Le SPVM procède à de nouvelles arrestations pour le meurtre de Meriem Boundaoui

Mathieu Paquette, La Presse Canadienne
Le SPVM procède à de nouvelles arrestations pour le meurtre de Meriem Boundaoui

MONTRÉAL — Seize mois s’étaient écoulés entre le meurtre de l’adolescente Meriem Boundaoui et l’arrestation d’un premier suspect dans cette affaire, lundi. Mais voilà que moins de 48 heures plus tard, cinq autres personnes ont été arrêtées, dont le deuxième suspect principal dans cette enquête.

À la suite de ce coup de filet, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) peut maintenant affirmer que les deux personnes qui ont participé «directement et activement» au meurtre ont été arrêtées. Le corps policier espère que la famille pourra y trouver une forme de réconfort.

L’adolescente, alors âgée de 15 ans, avait été tuée en début de soirée, le dimanche 7 février 2021, lorsqu’elle s’était retrouvée au milieu d’une fusillade impliquant deux groupes avec qui elle n’avait aucun lien.

«Les enquêtes criminelles sont longues, sont complexes, mais notre personnel demeure toujours déterminé et finit par identifier et recueillir les éléments de preuve pour arrêter les responsables», a lancé la directrice par intérim du SPVM, Sophie Roy, lors d’un point de presse organisé dans l’arrondissement de Saint-Léonard, mercredi après-midi.

L’homme arrêté le matin même est âgé de 27 ans. Il se trouvait au moment du meurtre à bord du même véhicule que Salim Touaibi, âgé de 26 ans, qui avait été appréhendé lundi.

C’est à bord de ce véhicule que les deux hommes, le soir du 7 février 2021, ont entamé une dispute avec des gens sur le trottoir. Des coups de feu ont ensuite été tirés.

Entre les deux groupes se trouvaient Meriem Boundaoui et l’un de ses amis, stationnés dans une autre voiture. Atteinte par balle, l’adolescente est morte quelques heures plus tard.

«Je tenais à être ici aujourd’hui pour féliciter le SPVM et toutes celles et ceux qui ont travaillé sur ce cas, celui de Meriem Boundaoui, qui est une victime innocente de cette augmentation de la violence armée», a souligné la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Afin de ne pas nuire au processus judiciaire, le SPVM n’a pas précisé qui de Salim Touaibi ou de l’autre suspect a ouvert le feu sur la jeune de 15 ans.

Développements rapides

Salim Touaibi a été accusé lundi au palais de justice de Montréal en lien avec le meurtre de l’adolescente. Il était déjà détenu dans un centre provincial depuis le mois de mars en lien avec une autre affaire de violence et de possession d’arme à feu.

Dès le lendemain, des agents du SPVM ratissaient un boisé dans le quartier de Pointe-aux-Trembles, à l’est de la ville, dans l’espoir de trouver des indices dans ce dossier, dont l’arme du crime.

L’arme n’a finalement pas été retrouvée, mais une autre opération policière, mercredi matin cette fois, a permis de mettre la main au collet du deuxième suspect principal dans cette enquête, en plus de quatre autres personnes d’intérêt. Il s’agit d’hommes âgés de 22 à 27 ans qui ont été arrêtés pour des motifs allant de trafic de stupéfiants à voies de fait avec lésions.

Victime innocente

Selon le SPVM, la fusillade qui a coûté la vie à Meriem Boundaoui était le point culminant d’une dispute qui s’était amorcée plus tôt entre deux groupes.

«Le conflit s’est produit dans les semaines précédentes au meurtre de la jeune Meriem et a escaladé jusqu’au point tragique de l’événement du 7 février», a expliqué le commandant de la section des crimes majeurs du SPVM, Paul Verreault.

«Mais je vous confirme que Meriem Boundaoui n’a aucun, mais aucun, lien avec ce conflit», a-t-il réitéré.

Le commandant n’est cependant pas allé plus loin concernant les causes de cette dispute, afin de ne pas nuire au processus judiciaire, ni à l’enquête qui est toujours en cours.

D’ailleurs, les arrestations de mercredi représentent une autre étape importante pour le SPVM, mais les enquêteurs poursuivront leur travail, notamment afin de comprendre les «circonstances et explications» qui ont mené à la fusillade, a souligné le commandant Verreault.

«Il est toujours possible qu’il y ait des arrestations ultérieures, plus tard dans l’enquête», a-t-il ajouté.

Néanmoins, le SPVM a voulu lancer un message aux familles des victimes de meurtres non résolus: «La lutte contre la violence armée demeure notre priorité numéro un. Toutes nos unités sont mobilisées et unissent leurs efforts pour lutter contre la violence.

«Chaque enquête est menée avec la plus grande des rigueurs. Chaque victime est importante pour nous et chaque policier est investi de son pouvoir de protéger et servir», a souligné la directrice par intérim Roy.

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