Services de garde: la valorisation de la formation collégiale réclamée par la CSQ

La Presse Canadienne
Services de garde: la valorisation de la formation collégiale réclamée par la CSQ

MONTRÉAL — La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) profite de la Semaine des services éducatifs à la petite enfance qui s’amorce pour dénoncer le manque de places en services de garde et le contexte de pénurie de main-d’œuvre dans le réseau.

La CSQ reproche d’ailleurs au gouvernement Legault de multiplier les initiatives de formations courtes pour pallier la pénurie au lieu de favoriser la formation collégiale et de multiplier les passerelles menant vers la formation technique.

Consciente que le manque d’éducatrices dans le réseau amène à privilégier les formations accélérées, la Technique d’éducation à l’enfance (TÉE) doit rester la référence, selon Line Camerlain, vice-présidente de la CSQ. 

«C’est la formation que l’on juge la plus complète pour assurer un service de qualité. (…) Quand une éducatrice arrive et qu’elle n’est pas parfaitement qualifiée, ça entraine une surcharge pour celles qui sont déjà sur le terrain», dit-elle en entrevue. 

Mme Camerlain souhaite davantage de passerelles vers la TÉE pour que les éducatrices formées en accéléré puissent obtenir un diplôme d’études collégiales. 

La technique pourrait également être valorisée en offrant la possibilité d’alterner les études et le travail en centre de la petite enfance (CPE), ce qui permettrait, de plus, de répondre aux besoins immédiats de main-d’œuvre, soutient la leader syndicale. 

La Technique d’éducation à l’enfance s’est dégarnie du tiers de ses effectifs depuis 2016, d’après la CSQ. À peine une étudiante sur deux complète son parcours en cinq ans, selon ses données.

Pour sa part, la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), Valérie Grenon, souligne qu’en vertu des décrets mis en œuvre dans le cadre de l’urgence sanitaire, les intervenantes en CPE doivent composer avec un nombre réduit d’éducatrices qualifiées sur le plancher. 

La pandémie aurait aussi exacerbé l’exode de Responsables en service éducatif en milieu familial (RSE), selon le syndicat.

«Le manque de relève pour le réseau est criant et cause une pression accrue sur les intervenantes en place, et ce, dans tous les corps d’emploi», fait valoir Mme Grenon, par voie de communiqué dimanche.

«Il faut agir promptement pour passer au travers de la tempête à court terme, mais il faut penser dès maintenant à faire la promotion de la profession auprès des jeunes du secondaire pour l’avenir de notre métier pour les prochaines années», a-t-elle précisé.

Selon Mme Camerlain, les services éducatifs en milieu familial devraient se retrouver davantage au cœur de la stratégie du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, pour répondre rapidement aux besoins des familles du Québec.

«Ouvrir un milieu familial, c’est une formation qui est beaucoup plus rapide, et ça s’ouvre beaucoup plus rapidement que bâtir un CPE. Le ministre Lacombe a laissé tomber l’incitatif de 3500 $ pour l’année qui vient et qui incitait celles qui avaient un milieu familial à fonctionner à pleine capacité à six enfants. On ne comprend pas pourquoi», mentionne-t-elle. 

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) représente près de 13 000 membres à travers le Québec travaillant dans les CPE ou comme responsables en services éducatifs (RSE) en milieu familial régi et subventionné.

La Semaine des services éducatifs à la petite enfance se déroule du 29 mai au 4 juin.

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