Le pire de la pandémie est passé, pense une majorité de Canadiens, selon un sondage

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne
Le pire de la pandémie est passé, pense une majorité de Canadiens, selon un sondage

OTTAWA — Une majorité de Canadiens estiment que le pire de la crise de la COVID-19 est passé, indique un nouveau sondage Léger qui témoigne d’un optimisme encore plus marqué chez les répondants du Québec.

À l’échelle du pays, 55 % de répondants partagent cet avis, une proportion qui s’élève à 68 % chez les répondants du Québec.

«Il y a véritablement eu un changement de mentalité qui est arrivé à peu près en même temps que nos gouvernements ont enlevé beaucoup des mesures sanitaires en place», observe Christian Bourque, vice-président exécutif de la firme Léger.

Il note que le degré d’adhésion des Canadiens à la perception que le pire de la pandémie est passé a bondi depuis février. Cette hausse s’observe même si les autorités sanitaires ont signalé, dans les dernières semaines, qu’une sixième vague de propagation était commencée.

«On se sent plus à l’aise face à cette pandémie-là, mais il y a encore 44 % des Canadiens qui ont peur d’attraper (la COVID-19). C’est comme si ça va bien, mais que ce n’est pas fini», nuance M. Bourque.

Il ajoute toutefois que la proportion de ceux qui croient que le pire reste encore à venir est à un niveau significativement bas, ne rassemblant que 14 % de répondants. «Ça a rarement été aussi faible depuis le tout début de la pandémie.»

Le sondeur avance que toute tentative des gouvernements provinciaux de remettre en place des mesures sanitaires retirées pourrait être mal accueillie par la population.

Bien que le port du masque soit actuellement toujours exigé dans les lieux publics du Québec, la province a laissé tomber l’obligation de montrer un passeport vaccinal pour s’asseoir dans un restaurant, par exemple. Entre autres assouplissements, les établissements qui devaient se limiter à ouvrir leurs portes à seulement 50 % de leur capacité maximale n’ont plus à se plier à ce type d’exigence.

Optimisme québécois, une continuité

Par ailleurs, le niveau plus fort d’optimisme des Québécois quant à la trajectoire de la pandémie n’a rien d’étonnant, selon M. Bourque. «Il y a toujours une certaine légèreté de l’être – si je peux m’exprimer ainsi – au Québec, et ça se reflète dans l’ensemble des questions qui ont porté sur la pandémie depuis le tout début», résume-t-il.

Le vice-président exécutif de Léger affirme qu’il a notamment remarqué cette tendance lorsque les Québécois étaient interrogés, plus tôt durant la pandémie, sur le retour en présentiel à l’école. «(C’était) ‘’oui sans problème’’ au Québec. C’était moins le cas dans le reste du Canada», souligne M. Bourque.

L’optimisme des Québécois a aussi été observé sur une panoplie d’autres enjeux, affirme par ailleurs M. Bourque, mentionnant une inquiétude moindre face à la hausse du coût de la vie.

Chose certaine, il reste à voir si l’impression que «le pire de la crise (sanitaire) est derrière» se maintiendra tant à l’échelle du Québec que du Canada. La croyance a été partagée, à plusieurs reprises déjà, par une majorité de répondants – avec parfois plus de 60 % d’appui – avant que cette tendance ne redescende au fil de temps.

«C’est comme si les Canadiens avaient été déçus trois autres fois et ça correspond exactement, chronologiquement, à l’arrivée des trois dernières vagues», explique le sondeur.

Le sondage Léger, réalisé en collaboration avec l’Association d’études canadiennes, a été mené en ligne auprès de 1538 Canadiens, du 8 au 10 avril. Aucune marge d’erreur ne peut être calculée puisque l’échantillonnage n’est pas probabiliste.

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