Les fabriques privées de revenus importants

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
Les fabriques privées de revenus importants
(Photo : archives)

En phase avec le gouvernement du Québec et l’Assemblée des évêques catholiques, toutes les activités culturelles et pastorales du Diocèse de Trois-Rivières, dont les mariages, demeurent à l’arrêt pour une période indéterminée.

«Certains prêtres sont encore en dialogue avec des couples qui ont prévu leur mariage en juin, juillet et août. Ils sont dans l’attente d’une possibilité de célébrer les unions par le sacrement du mariage avec un nombre limité de personnes. Cependant, rien ne laisse croire actuellement que cela sera possible», indique Mélanie Charron, coordonnatrice de la pastorale d’ensemble et des communications au Diocèse de Trois-Rivières.

Cette pause en ce qui concerne les mariages et les autres célébrations a évidemment des impacts financiers, puisque les fabriques des différentes paroisses se retrouvent privées de revenus.

«Toute activité religieuse vécue à l’église est une source de revenu pour l’administration locale d’une paroisse. Les messes permettent la traditionnelle quête. Les baptêmes donnent lieu à une offrande. Un tarif est prévu pour les funérailles et les mariages à l’église», explique la coordonnatrice.

Il faut savoir que les entrées d’argent d’une fabrique permettent aux administrateurs de veiller à salarier les prêtres, les agents pastoraux et son personnel de soutien et administratif.

«Les revenus de quête et autres tarifs ne reviennent pas aux prêtres ou à d’autres animateurs de pastorale, mais à la fabrique qui, en plus d’assurer un salaire à des personnes salariées dans une paroisse, doit veiller à l’entretien des bâtiments», précise-t-elle en ajoutant que les salariés des paroisses reçoivent la prestation canadienne d’urgence, autant des laïcs que les prêtres.

«Les revenus allant aux fabriques des paroisses n’étant pas au rendez-vous, cela aura des conséquences sur l’argent disponible prochainement pour les salaires des prêtres et des autres employés des paroisses de même que pour l’entretien des églises et presbytères», dit Mélanie Charron.

D’ailleurs, une rencontre diocésaine est prévue prochainement afin d’évaluer ces questions avec les présidents d’assemblée des fabriques et les prêtres responsables des paroisses.

Notons que ces dernières reçoivent encore des dons de certains membres des communautés chrétiennes qui sont en mesure de le faire malgré l’arrêt des célébrations à l’église.

Le virage virtuel

L’impact de ces mesures sanitaires qui entraînent l’annulation, chaque fin de semaine, de plus d’une centaine de célébrations a également des conséquences sur la vie spirituelle des croyants de confession catholique.

«La nourriture spirituelle normalement donnée dans la célébration des sacrements est plutôt nourrie actuellement par la prière personnelle, la lecture de la Bible, des propositions virtuelles sur Facebook, YouTube ou à la télévision communautaire. Certains prêtres et agents pastoraux font preuve de créativité par des visites paroissiales avec distanciation sociale dans les rues de la paroisse ou par des rendez-vous en direct sur les médias sociaux», relate Mélanie Charron.

Depuis quelques jours, les diocèses du Québec reçoivent un modèle de protocole sanitaire pour la liturgie qu’ils pourront adapter en fonction de leurs particularités. Ce protocole permettra de vérifier si tous les aspects d’un redémarrage sécuritaire des célébrations liturgiques dans une église sont pris en compte.

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Vive les mariés… en 2021!

L’année 2020 avait une signification particulière pour le mariage de Tina Richard et de son conjoint, dont le mariage est reporté en 2020.

Bien qu’il soit possible de le faire en se limitant aux conjoints, à deux témoins et au célébrant, la plupart des couples qui prévoyaient se marier cet été ont remis l’officialisation de leur union à 2021. C’est ce confirment les principaux intéressés rejoints par icimédias et des intervenants du milieu comme Pascal Lévesque, une référence dans le domaine.

«La saison 2021 sera complètement folle. Les bons fournisseurs ont des calendriers presque complets pour l’été prochain», explique d’entrée de jeu l’animateur/DJ qui participe en moyenne à l’organisation de 15 mariages par année en Mauricie et au Centre-du-Québec.

«Je ne suis pas du style à forcer un mariage pour 2020 dans les conditions que l’on connait. On a besoin du contact humain, d’avoir une proximité. À moins d’avoir une raison de santé ou légale non négligeable, je suggère aux mariés de tout simplement repousser pour 2021. J’espère encore pour août, septembre et octobre, mais ça prend un plan B. Le risque de «forcer» un mariage sans raison valable c’est d’avoir une déception encore plus grande quand viendra le grand jour en 2021», ajoute Pascal Lévesque.

Concernant les implications financières qui pourraient s’avérer onéreuses, Marilyne R. Grondin, de Bécancour, avait certaines inquiétudes. Le tout s’est finalement réglé à sa satisfaction. «Je suis soulagée. Les fournisseurs ont tous été très rassurants. Je suis encore déçue du report, mais je crois que c’était la meilleure solution. La famille de mon conjoint habite dans une autre région, donc ce n’était pas sécuritaire de conserver notre date originale», rapporte celle qui unira sa destinée à Luka Bergeron en juillet 2021.

Marie-Pier Descôteaux, qui devait épouser Francis Melançon-Joyal, partage le même type de réaction: «Comme nous voulons célébrer cette occasion unique avec tous nos proches, on n’a pas hésité à reporter pour nous assurer d’être entourés de tout le monde sans crainte de contamination. Je suis une fille positive dans la vie, alors cela ne m’a pas trop chamboulée, quoiqu’on avait si hâte», commente celle qui attendait avec fébrilité le mois d’octobre.

Il demeure, pour certains, que l’année 2020 avait une signification dans la détermination de la date de leur mariage. C’est le cas de Tina Richard. «On se mariait le 16 mai pour les 20 ans de notre couple. C’était notre cadeau. Oui on pourra se marier en 2021, mais on a vraiment perdu un petit plus dans cette belle célébration».

Sophie Girard, de Charette, a quand même décidé de convoler en justes noces avec Joé Lapointe cet été. «La cérémonie a lieu le 11 juillet 2020, mais avec seulement notre célébrante et nos deux témoins. Cette date est très significative pour nous, car il y aura cinq ans que mon père est décédé», confie-t-elle.

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