Après Artemis II, la participation du Canada à l’exploration spatiale se poursuit

MONTRÉAL — Artemis II est de retour sur Terre, mais le rôle du pays dans les futures missions lunaires n’est pas terminé, rappelle un scientifique impliqué dans le programme Artemis.

Alors que la NASA a accéléré ses projets lunaires depuis ces derniers mois, le Pr Gordon Osinski, géologue à l’Université Western, dit que la contribution du Canada dépendra de sa capacité à agir rapidement.

«Si nous voulons faire partie d’Artemis, nous devons apporter notre contribution et nous rendre utiles», souligne-t-il.

Le Canada a largement contribué à la réussite du programme jusqu’à présent. «Ah! Ça donne un élan incroyable!», lance Caroline-Emmanuelle Morisset, scientifique principale, sciences lunaires et planétaires à l’Agence spatiale canadienne.

Elle ajoute que la réaction de la population canadienne à la mission Artemis II a été emballante. «On sent que ça a porté tout le monde pendant dix jours.»

Selon le Pr Osinski, le principal défi consistait désormais à transformer cet enthousiasme en une implication durable dans le programme Artemis de la NASA.

«J’espère vraiment que nous saurons tirer parti de cet enthousiasme et de l’intérêt du public, dit-il. Nous devons agir rapidement, et non pas dans 10 à 15 ans, comme c’est souvent le cas avec les projets spatiaux.»

Pour l’avenir, le Canada met au point une astromobile lunaire, qui en est actuellement au stade des premières études. La conception de l’engin se fait en coordination avec la NASA. Ce véhicule soutiendrait à la fois les opérations logistiques et les travaux scientifiques sur la Lune, avec un calendrier de lancement potentiel en 2034, mentionne Mme Morisset.

«On est en pleine étude de conseil pour une astromobile utilitaire qui irait à la surface de la Lune. On est aussi un travail avec la Nasa pour l’intégrer dans l’architecture d’Artémis. Mais là, on est vraiment en étude de concept pour cette astromobile-là.»

Toutefois, le Canada devrait prendre garde aux détails s’il veut conserver sa place dans le programme. «Il faut aller plus vite, sinon nous raterons le coche», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il reste encore beaucoup à faire.

«Je ne pense pas que cela nous permettra d’obtenir une place d’astronaute pour aller sur la Lune.»

Le Pr Osinski est déjà très impliqué dans la planification d’Artemis et devrait jouer un rôle clé dans les prochaines missions sur la surface lunaire, notamment Artemis IV — le premier alunissage habité dans la conception actuelle du programme.

Au sein de l’équipe scientifique, il sera notamment chargé d’aider à planifier les itinéraires des astronautes et des observations lunaires pour la mission.

«Je fais partie de l’équipe scientifique de ce qui était, jusqu’à récemment, Artemis III, mais il s’agit en fait de la première mission d’alunissage (du programme Artemis), avance le Pr Osinski. C’est un rôle important.»

Mme Morisset renchérit en soulignant que cette participation est importante pour le Canada. «C’est quand même assez excitant», commente-t-elle en ajoutant qu’il est le seul Canadien au sein de l’équipe scientifique.

Le Pr Osinski signale qu’il travaille sur cette mission depuis un certain temps déjà.

«En fait, cela fait déjà plus de deux ans que nous travaillons dessus. J’ai contribué à la sélection et à la caractérisation des sites d’alunissage potentiels.»

Cela inclut les premiers travaux sur la stratégie d’échantillonnage et la planification de la manière dont les matériaux lunaires seront traités et étudiés une fois ramenés sur Terre et publiés pour la communauté scientifique internationale.

Au-delà de la conception de la mission, le Pr Osinski participe également à la formation des astronautes d’Artemis en géologie, notamment par des cours en classe et des exercices sur le terrain dans des endroits analogues, comme le nord du Labrador et l’Arizona.

«Nous sommes encore en train d’élaborer le programme de formation, dit-il. Je vais aider à coordonner ce travail.»

Il a précédemment contribué à la formation des astronautes d’Artemis II en utilisant des emplacements dans le nord du Labrador, notamment le cratère du lac Kamestatin, un lieu riche en anorthosite qui ressemble étroitement au relief lunaire.

«C’est un lieu vraiment unique, un cratère d’impact, qui est le relief dominant sur la Lune», raconte le Pr Osinski.

Il soutient que cette formation a aidé les astronautes d’Artemis II à affiner la manière dont ils décrivaient ce qu’ils voyaient lors de leur survol lunaire.

«Voir tous les astronautes faire part d’observations vraiment excellentes au centre de contrôle de la mission m’a fait très plaisir. J’étais fier.»

Mme Morisset partage cet enthousiasme.

«Je n’en revenais pas du point de vue qu’ils avaient, qu’ils pouvaient décrire ça en direct, témoigne-t-elle. J’étais comme renversée.»