La Banque du Canada aurait enfreint le Code du travail
OTTAWA — La Banque du Canada a reçu l’ordre de cesser de recourir aux services d’employés de la police irlandaise, la Garda, sous contrat pendant la grève de ses agents de sécurité.
Dans une décision rendue mardi, la Commission des relations du travail du Canada a déclaré que la Banque du Canada avait contrevenu au Code canadien du travail en ayant recours à des entrepreneurs et aux services de membres du syndicat pendant la grève.
Les agents de sécurité de la Banque du Canada se sont mis en grève en juin pour réclamer de meilleurs salaires, des avantages sociaux et des horaires stables, suite à l’échec des négociations entre la banque et le syndicat en vue de la conclusion d’une nouvelle convention collective.
L’Alliance de la Fonction publique du Canada a indiqué à l’époque que 63 agents de sécurité des bureaux d’Ottawa et de Montréal de la Banque du Canada étaient en grève et que les employés de Montréal étaient également en lock-out.
L’affaire a été portée devant la Commission après que le syndicat a également affirmé que la banque avait communiqué avec les employés pendant la grève et prévoyait de faire appel à une tierce partie pour les services de sécurité.
La Banque du Canada a déclaré mardi dans un communiqué qu’elle respectait la décision de la Commission des relations de travail du Canada et qu’elle s’y conformerait «dès qu’elle aura mis en place les mesures nécessaires pour maintenir le niveau de sécurité requis pour son personnel et ses installations».
En 2024, le Canada a adopté une loi interdisant aux lieux de travail sous réglementation fédérale de recourir à des travailleurs de remplacement pendant une grève légale. Ces nouvelles règles sont entrées en vigueur l’an dernier.
Alex Silas, vice-président exécutif national de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, a déclaré avoir eu une conversation téléphonique émouvante avec les capitaines de piquetage et l’équipe de négociation de sa section locale mardi, après le prononcé de la décision.
Il a affirmé que cette décision représentait une victoire majeure pour le syndicat, le mouvement syndical canadien et les travailleurs de partout au Canada.
«Les gens sont ravis et se sentent enfin justifiés dans ce combat que nous menons depuis 15 jours contre un employeur injuste qui tente d’imposer des concessions injustes à ces agents de sécurité qui travaillent fort pour assurer la sécurité de la banque», a déclaré M. Silas, embauché à la Banque du Canada comme agent de sécurité en 2010 et qui a été capitaine de piquetage tout au long de la grève.
«Je suis simplement heureux que la Commission des relations de travail ait pris la bonne décision.»
M. Silas a déclaré que le syndicat attend de pouvoir reprendre les négociations avec la Banque du Canada.
«À ce stade, ces travailleurs veulent retourner au travail, a-t-il affirmé. Ils aiment leur travail, ils en sont fiers, mais ils estiment avoir droit à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et à un certain respect de la part de leur employeur.»
«Espérons que cette décision du conseil permettra à l’employeur de comprendre qu’il a eu tort et que la chose responsable à faire, dans l’intérêt de tous et pour l’intégrité et la réputation de la Banque du Canada, la banque centrale du pays, est de reprendre les négociations, de retirer ses concessions et de conclure une entente équitable», a-t-il ajouté.
— Avec la collaboration de Craig Lord et Sammy Hudes
