L’homme qui modifie les véhicules d’urgence

Photo de Jonathan Cossette
Par Jonathan Cossette
L’homme qui modifie les véhicules d’urgence
Steve Lefebvre travaille à la modification de véhicules et avec le temps, son travail est devenu une véritable passion. Photo Jonathan Cossette

Chaque jour, on croise du regard des véhicules d’urgence, des véhicules de sécurité routière ou des véhicules de premiers répondants. Or, peu de personnes savent que derrière tous ses véhicules se cache le travail d’un Trifluvien.

Steve Lefebvre travaille à la Ville de Trois-Rivières depuis 16 ans. Il œuvre  à temps plein à la modification de véhicules. Son travail est devenu une véritable passion à travers les ans.

«Je fais la conception de plusieurs types de véhicules, autant du côté des travaux publics comme la voirie ou ce qui concerne l’excavation que du côté de la sécurité publique, comme les voitures de police ou de service incendie. On ne parle pas des gros véhicules de pompiers, mais des véhicules secondaires ou des véhicules de fonctions», confie-t-il d’emblée.

«Lorsque je reçois un véhicule, je fais ce qu’on appelle une deuxième monte. Par exemple, on peut acheter un véhicule auquel on va demander l’option «Police pack». Il va arriver monté selon plusieurs critères, tels que, par exemple, des bancs plus rembourrés, des freins plus forts, des ceintures plus fortes et un alternateur plus fort sachant que le char va être brassé. Je vais ensuite le démonter pour ajouter toutes les composantes et les lumières que nous avons choisies lors de nos réunions avec le client. C’est ce qu’on va appeler une deuxième monte.»

Au Service de sécurité incendie de Notre-Dame-du-Mont-Carmel pour l’entrevue, où il agit à titre de capitaine, Steve Lefebvre nous présente le tout dernier «bébé» qu’il a réalisé.

Le tout nouveau véhicule de service, qui doit assurer la couverture de quatre municipalités de la MRC des Chenaux, est doté d’une remorque servant à abriter un tout nouveau véhicule de type côte-à-côte. C’est le capitaine Lefebvre qui a conçu les trois véhicules en question.

«Lorsqu’on connaît bien son territoire, on connaît encore plus les besoins. Cet équipement hors-route va desservir Saint-Maurice, Saint-Narcisse, Saint-Luc-de-Vincennes et Notre-Dame-du-Mont-Carmel. C’est Sainte-Geneviève-de-Batiscan qui s’occupe des autres régions de la MRC», explique celui qui s’est installé à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

«J’ai donc démonté les portes, le plafond et les bancs pour passer tout le filage. On a installé deux radios pour être certains de toujours être en communication avec la municipalité, tout en étant en communication avec la centrale 911. On s’est mis une chaufferette pour que l’habitacle soit toujours chaud. La prise électrique (connectée du mur au véhicule) est éjectable si le conducteur oublie de la retirer avant de partir. Pour un camion comme celui-là, on parle d’environ 90 heures de travail.»

La passion de l’électricité

C’est de fil en aiguille que le natif de Saint-Louis-de-France s’est retrouvé à concevoir des camions.

«Je me souviens qu’avec mes oncles électriciens, j’ai toujours aimé l’électricité en soi. Je trouvais ça le fun d’éclairer les maisons en bâtons de popsicle. Je suis devenu électromécanicien. En vieillissant, j’ai commencé à aimer les pompiers et je me suis retrouvé chez un concessionnaire qui s’occupait des véhicules de services correctionnels et des camions de Garda et de Sécure», se souvient-il.

«Ça m’intéressait beaucoup et on m’envoyait suivre des formations et des cours approfondis en électricité. Je suis rentré à la Ville de Trois-Rivières il y a 16 ans et les formations ont toujours fait partie de ma vie. Je modifie donc  des véhicules depuis une vingtaine d’années.»

Évidemment, il y a tout un processus décisionnel avant de se lancer dans la reconfiguration d’un véhicule.

«On se rencontre pour discuter des besoins. Il faut tout définir, que ce soit du véhicule à choisir jusqu’à tout ce qu’on devrait lui installer selon le type de tâches qu’il aura à faire. De la prise de décision à l’approbation finale, le projet peut changer d’angle de deux à trois fois», ajoute-t-il.

Photo Jonathan Cossette

Comme un artiste

Steve Lefebvre compare son travail au monde artistique. «C’est ça que j’aime de mon travail! Ça reste une création personnelle et quand tu livres le véhicule, tu es content de l’avoir d’abord conseillé et de présenter ton résultat. C’est le fun de montrer tout ce qu’on a fait sur la machine ou sur le truck. On ressent une fierté, c’est sûr», souligne-t-il.

«Pour certains projets, il y a quasiment autant de temps mis en réflexion et en réunion qu’en conception. Parfois, j’apporte des conseils et des trucs que j’ai faits sur d’autres réalisations et le client est content, car il n’avait pas pensé à telle chose ou tel truc. Je suis un passionné.»

Capitaine Lefebvre a d’ailleurs reçu quelques prix et nominations pour ses exploits. Il a notamment été en nomination à la Ville de Trois-Rivières pour la santé-sécurité pour la conception d’un distributeur de câblage électrique permettant d’éviter à quiconque de trébucher sur un câble.

«J’ai aussi eu un remerciement du service policier et un prix de la CSST pour avoir créé un tiroir d’armes installé dans le coffre arrière où seuls les policiers qui ont la formation pour les types d’armes en question savent comment déverrouiller le coffre pour sortir l’arme.»

«C’est toujours le fun de recevoir une tape dans le dos pour notre travail», conclut-il.

 

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Notifier de