Les collectivités font état d’une forte demande pour un programme en milieu rural

OTTAWA — Au 28 février 2026, plus de 850 personnes avaient obtenu le statut de résident permanent dans le cadre du Programme pilote d’immigration dans les collectivités rurales (PPICR). Le programme est si populaire que certaines collectivités signalent que la demande dépasse le nombre de places disponibles.

Lancé l’année dernière, ce projet pilote permet aux 14 collectivités participantes de recommander l’octroi de la résidence permanente à des immigrants afin de pourvoir des postes vacants.

Il existe également un programme destiné aux collectivités francophones : le Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones hors Québec. Six localités ont été sélectionnées pour y participer, dont la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, et Sudbury, en Ontario. Il existe quatre autres projets de ce genre.

Les travailleurs recherchés dans ces communautés rurales sont notamment ceux des secteurs de la santé, de l’industrie manufacturière et des métiers spécialisés.

Les responsables du programme à Sault Ste. Marie et dans la région de North Okanagan Shuswap, en Colombie-Britannique, indiquent avoir recommandé des centaines de travailleurs pour la résidence permanente, et 390 d’entre eux avaient obtenu ce statut à la fin du mois de février.

Ward Mercer, responsable du programme pour la région de North Okanagan Shuswap en Colombie-Britannique, dit que le nombre d’immigrants souhaitant obtenir la résidence permanente «dépasse largement» le nombre de places disponibles, ce qui a obligé la collectivité à adopter une approche stratégique pour sélectionner les professions à privilégier.

«Lorsque nous examinons le marché du travail dans son ensemble, nous constatons qu’il existait déjà, dans certains secteurs, des ressortissants de pays étrangers qui devaient obtenir le statut de résident permanent, ajoute-t-il. Mais nous avons également constaté qu’il existait des postes vacants et difficiles à pourvoir qui pourraient être occupés par des ressortissants de pays étrangers, car il n’y a pas de main-d’œuvre locale disponible.»

Samuel Solomon, spécialiste de l’immigration et du développement de la main-d’œuvre chez Economic Development Brandon, au Manitoba, mentionne que sa ville utilise également ce programme pour attirer et retenir des travailleurs temporaires déjà présents au Canada afin de pourvoir des emplois qualifiés dans le secteur manufacturier.

Il précise que la quasi-totalité des 59 personnes que son agence a recommandées pour la résidence permanente, ainsi que leurs familles, se trouvaient déjà au Canada avec un visa de travail.

M. Solomon raconte que plusieurs des postes pourvus étaient vacants depuis longtemps. La ville de Brandon utilise également ce programme pour pourvoir des postes dans le secteur de la santé, notamment des médecins.

«Nous avons réussi à attirer des médecins grâce à ce programme. À Brandon, un médecin s’occupe en moyenne de plus de 2000 personnes, donc l’impact s’est déjà fait sentir en très peu de temps, dit M. Solomon. Nous encourageons les employeurs à continuer de soutenir les candidats locaux, en particulier les jeunes. Nous disposons d’agences pour l’emploi dans la ville, les employeurs doivent donc s’adresser à ces agences avant d’envisager de recruter à l’étranger.»

Certaines petites collectivités, comme Brandon, au Manitoba, et le comté de Pictou, en Nouvelle-Écosse, affirment que le programme sert souvent d’outil de fidélisation de la main-d’œuvre.

Le plan des niveaux d’immigration de cette année prévoit moins de 8200 places de résidence permanente pour les six programmes pilotes d’immigration économique, y compris le Programme pilote d’immigration des communautés rurales.

Un porte-parole du ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté dit que le ministère ne publie pas les objectifs individuels en matière de résidence permanente pour les différents projets pilotes.

Alors que certaines localités, comme Brandon, enregistrent une demande correspondant au nombre de places de résidence disponibles, les grands centres voient la demande dépasser le nombre de places.

«À ce stade, nous sommes en passe de recevoir potentiellement plus de 7500 demandes d’ici 5 ans. Nous ne pouvons recommander que 330 à 350 personnes par an», rapporte M. Mercer.

Il explique que cette demande est en partie due aux coupes budgétaires plus générales dans le domaine de l’immigration, qui ont poussé de nombreuses personnes souhaitant obtenir le statut de résident permanent à postuler dans le cadre de programme.

M. Mercer comprend qu’il existe un coût humain pour ceux dont le parcours vers une vie au Canada est moins certain.

«Les gens viennent ici et supplient qu’on leur permette de bénéficier de ce programme, et cela crée une chance pour que d’autres puissent profiter de leur situation, dit-il. C’est un regard intéressant sur les répercussions de la politique fédérale sous l’angle régional et sur un projet pilote régional.»