Des foyers de soins de longue durée en Ontario conservent la vaccination obligatoire

Holly McKenzie-Sutter, La Presse Canadienne
Des foyers de soins de longue durée en Ontario conservent la vaccination obligatoire

TORONTO — La vaccination contre la COVID-19 sera toujours requise pour les employés de nombreux foyers de soins de longue durée de l’Ontario, même si la province a levé l’obligation pour ce secteur. Certains s’inquiètent de la possibilité de contestations judiciaires.

Les travailleurs des soins de longue durée étaient les seuls à être tenus par le gouvernement de se faire vacciner contre la COVID-19. Les membres du personnel devaient obtenir leur troisième dose d’ici ce lundi, mais la mesure est tombée avec la fin d’un ensemble de restrictions sanitaires, annoncée la semaine dernière. 

Dans une note aux gestionnaires, le ministère des Soins de longue durée a déclaré que les foyers peuvent continuer à imposer des injections au personnel existant et aux nouvelles recrues si les politiques sont conformes à la loi.

«Le programme de vaccination dans les foyers de soins de longue durée a été un énorme succès, soutenu par votre dévouement et celui de vos équipes de direction», a écrit la sous-ministre associée des Soins de longue durée, Erin Hannah, aux titulaires de permis le 9 mars.

«À ce stade de la pandémie, nous sommes en mesure de passer d’une directive provinciale qui oblige les foyers à avoir une politique de vaccination obligatoire à une approche axée sur l’orientation qui continue de soutenir les foyers avec leurs politiques et pratiques exemplaires dirigées par l’employeur.»

Extendicare, Chartwell et Sienna, trois grandes entreprises opérant des centres de soins de longue durée dans la province, ont mentionné à La Presse Canadienne qu’elles conservaient des politiques de vaccination obligatoire.

Les politiques d’Extendicare et de Sienna exigent deux doses pour le personnel.

La porte-parole de Chartwell, Sharon Ranalli, a déclaré que la société maintenait sa politique et «continuera à l’examiner en fonction de l’évolution de la situation».

La Ville de Toronto a déclaré que sa politique de vaccination obligatoire à deux injections pour tous les travailleurs et les nouvelles embauches, y compris dans les foyers de soins de longue durée gérés par la municipalité, restera également en place.

La présidente-directrice générale de l’Association des soins de longue durée de l’Ontario, Donna Duncan, a spécifié à la fin de la semaine dernière que les foyers étaient «en train de confirmer leurs politiques en matière de vaccination» après que la province a annoncé les changements.

«De nombreux foyers avaient établi des obligations vaccinales pour le personnel et les nouvelles recrues avant les directives provinciales, et nous nous attendons à ce que beaucoup continuent», a-t-elle indiqué par courriel.

Plus d’un tiers des décès dus à la COVID-19 en Ontario sont survenus chez les résidents des établissements de soins de longue durée.

Le secteur a été dévasté par des milliers de décès et d’infections au début de la pandémie avant que les vaccins ne soient disponibles fin 2020.

L’été dernier, avant l’imposition vaccinale par le gouvernement, un groupe d’importants exploitants canadiens de soins de longue durée, dont Chartwell Retirement Residences, Extendicare, Responsive Group, Revera et Sienna Senior Living, avaient annoncé qu’ils rendraient obligatoire la vaccination pour leurs employés.

Selon le directeur de la gériatrie de Sinai Health à Toronto, Dr Samir Sinha, les petites résidences pourraient avoir plus de mal à maintenir les politiques de vaccination obligatoire, car elles disposent de moins de ressources juridiques pour les défendre.

«La plus grande préoccupation, ce n’est pas vraiment pour les grandes chaînes. Ironiquement, c’est en fait pour les organisations à but non lucratif plus petites, en quelque sorte de propriété publique, qui ne pensent pas qu’elles auraient les moyens légaux de se tenir debout et de se défendre contre une réclamation», a-t-il soutenu.

La PDG d’AdvantAge Ontario, qui représente les foyers municipaux et à but non lucratif, a fait écho aux préoccupations du Dr Sinha, affirmant qu’il était «prématuré» pour le gouvernement de lever l’ordonnance.

Lisa Levin a déclaré que les centres essayaient d’équilibrer leur responsabilité de protéger les résidents et les travailleurs avec la possibilité d’avoir à se défendre contre des réclamations légales coûteuses du personnel qui a perdu son travail pour ne pas avoir été vacciné.

«Cela met les foyers dans une position très difficile», a-t-elle fait valoir.

Certains ont décidé de maintenir une politique de vaccination à trois doses tandis que d’autres exigent toujours la double injection, a-t-elle détaillé. 

Outre la vaccination obligatoire, d’autres règles ont pris fin depuis lundi dans le secteur des soins de longue durée, notamment sur le plan des visites.

Par ailleurs, l’Ontario a mis un terme à la preuve vaccinale et aux limites de capacité dans la plupart des établissements publics. Depuis lundi, les politiques de vaccination ne sont plus requises également dans les hôpitaux, les écoles et les garderies. La fin du port du masque obligatoire est prévue la semaine prochaine.

D’après le Dr Sinha, la levée de certaines protections combinée à la fin de la vaccination obligatoire dans les soins de longue durée expose les résidents vulnérables à un risque accru si les cas communautaires augmentent à nouveau ou si un autre variant apparaît.

«Je suis vraiment préoccupé par le fait que nous nous préparons vraiment à une autre vague dévastatrice dans ce contexte.»

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