L’UQTR décroche trois chaires de recherche du Canada

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Par Audrey Leblanc
L’UQTR décroche trois chaires de recherche du Canada
(Photo : archives)

Trois professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) obtiennent des chaires de recherche du Canada. Il s’agit de Marie-Ève Harton du Département des sciences humaines, de Nicolas Berthelot du Département des sciences infirmières et de Naïma Hamrouni du Département de philosophie et des arts.

Dans le cadre la Chaire de recherche du Canada en histoire des dynamiques de population au Québec (19e et 20e siècles), Mme Harton tentera de mieux comprendre ce qui incitait les gens à migrer d’une région à l’autre ou à l’extérieur du Québec à cette époque. La professeure étudiera également les stratégies de reproduction familiale associées à cette mobilité.

Six régions et villes retiendront principalement l’attention de l’étude, soit la Gaspésie, la Côte-Nord, Trois-Rivières, Québec, Drummondville et Victoriaville. La chercheuse profitera d’un soutien financier total de 600 000$ du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) durant cinq ans.

De son côté, le professeur Nicolas Berthelot devient titulaire de la Chaire de recherche du Canada en traumas développementaux. Ses travaux porteront sur les parents ayant été victimes d’abus et de négligence durant leur enfance.

«Il s’agit d’un problème de santé publique majeur, soutient-il. Ces mauvais traitements engendrent des problèmes de santé qui coûtent très cher à l’État et qui se transmettent souvent de génération en génération. Chaque année au Québec, on estime que 40 000 parents ayant vécu des expériences traumatiques donnent naissance à des enfants.»

M. Berthelot et son équipe tenteront de mieux comprendre comment survient la transmission intergénérationnelle, en plus de proposer des pistes de solution.

Financée à hauteur de 600 000 $ sur 5 ans, la chaire prévoit la mise en place d’interventions parentales prénatales dont le but est de travailler en amont du problème. Le professeur Berthelot vise l’implantation et l’évaluation d’interventions prénatales destinées aux futurs parents en contexte de vulnérabilité.

Une société plus inclusive

Quant à elle, la professeure Naïma Hamrouni obtient la Chaire de recherche du Canada en éthique féministe sur la vulnérabilité, les inégalités relationnelles et les injustices structurelles. Le sexisme, le racisme et le capacitisme sont des phénomènes structurels qu’elle étudiera puisqu’ils portent préjudice aux individus en position minoritaire.

«Si on prend l’exemple de l’aide médicale à mourir, la loi a été formulée en ayant en tête des citoyens pleinement aptes à donner leur consentement. Elle ne tient pas compte des diverses réalités, explique la chercheuse. L’idée, c’est de voir comment on peut inclure l’ensemble de la population à ce droit en matière de santé. Ça pourrait être, par exemple, en proposant aux gens de signer un formulaire de consentement anticipé au moment où leur santé le permet, avant que leur état se détériore.»

«Ce n’est qu’un exemple, mais on retrouve ce genre de phénomène dans plusieurs lois, ajoute cette dernière. C’est présent dans les milieux de travail, d’étude, de santé et de services sociaux, etc.» Dans le cadre de ses recherches, la professeure formulera de recommandations pratiques visant à transformer ces milieux afin qu’ils soient plus radicalement inclusifs.

Le Programme des chaires de recherche du Canada a octroyé un soutien financier de 500 000 $ sur cinq ans pour la mise sur pied de cette Chaire.

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