaient leur valeur. On s’était fait dire que ça se réglerait rapidement.»

Et le voilà onze ans plus tard, après une longue bataille juridique. «On est passé par toute la gamme d’émotions, confie M. Boivin. Jamais au grand jamais je pensais au départ que je m’embarquais dans une bataille aussi énorme. Aujourd’hui, c’est la fin pour nous, les victimes de la première vague.»

Malgré les hauts et les bas, c’est avec fierté qu’il regarde le travail accompli. «Si je regarde tout ce qu’on a fait, je dirais que ça  en a valu la peine, lance M. Boivin. La bataille qu’on a menée a amené une justice. Si on n’avait pas été un groupe, je ne pense pas qu’on serait rendu là et qu’on aurait eu ça.»

«Outre cette victoire-ci, nos plus grandes victoires ont été faites dans les premières années, ajoute M. Boivin. On a eu l’aide gouvernementale sous forme de prêts sans intérêt et on a eu la réforme des plans de garantie. Mais, on déplore que ça ait pris autant de temps pour obtenir justice.»

Ses souhaits pour l’avenir

Yvon Boivin souhaite maintenant que toutes les autres victimes de la pyrrhotite connaissent le même dénouement sans devoir attendre aussi longtemps. «Je souhaite aussi que les victimes soient traitées équitablement et qu’on règle le problème de la zone grise», renchérit-il.

De plus, il espère que le gouvernement utilisera l’argent du remboursement des prêts pour aider les propriétaires des autres vagues. «Personne ne s’enrichit avec ce chèque-là, soutient M. Boivin. Ça paie les frais d’avocat, ça rembourse les prêts gouvernementaux qu’on a eus et ça rembourse les travaux qu’on a dû faire.»

«On a eu, dans notre cas, environ 12 000 $ pour dommages moraux, poursuit-il. Quand je regarde tout ce qu’on a vécu, toute la détresse humaine, psychologique et financière des victimes, je trouve que c’est très peu payé. Il y a eu des séparations, des gens malades, des suicides, etc.»

Enfin, M. Boivin lance un message aux victimes qui n’ont toujours pas obtenu justice. «On est à une étape où on a besoin de relève. Ça va prendre des gens de la deuxième vague qui ont le goût de se battre, de prendre les devants et qui n’ont pas peur de dénoncer ce qui ne va pas. Il ne faudrait pas qu’il y ait des injustices qui se créent en cours de route. Il faut que tout le monde en sorte gagnant en bout de ligne», conclut-il.

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