Les baleines restent moins longtemps dans le fleuve Saint-Laurent

La Presse Canadienne
Les baleines restent moins longtemps dans le fleuve Saint-Laurent

MONTRÉAL — Plusieurs experts constatent que le nombre de baleines observées cet été de part et d’autre du fleuve Saint-Laurent est faible, bien que la saison d’observation ne soit pas terminée. Ces spécialistes semblent aussi s’entendre pour dire que le comportement des baleines a changé, révèle un article publié sur le site web du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). 

Le responsable du recensement des grands rorquals au sein du GREMM, Tim Perrero, le constate. Il soutient que les séjours des baleines dans l’estuaire sont «extrêmement courts» comparativement à leurs habitudes. Il précise que plusieurs individus adeptes de cet endroit ne sont restés qu’une semaine, voire quelques jours seulement.

C’est le cas d’une baleine à bosse nommée Tic Tac Toe qui a effectué plusieurs courtes visites dans le secteur cette saison, alors qu’elle effectue habituellement de longs séjours. 

De plus, des rorquals communs normalement fidèles à l’estuaire n’ont pas encore été aperçus. M. Perrero fait mention de quatre baleines identifiées qui passent habituellement jusqu’à la moitié de la saison dans les environs. 

Un écologiste à Parcs Canada, Samuel Turgeon, constate la même chose. Ses données sur le suivi des activités d’observation des baleines dans le parc marin suggèrent que ces mammifères restent moins longtemps dans le secteur et explorent davantage.

La Station de recherche des îles Mingan (MICS) remarque depuis plusieurs années une diminution du nombre de grands rorquals fréquentant le détroit de Jacques-Cartier. 

C’est une tout autre situation pour le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, où le nombre de rorquals à bosse et de rorquals communs surpasse les moyennes de saison depuis 2018. 

Même si le nombre de baleines paraît plus faible dans l’estuaire, il n’est pas particulièrement bas cette saison si on le compare au début des années 2010, soulève Véronique Lesage, biologiste à Pêches et Océans Canada. Jusqu’à présent, sept rorquals communs ont été identifiés dans l’estuaire, un nombre qui ressemble aux totaux enregistrés entre 2014 et 2017. Le nombre de rorquals à bosse – 37 observations – surpasse même les années précédentes, à l’exception de 2021. 

Dans la région de la Gaspésie, une vingtaine de rorquals à bosse et quelques rorquals communs ont été vus au début de la saison, mais depuis leurs apparitions se font rares. Le GREMM soutient cependant qu’il est normal de voir moins de baleines en juillet qu’en juin dans ce secteur. 

Il est toutefois inhabituel qu’il y ait une absence complète de baleines bleues et peu de rorquals communs. 

La présence des baleines varie depuis quelques années, ce qui rend difficile de discerner les causes de ces changements d’habitudes. Des experts se penchent sur l’hypothèse de variations dans l’abondance des proies puisque les baleines visitent le fleuve Saint-Laurent principalement pour se nourrir.

Dans le parc marin par exemple, l’équipe de Parcs Canada effectue des recensements pour détecter la présence de proies. Les données préliminaires montrent qu’il y a très peu de lançon, un poisson dont se nourrissent les baleines, contrairement aux années précédentes, où de tels recensements avaient été exécutés.

Des perturbations dans l’écosystème, incluant le réchauffement de l’eau et la réduction du couvert de glace, pourraient être à l’origine des changements dans la quantité de proies présentes dans ces eaux. 

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