Airbus confirme une commande historique pour l’A220
MIRABEL — L’usine de Mirabel sera capable d’absorber le volume lié à une importante commande de 150 avions A220 d’Airbus de la part du transporteur à rabais AirAsia, assure le patron de la filiale canadienne.
Le PDG d’Airbus Canada, Guillaume Chevasson, affirme que la totalité des 150 appareils seront assemblés à l’usine de Mirabel, en conférence de presse mercredi à l’usine des Laurentides.
«On a investi massivement pour être capable de répondre à la demande de l’A220», répond-il.
Airbus a obtenu sa plus importante commande pour son avion A220. AirAsia a confirmé une commande de près de 150 appareils de l’ancienne CSeries de Bombardier, lors d’une conférence de presse dans l’usine d’Airbus à Mirabel, mercredi.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, et la première ministre du Québec, Christine Fréchette, se sont déplacés pour assister à l’annonce.
AirAsia fait cette commande dans un contexte difficile pour l’industrie aérienne, tandis que la guerre en Iran perturbe l’approvisionnement en kérosène et fait monter les prix du carburant.
Le contexte permet toutefois au transporteur au rabais d’obtenir un bon prix, lance le PDG de Capital A, la société mère du transporteur, Tony Fernandes, en entrevue en marge de l’événement.
«C’est l’occasion d’aller à contre-courant, souligne-t-il. J’ai probablement eu un meilleur prix parce que personne n’achète d’avions.»
Cette commande historique ajoute toutefois une pression sur la multinationale française. L’accélération de la cadence de production prend du retard dans les usines de Mirabel et de Mobile en Alabama en raison des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
Airbus s’était donné l’objectif d’atteindre la rentabilité en 2026 avec une cadence de 14 appareils par mois. En 2025, Airbus a atteint une cadence de 7,75 avions par mois.
Airbus veut maintenant atteindre une cadence mensuelle de 13 appareils en 2028.
M. Chevasson affirme qu’Airbus serait en mesure de produire les appareils. «On n’est pas en retard par rapport à notre plan, dit-il. On est là où on voudrait être.»
Les retards de l’A220 mettent à risque l’investissement du gouvernement du Québec, qui détient 25 % du programme. Airbus peut racheter cette participation en 2035. Le prix obtenu sera inévitablement lié au succès du programme.
Sur papier, Airbus considère que la valeur comptable de l’A220 est nulle, selon sa plus récente évaluation, mais ce chiffre pourrait être révisé en cours de route.
Les contribuables québécois ont mis près de 2,1 milliards $ dans l’aventure, en tenant compte des 1,3 milliard $ investis par le gouvernement Couillard, suivis des 800 millions $ injectés par le gouvernement Legault.
En janvier, le gouvernement a toutefois défendu son intervention. Il a affirmé que son investissement permettrait de récolter 3,4 milliards $ en revenus fiscaux de 2023 à 2028.
En entrevue, le grand patron d’Airbus, Guillaume Faury, avait affirmé que le programme deviendrait rentable «bien avant» l’échéance de 2035, lors d’un passage à Montréal au début du mois d’avril.
Intéressé par la version rallongée
M. Fernandes ne cache pas qu’il est intéressé par une version rallongée de l’A220. AirAsia a d’ailleurs une option de 150 appareils si Airbus décide d’aller de l’avant avec un modèle contenant plus de sièges.
Cette version rallongée pourrait contenir 180 places, soit plus que les deux versions actuelles d’entre 100 et 160 places.
«Nous ne connaissons pas le prix et la performance, mais si nous aimons ce que nous voyons, oui, nous allons aller de l’avant», souligne-t-il en entrevue.
En avril, M. Faury avait réitéré que le projet est toujours à l’étude. «J’ai toujours dit que ce n’était pas une question de “si”, mais de “quand”, disait-il. Nous ne sommes pas au “quand”.»
M. Carney ouvre la porte à un soutien fédéral pour développer la version allongée, mercredi. «On travaille en étroite collaboration avec le gouvernement du Québec, avec Airbus, afin d’atteindre cet objectif ici à Mirabel.»
