Les îlots de verdure continuent de faire réagir

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Par Marie-Eve B. Alarie
Les îlots de verdure continuent de faire réagir
Plus d'une dizaine de résidents des rues Williams et Nicolas Perrot ont exprimé leur mécontentement face au futur terre-plein central qui y sera aménagé. (Photo : Jonathan Cossette - Hebdo Journal)

L’aménagement d’îlots de verdure dans différentes rues de la ville continuait de faire réagir la semaine dernière. Après la prise de parole de résidents de la rue Latreille dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, ce sont les citoyens de la rue Nicolas-Perrot qui ont élevé la voix cette fois-ci.

Comme c’est le cas sur la rue Latreille, où les résidents ont vécu la même situation, les citoyens des rues Williams et Nicolas-Perrot se sont également fait dire les terre-pleins visent à améliorer la gestion des eaux pluviales parce que ces espaces gazonnés vont absorber beaucoup de pluie.

« L’aménagement de ces îlots contribuera à retenir l’eau de pluie en plus de combattre les îlots de chaleur. Dans ce secteur, on retrouve un réseau combiné, c’est-à-dire que l’eau de pluie est mélangée aux eaux usées pour se rendre au poste de pompage, puis un autre, puis dans la cascade avant d’arriver aux étangs aérés de Sainte-Marthe, explique Patrice Gingras, directeur du Génie à la Ville de Trois-Rivières. Chaque litre qu’on peut retirer de du réseau combiné permet d’éviter des risques de débordement. Chaque mesure diminue grandement les débordements, ainsi que la fréquence et la quantité des eaux usées déversées. »

Les citoyens des rues Williams et Nicolas-Perrot dénoncent cependant que l’espace restant dans la rue posera des problèmes, en particulier durant l’hiver.

« L’hiver, les trottoirs ne sont pas déneigés alors il y a de la neige jusque dans la rue. Pour déneiger nos entrées, on place nos autos dans la rue. Il n’y aura plus suffisamment de place pour passer, ni une charrue, ni une voiture, ni un tracteur. Il ne faut pas oublier le jour des poubelles et tous les camions de livraison qui circulent ici », indiquaient les résidents.

« Dorénavant, on va sortir de notre cour avec une seul option, gauche ou droite. Si je travaille à gauche, je vais devoir faire le grand détour. Les opérateurs de déneigement vont augmenter les prix parce que ça va devenir très compliqué pour eux et leurs opérations vont nécessiter davantage de temps », craignent-ils.

La Ville soutient avoir reçu plusieurs requêtes et commentaires directs à l’effet que les rues Ringuet et Nicolas-Perrot devenaient un raccourci au gré de la hausse de la population à Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

Durant la semaine, les citoyens du secteur ont reçu la visite de Valérie Renaud-Martin, conseillère municipale du district des Carrefours et candidate à la mairie, ainsi que du maire Jean Lamarche, un peu plus tard dans la semaine. Plusieurs questions ont également rebondi à la séance extraordinaire du conseil municipal, mardi.

L’information mal transmise

Faisant face à du mécontentement de citoyens de la rue Latreille en raison de l’aménagement d’un îlot de verdure du même genre, la conseillère municipale du district de la Madeleine, Sabrina Roy, avait initialement émis la possibilité d’amener une résolution visant à faire arrêter les travaux pour mieux réfléchir aux aménagements de ces rues. Toutefois, à la suite de discussions avec le directeur du Génie de la Ville et la rencontre avec les citoyens de la rue Latreille, un terrain d’entente a été trouvé avec les citoyens.

« On va modifier un peu le projet et ça devrait convenir. Je ne demanderai pas un moratoire sur les îlots de verdure en raison de cette entente. Dans mon district, les prochains travaux d’aménagement sont prévus sur la rue Loranger, mais on a encore du temps devant nous. On a une bonne stratégie de communication et on ira à la rencontre des citoyens de la rue avant. En ce qui me concerne, ça me satisfait », commente Mme Roy.

Cette entente stipule que les citoyens acceptent de laisser tomber les stationnements du côté nord de la rue et de remettre la bande cyclable existante, tandis que la Ville protégerait l’aire de stationnement du côté sud de la route et déneigerait l’aire de stationnement et les trottoirs en hiver.

Les conseillers municipaux ont soulevé un problème en ce qui a trait aux communications dans ce dossier. « Une partie de l’information ne s’est pas rendue, poursuit Sabrina Roy. Mes citoyens ont reçu l’information qu’on refaisait l’asphalte et le trottoir. Ils ont finalement vu des îlots apparaître. Ce serait important de mieux informer les résidents concernés. Beaucoup ne se sentent ni informés ni impliqués. »

Durant la séance extraordinaire, le maire Jean Lamarche a raconté qu’il devait y avoir un communiqué, de même que la distribution de dépliants d’information et d’accroche-portes. « Il semble qu’il y ait eu un problème dans la distribution de ces informations. Ça ne se reproduira pas. On va s’organiser pour que les gens aient l’information d’avance à l’avenir. C’est une faute avouée. On va s’assurer que ça ne soit plus comme ça », a-t-il affirmé.

Un changement d’habitude

En 2019, des îlots de verdure ont aussi été aménagés dans le district des Rivières, se souvient le conseiller municipal Claude Ferron. « C’était aux balbutiements de ces aménagements. Les citoyens m’interpellaient parce que ça venait avoir un impact direct dans leurs habitudes de vie. Aujourd’hui, je n’en entends plus parler. C’est entré dans les mœurs. Des gens se sentent plus en sécurité. Ça, on me le dit aussi. »

La Ville de Trois-Rivières consacre 9,7 M$ pour refaire le pavage, les trottoirs et les bordures d’une quarantaine de rues cet été. Ces travaux comprennent notamment l’ajout d’îlots centraux végétalisés sur certaines artères qui font l’objet d’un repavage et qui sont particulièrement larges. L’ajout des îlots de verdure concerne les rues Latreille, Marie-Leneuf, Cardinal-Roy et Nicolas-Perrot cet été.

« Le cas de la rue Marie-Leneuf me concerne aussi, commente Pierre Montreuil, conseiller du district du Carmel. Oui, il y a un dérangement et un changement dans les habitudes de circulation des résidents, mais c’est surtout pour les gens trop pressés qui utilisent cette rue comme un raccourci. Une rue locale doit rester locale. Si une déviation permet d’amener les autres véhicules vers les boulevards plutôt que les rues locales, c’est une bonne chose. Avec le temps, je suis confiant que les changements de comportement vont se cristalliser et s’améliorer. Il faut calmer le trafic et ces îlots sont une façon de le faire. »

(En collaboration avec Jonathan Cossette)

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