Musée militaire: trois héros d’ici mis en lumière

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Par Marie-Eve B. Alarie
Musée militaire: trois héros d’ici mis en lumière
Michèle Allard, fille du Général Jean-Victor Allard et présidente d'honneur, découvre l'exposition qui rend notamment hommage à son père (Photo : Marie-Eve Alarie)

Saviez-vous que le Général Jean-Victor Allard a été le seul Canadien à commander une Division britannique?  Ou encore que le caporal Raoul St-Louis a effectué des traversées de la rivière Melfa en ambulance blindée pour secourir 15 hommes sous les tirs intenses des mitrailleuses et de mortiers et des bombardements? Et que le brigadier-général Fernand L. Caron, est resté pendant 10 mois au front sans se faire relever, ce qui constitue un exploit?

Ces trois héros, tous issus du 12e Régiment blindé du Canada de Trois-Rivières, et leurs faits d’armes sont mis en lumière tout l’été du côté du Musée militaire de Trois-Rivières, situé dans le Manège militaire.

Nombre d’artéfacts tels que des casquettes, un fanion de la Luftwaffe (armée de l’air allemande), médailles d’honneur, plaque d’automobile et bien plus, ainsi que des témoignages en provenance des familles retracent le parcours de ces trois hommes lors de la Seconde Guerre mondiale.

Au total, 2370 soldats ont servi dans le 12e Régiment de Trois-Rivières durant cette guerre, dont 8% étaient originaires de Trois-Rivières.

«L’histoire devient souvent impersonnelle. On parle de général, de campagne et d’unité, mais au bout de tout ça, ce sont des gens. Il faut peut-être personnaliser tout ça pour réaliser que des gens ordinaires ont fait des choses extraordinaires. Je trouve que c’est une excellente façon de présenter une façon de voir l’histoire. Trop souvent, les plus grands héros sont méconnus. Tenter de mettre visages sur ces faits est bonne chose à faire pour perpétuer l’histoire», confie Michel Deveault, lieutenant-colonel Honoraire du 12e Régiment blindé du Canada de Trois-Rivières.

C’est d’ailleurs la fille du Général Jean-Victor Allard, Michèle Allard, qui assume la présidence d’honneur de l’exposition estivale.

Né à Sainte-Monique, le Général Allard a été promu major au Régiment de Trois-Rivières à la déclaration de la Deuxième Guerre mondiale, avant de commander le Royal 22e Régiment de façon provisoire en 1943.

Au cours de sa carrière militaire, il a été brigadier-général et a commandé la 6e Brigade d’infanterie en Hollande, attaché militaire à Moscou, Commandant de la 25e Brigade d’infanterie en Corée et Commandant de la 4e Division britannique en Allemagne, en 1961.

«Comme ancien militaire, de constater que le Général Allard a été le seul Canadien à commander une Division britannique est un exemple de l’ensemble de son œuvre. C’est l’ensemble de sa carrière qui est remarquable, en ce sens où même des étrangers ont reconnu ses aptitudes. Ça m’a impressionné quand je j’ai lu. Au-delà des actes individuels de bravoure, c’est l’ensemble de sa carrière militaire qui m’inspire», ajoute M. Deveault.

«Ce qui s’est passé est resté assez secret pendant longtemps»

Originaire de Bécancour, le caporal Raoul St-Louis a reçu une mention élogieuse pour ses exploits, dont l’évacuation d’une quinzaine d’hommes durant une attaque de l’infanterie au-delà de la rivière Melfa, en Italie, le 25 mai 1944. La petite histoire voudrait même qu’une balle ait ricoché sur son casque lors de la première traversée de la rivière en ambulance, ce qui ne l’a pas arrêté. Il aura franchi la rivière à cinq reprises.

Parti à la guerre en 1939 alors que sa femme était enceinte de six mois, il a rencontré s fille pour la première fois à la fin de la guerre, en 1945, alors qu’elle avait 6 ans. Décédé à l’âge de 71 ans en 1985, le caporal St-Louis a ensuite été policier à Trois-Rivières jusqu’à sa retraite.

Pour sa part, le brigadier-général Caron a rejoint le 12e Régiment en 1942. «Ce qui s’est passé est resté assez secret pendant longtemps. J’ai pu avoir des informations dans la dernière année de sa vie, quand il a décidé de les communiquer avec moi. Il avait 79 ans, j’en avais 50. C’est donc dire qu’il a gardé tout ça pour lui pendant longtemps», confie Alain Caron, fils du brigadier-général Fernand L. Caron.

«Mon père aimait beaucoup ce qu’il faisait, confie-t-il. Tous ses officiers m’ont dit qu’ils appréciaient sa façon de faire, d’être sur le terrain. Il allait lui-même voir le terrain avant de passer à l’attaque. Ça lui a valu cinq blessures de guerre. Il a notamment eu les deux tympans brisés à trois reprises. Magré toutes ses blessures, il a vite quitté l’hôpital sans le dire à personne et a rejoint son régiment. Il en a repris le commandement jusqu’à la fin de la guerre.  Sa devise était: «On avance». Ils n’ont jamais reculé sur le champ de bataille.»

2370 soldats mobilisés

L’exposition retrace également les grands faits d’armes des soldats du 12e Régiment de Trois-Rivières lord de la Deuxième Guerre mondiale, principalement à la campagne du nord-ouest de l’Europe (Pays-Bas, Belgique, Allemagne).

On retrouve aussi un présentoir portant aussi sur le 150e anniversaire du Régiment de Trois-Rivières, qui sera célébré en 2021.

En plus de cette exposition estivale, l’exposition permanente composée de près de 1000 artéfacts répartis dans une quarantaine de présentoirs dans la salle d’armes et sur la mezzanine est aussi accessible.

L’exposition estivale «Les héros de chez nous» est présentée au Musée militaire jusqu’au 16 août.

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