Entendre parler français depuis l’espace est une source de fierté, affirme Carney

OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney a fait l’éloge de l’astronaute Jeremy Hansen lors d’un appel avec l’équipage d’Artemis II, se disant fier de voir un Canadien dans l’espace et d’entendre parler français.

M. Carney a qualifié la mission d’«extrêmement inspirante» et a déclaré que les Canadiens étaient «extrêmement fiers» de M. Hansen et de la collaboration avec les États-Unis.

«C’était incroyable de vous entendre parler français pour la première fois dans l’espace», a souligné le premier ministre depuis Ottawa.

M. Hansen, un Ontarien de 50 ans originaire de London, et les astronautes chevronnés de la NASA, Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, rentrent sur Terre après avoir effectué lundi un survol lunaire de six heures. Ils sont allés plus loin dans l’espace que quiconque auparavant et ont battu le record de distance établi par Apollo 13 en 1970.

Mark Carney a expliqué qu’avec Artemis II, le Canada est devenu le deuxième pays au monde à envoyer un astronaute en mission lunaire, et que cela témoigne du talent exceptionnel de Hansen.

Après avoir pris des images et effectué d’autres observations géologiques de la Lune, l’équipage doit amerrir dans l’océan Pacifique, au large des côtes californiennes, vendredi.

Lors d’une conférence de presse de la NASA mercredi après-midi, où les quatre astronautes flottaient devant les drapeaux canadien et américain, M. Hansen a évoqué la réception d’un message vidéo préenregistré de sa femme, Catherine, et de leurs trois enfants.

«Être dans l’espace, près de la Lune, et écouter une vidéo enregistrée avant le décollage, c’est quelque chose», a raconté Jeremy Hansen avec un sourire.

Il était spécialiste de mission pour Artemis II et est devenu le premier non-Américain à voyager au-delà de l’orbite terrestre basse. Le Canada collabore depuis longtemps avec les États-Unis et d’autres nations dans le domaine des technologies spatiales, notamment en robotique spatiale.

«Je suis tellement fier du Canada, a lancé l’astronaute. C’est le Canada qui a fait le travail de créer cette opportunité d’être ici dans l’espace lointain.»

M. Hansen a expliqué que la beauté du programme Artemis réside dans sa collaboration internationale qui «fixe des objectifs ambitieux» et «ne se contente pas d’en parler».

Les enseignements tirés par l’équipage d’Artemis II, tant dans l’espace que sur Terre, lors de leur survol lunaire de dix jours, contribueront à faire progresser les futures missions lunaires.

Jeremy Hansen a ajouté : «C’est vraiment difficile ici-bas» et, même si cela peut paraître facile vu de l’extérieur, cela exige une grande expertise, aussi bien dans l’espace que sur Terre.

«On effectue de nombreux tests au sol, mais le test final, c’est d’envoyer le matériel dans l’espace, et c’est une véritable épreuve, a-t-il dit. Et notre équipe a réalisé une performance exceptionnelle. Ils ont fait un travail remarquable.»

Une fierté pour le Canada

La conversation des astronautes avec le premier ministre Carney, plus tôt mercredi, a marqué la troisième et dernière liaison espace-Terre organisée par l’Agence spatiale canadienne, diffusée en direct du Centre spatial John H. Chapman à Longueuil et coordonnée par l’astronaute Joshua Kutryk.

La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, était présente et s’est adressée à M. Hansen après l’allocution de M. Carney.

«J’ai entendu à maintes reprises des gens de partout au pays dire : “Non seulement nous sommes fiers, mais c’est une excellente nouvelle. Nous suivons leurs aventures parce qu’ils nous donnent de l’espoir. Jeremy nous aide vraiment à traverser nos journées”», a dit Mme Joly.

Elle a demandé à M. Hansen si la mission avait changé sa vision de l’humanité.

«Je suis parti avec l’espoir de voir de mes propres yeux la preuve (du but de l’humanité), et c’est assurément le cas, a-t-il répondu. Je trouve cela très rassurant.»

Des élèves de partout au Canada ont également posé des questions, notamment par messages préenregistrés.

Interrogé sur la façon dont des missions comme Artemis II pourraient façonner la vie sur Terre au cours des prochaines décennies, M. Hansen a affirmé que l’exploration spatiale «stimule l’innovation».

«Et lorsque nous nous fixons des objectifs ambitieux, cela nous incite à les concrétiser, à créer des technologies qui nous aident à mieux vivre ensemble», a-t-il conclu.

Bryan Akwirente Deer, aîné de la nation mohawk de Kahnawake, a prononcé une prière d’action de grâce pour ouvrir l’événement.

Jeremy Hansen a également évoqué les enseignements autochtones : «Asseyez-vous avec vos aînés et posez-leur des questions. Chaque fois que je les ai écoutés, j’ai appris des choses extraordinaires.»

Il a expliqué comment son écusson de mission reflète sept valeurs — le courage, l’humilité, le respect, l’amour, l’honnêteté, la sagesse et la vérité — qui le guident dans la vie et dans l’espace.

Son écusson a été conçu par l’artiste manitobain Henry Guimond, de la Première Nation de Sagkeeng.

— Avec la collaboration de Kelly Geraldine Malone à Washington