Mission : exporter le projet AgrÉcoles aux quatre coins du Québec

Par Boris Chassagne | Initiative de journalisme local
Mission : exporter le projet AgrÉcoles aux quatre coins du Québec
Des camps de jour pourraient être intégrés au projet AgrÉcoles dès l'été prochain. (Photo : courtoisie)

Il arrive parfois que des projets improbables prennent racine dans la réalité. C’est le cas du projet en agroalimentaire AgrÉcoles, lancé en 2019 par l’école primaire Louis-de-France, qui a récemment remporté le grand prix de 100 000$ de la catégorie jeunesse des Projets coups de cœur de Desjardins.

L’idée naît en 2016 dans l’esprit de Maryse Côté, alors directrice de l’école Louis-de-France. Elle rêve de lancer un projet pilote en agroalimentaire. Elle convainc une collaboratrice de tenter l’aventure avec elle. « Je suis allée chercher une agente de développement pour m’aider », explique Maryse Côté. C’est là qu’entre en jeu Diane Boily qui lui dit: « C’est extraordinaire, j’ai déjà plein d’idées ». Elles y travaillent pendant deux ans. Et Eurêka!

Le MAPAQ est séduit par le projet qu’on lui soumet et lui accorde en 2019 une subvention sur trois ans de 649 000 $. Oui, vous avez bien lu. « Le ministère a cru en nous et au projet », souligne Maryse Côté.

Pour gérer ce projet vitrine en agroalimentaire, Maryse Côté fonde AgrÉcoles, une ASBL à qui l’on confie la gestion des fonds recueillis et du programme l’Agroalimentaire s’invite à l’école. Le projet AgrÉcoles devient rapidement un véritable Laboratoire d’innovation où l’on étale tous les rudiments de l’agriculture urbaine, de la terre à l’assiette.

De la pédagogie et l’expérience terrain

Des modules pédagogiques agroalimentaires prêts à l’emploi sont rapidement développés et implantés à l’école par AgrÉcoles.

« L’agroalimentaire est alors intégré au cursus des jeunes, du niveau préscolaire, jusqu’à la 6e année du primaire. Chaque année a son thème. En 4e année, on parle épices, en 5e, de céréales… », explique Julia Grenier, directrice d’AgrÉcoles.

Des formations sont dispensées à l’intérieur de la grille horaire régulière des 435 élèves de l’école, sans oublier l’expérience terrain. Vingt-trois bacs de culture de 4 pieds par 10 pieds sont déployés dans la cour de l’école. On met en place un programme de compostage et de cuisine scolaire.

L’école réserve une chambre froide à la transformation et à la conservation des récoltes. Des maillages sont réalisés avec les producteurs locaux et les réseaux de paniers bio. Une serre extérieure chauffée est aussi construite, prête à accueillir les élèves de l’école dès la reprise des classes en 2021.
Et ce n’est pas tout. L’école Louis-de-France pousse l’enveloppe encore plus loin et construit une toute nouvelle classe extérieure capable d’accueillir 65 élèves à la fois. Elle sera prête en mai 2021.

« C’est tellement incroyable l’impact qu’a ce projet sur les enfants. Ils s’amusent. C’est beau de voir aller les garçons au jardin. Ils ont de l’intérêt. Maintenant que les élèves ont planté la graine, qu’ils ont pris soin de leurs plants, ils l’ont planté dans les jardins extérieurs et fait la récolte, et qu’ils les cuisent, je vais vous dire, c’est un bel exercice de persévérance », affirme Maryse Côté.

Des camps de jour pourraient être intégrés au projet dès l’été prochain. « C’est tellement beau de voir les grands-parents, arriver au mois d’août, main dans la main avec leurs petits enfants pour venir voir les jardins » se réjouit Mme Côté, directrice de l’École Louis-de-France.

L’équipe d’AgrÉcoles est maintenant bien rodée. Grâce aux fonds octroyés par Desjardins, Julia Grenier travaille maintenant exporter le projet partout au Québec et embaucher des ressources pour l’aider en ce sens.

« Ils vont voir les métiers agroalimentaires, l’histoire et l’origine des aliments, la nature et l’environnement, la transformation et la production alimentaire. À la fin de leur cursus, les élèves auront été exposés à l’ensemble des thématiques. On peut vraiment créer un écosystème dans l’école. L’enfant est en immersion dans un monde empreint de valeurs de développement durable. On forme les citoyens de demain. Notre projet peut aussi toucher des entreprises privées qui ont elles aussi à cœur l’agriculture biologique et pérenne.», conclut-elle.

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