L’épinette noire pour aider les producteurs de patates

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Par Audrey Leblanc
L’épinette noire pour aider les producteurs de patates
Michelle Boivin, étudiante à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire de l’Université du Québec à Trois-Rivières. (Photo : Photo Marguerite Cinq-Mars)

Étudiante à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire à l’UQTR, Michelle Boivin, mène des recherches qui seront très utiles aux producteurs de pommes de terre. Elle est en train de développer des produits à base d’épinette noire capables d’enrayer la germination et la pourriture sur ces légumes entreposés pendant plusieurs mois.

La première phase du projet a permis de découvrir les propriétés intéressantes de l’épinette noire. Un premier test officiel est en cours en partenariat avec Agrinova, un centre de recherche et de développement en agriculture. Les résultats préliminaires sont attendus pour l’été.

«On s’enligne pour deux produits distincts, un pour la pourriture molle et sèche et un autre pour la germination, indique l’étudiante.  Il nous reste des aspects à définir, notamment le nombre d’applications selon la période d’entreposage.»

Les producteurs devront attendre encore plusieurs années avant de pouvoir utiliser les produits, de cinq à dix ans selon l’étudiante. «Ça dépend de la vitesse d’homologation», précise Michelle Boivin. D’ici là, elle poursuit ses efforts, appuyée par de nombreux partenaires industriels, dont le Centre d’innovation des produits cellulosiques du Cégep de Trois-Rivières.

«On prépare déjà la deuxième phase du projet avec le financement, indique-t-elle. Pour cette deuxième phase, on va travailler en collaboration avec l’entreprise Patates Dolbec.»

Une solution naturelle

Les produits en cours de développement sont non seulement une alternative naturelle, mais également une façon d’utiliser les résidus forestiers à meilleur escient. Sur le marché, il existe déjà un produit de synthèse chimique pour limiter la germination des pommes de terre, mais celui-ci a été banni par l’Union européenne en raison du potentiel toxique qu’il représente pour l’humain et l’environnement.

Pour la pourriture sèche (qui se développe au centre de la patate), il existe quelques produits, mais rien de très concluant en ce qui concerne la pourriture molle (qui est visible sur le légume et qui crée une mauvaise odeur).

Hors des sentiers battus

Connaissant déjà le potentiel des résidus forestiers pour lutter contre la pourriture, Michelle Boivin a voulu aller plus loin en testant des résidus de la biomasse forestière québécoise pour contrer la germination. Une première dans le domaine.

«Une usine qui brûle les résidus forestiers pour produire de l’énergie dans la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean nous a fourni la biomasse, spécifie l’étudiante à la maîtrise. En laboratoire, les résidus ont été séchés, puis broyés. Ensuite, on a pu extraire diverses molécules.» Le reste a par la suite été retourné à l’usine pour être utilisé comme bioénergie.

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