Nouvelle trousse «Une naissance un livre»: le département d’Orthophonie mis à contribution

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Par Marie-Eve B. Alarie
Nouvelle trousse «Une naissance un livre»: le département d’Orthophonie mis à contribution
Jessica Lesage, professeure au département d'Orthophonie à l'Université du Québec à Trois-Rivières. (Photo : courtoisie)

Pour souligner ses 20 ans, la trousse Une naissance un livre, disponible dans les bibliothèques de la région, fait peau neuve. Le département d’Orthophonie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a été mis à contribution pour l’occasion.

C’est la première fois que le département est invité à contribuer à la mise à jour de cette trousse.

Jessica Lesage, professeure au département d’Orthophonie, a notamment participé au nouveau guide Lire avec mon enfant et au guide Chanter avec votre enfant. Elle y donne des suggestions et divers conseils pour utiliser le livre et les chansons  de différentes façons pour favoriser l’éveil au langage chez les bébés. D’ailleurs, les paroles des chansons sont confinées dans un recueil, ce qui n’était pas le cas dans l’ancienne version de la trousse.

«On entend de plus en plus parler des bienfaits de la lecture en bas âge. Le langage oral est le fondement du passage au langage écrit par la suite, souligne Mme Lesage. Par exemple, dans le cas des chansons, on peut chanter les paroles plus lentement et faire remarquer les rimes à un enfant de quatre ans, tandis qu’en lisant un petit livre à un enfant de 0 à 2 ans, on travaille sa compréhension du langage. Et quand on lit des livres sur une île déserte, par exemple, on exploite des mots qui sont peu employés au quotidien», explique-t-elle.

Le programme Une naissance un livre offre une trousse du parfait bébé-lecteur aux parents qui inscriront leur enfant de moins d’un an à la bibliothèque. La nouvelle trousse contient un nouveau livre exclusif de Marianne Dubuc intitulé «Sur le dos de Baba», le guide Chanter avec votre enfant, le guide Lire avec votre enfant et le magazine Popi.

«C’est bon de relire les mêmes livres, car on a tendance à reprendre les mêmes mots et il y a beaucoup d’images. C’est bon pour l’enfant. Si on fait le son coin-coin toutes les fois qu’il y a un canard, l’enfant va rapidement comprendre et ça sert à l’apprentissage des mots, ce qui mène ensuite aux petites phrases vers deux ans. Le langage, ça ne paraît pas. On peut avoir l’impression que ça ne fait rien de lire un livre à son bébé, mais ça s’imprègne et ça fait son bout de chemin. Il ne faut pas se décourager», ajoute-t-elle.

Pour la trousse, l’Association des bibliothèques publiques du Québec a aussi sélectionné une liste de livres divisée en huit catégories. Jessica Lesage offre des conseils pour les exploiter de façon optimale, sans perdre de vue le plaisir de lire avec son enfant.

«On sous-estime le pouvoir des livres sur un enfant. Même s’il n’est attentif que durant deux pages, c’est déjà ça. L’idée est de créer cet intérêt et cette curiosité envers les livres. C’est aussi important de laisser des livres à la portée des enfants», indique Jessica Lesage.

Chez les enfants âgés entre quatre et cinq ans, la professeure en orthophonie recommande de vulgariser les mots plus recherchés, comme splendide ou fabuleux.

«À cet âge, l’enfant apprend les structures de narration, comment raconter une histoire. Ça prépare le terrain vers l’écrit», précise Mme Lesage.

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Biblio-Jeux prend de l’expansion

Pour la première année, le projet Biblio-Jeux sort des bibliothèques Gatien-Lapointe et De la Franciade et va à la rencontre des familles dans les organismes communautaires comme le Centre Ressources Naissance et les Maison des familles.

«On démystifie la bibliothèque, on parle du service offert. Ça permet aussi aux étudiantes de connaître une belle expérience sur le terrain en prévention. En raison des listes d’attente, les finissantes qui font leur stage font rarement de la prévention et beaucoup plus d’intervention.

En bibliothèque, l’espace Biblio-Jeux permet aux familles de poursuivre le développement langagier de leur enfant par le biais de jeux adaptés et de fiches informatives. Le tout est divisé en plusieurs planètes, en fonction de l’âge et de l’aspect du langage simulé. À raison d’un samedi par mois, des finissants en Orthophonie sont sur place pour prodiguer des conseils.

Le département d’Orthophonie travaille présentement sur une version de Biblio-Jeux destinée aux jeunes 6 à 12 ans, le programme actuel s’arrêtant à cinq ans.

«On espère finaliser le tout au printemps. On est en train de développer la sélection de livres et de jeux. Ce Biblio-Jeux sera plus axé sur la compréhension et sur un vocabulaire plus complexe. On passe à l’apprentissage du langage écrit. On souhaite donc développer les temps de verbe, les homophones, etc. avec des jeux amusants. Chaque jeu a sa fiche explicative avec un aspect du langage à travailler. Au cœur de ça, c’est le plaisir qui doit rester. L’enfant travaille fort durant la semaine à l’école et avec les devoirs à la maison», conclut Jessica Lesage.

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