Le rire comme baume et comme outil de travail

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Par Marie-Ève Veillette
Le rire comme baume et comme outil de travail
Guillaume Vermette, un Nicolétain de souche, est clown humanitaire à temps plein. Photo : courtoisie - Guillaume Vermette

Guillaume Vermette n’a pas de maison, pas de salaire et pas de voiture. Il se nourrit d’aventures abracadabrantes et de sourires. Un choix de vie qui le comble de bonheur.

Le Trifluvien parcourt le monde à titre de clown humanitaire depuis une dizaine d’années. Il a déjà mis les pieds dans une quarantaine de pays et vécu d’innombrables expériences de voyage; tantôt cocasses, tantôt touchantes, mais surtout peu banales.

C’est dans le Grand Nord québécois, à la toute fin de son adolescence, que le déclic pour ce «métier» s’est produit. «J’avais 17 ans. J’étais animateur dans un camp pour des ados issus de nombreuses communautés inuit. Ils vivaient plusieurs problèmes, et certains m’avaient confié vouloir mourir», raconte celui pour qui il était inconcevable de rester les bras croisés face à une telle situation.

«Dans mes rares moments de congé, je me suis improvisé clown. J’ai trouvé quelques accessoires, dont une perruque jaune vraiment laide, et je suis allé dans la rue pour tenter de mettre des sourires dans leurs visages. Je n’étais vraiment pas bon, mais ça a marché quand même», sourit-il.

Guillaume Vermette a par la suite entrepris des études en théâtre clownesque à Montréal, ainsi qu’en psychologie. Avec ce bagage en poche, il a fondé une entreprise de cirque à Trois-Rivières, qu’il a par la suite vendue pour devenir le nomade pleinement assumé qu’il est aujourd’hui.

«J’ai restructuré ma vie et mon travail. C’est maintenant basé sur une économie de l’entraide. Je donne beaucoup et en retour, je reçois beaucoup. J’habite chez des gens gratuitement et ils me donnent à manger», rapporte celui qui n’a besoin que de 6000$ à 10 000$ par année pour vivre et réaliser tous ses projets humanitaires.

«Ce ne serait pas cohérent pour moi de vivre autrement. C’est un peu ma façon de prouver que c’est possible de faire les choses différemment [dans une société qui] consomme au-delà de ses besoins et de ses moyens. C’est la cause principale de bien des problèmes là où j’interviens dans le monde.»

En conférence à Nicolet

Guillaume Vermette partagera quelques-unes de ses expériences de voyage avec le grand public ce jeudi 12 septembre, à 19h, au Centre des arts populaires de Nicolet.

«J’ai vécu plusieurs moments marquants dans plein de pays depuis 2011. Je vais en raconter certains, un peu à la manière d’un stand up», indique celui qui a égayé, au fil des ans, un bon nombre d’orphelinats, de camps de réfugiés et d’hôpitaux à travers la planète, et qui souhaite continuer longtemps à le faire.

«J’essaie de faire une différence positive sur la planète avec ce que j’aime faire et ce que je sais faire: être clown» – Guillaume Vermette

Dans sa conférence d’une heure et demie, on pourra entre autres l’entendre parler de ses rencontres marquantes avec des enfants en fin de vie en Russie, ou encore raconter cet épisode où des coups de feu sont venus interrompre un de ses spectacles dans un camp de réfugiés en Grèce. Deux exemples parmi bien d’autres que les gens prendront plaisir à découvrir.

«Je partage des moments qui sont chers pour moi», décrit-il en toute simplicité, ajoutant que chaque histoire sensibilisera l’auditoire à une certaine réalité, bien qu’il ne vise pas du tout à faire la morale ou à donner des leçons à qui que ce soit avec ses conférences.

«Le message essentiel que je souhaite livrer, c’est qu’aider les autres, faire du bien, c’est le fun et ça rend heureux, indique Guillaume Vermette. Si je fais tout ça, c’est parce que ça me rend heureux. Je suis bénévole à temps plein, et je suis une des personnes les plus heureuses que j’ai rencontrées dans ma vie!», rigole-t-il.

Faire la différence d’abord et avant tout

Raconter son fascinant parcours de vie pourrait devenir un gagne-pain lucratif pour lui, mais il n’a pas cette ambition. «Certains conférenciers sont payés des milliers de dollars [pour leurs témoignages]. Moi, je ne demande rien. Si vous me donnez de l’argent, je vais le réinvestir dans des projets humanitaires. J’ai plein de projets en tête! Par exemple, en octobre, j’amènerai une équipe de six artistes dans un camp de réfugiés en Grèce, sur l’île de Samos, pour y enseigner le cirque.»

Il souhaite aussi retourner là où tout a commencé: «J’aimerais faire une tournée de toutes les communautés inuit. Je fermerais ainsi la boucle».

En parallèle, il travaille à fonder son propre organisme, qui aura bientôt pignon sur rue à Trois-Rivières. «Avec lui, je veux créer plus de projets et amener plus de gens sur le terrain. Je veux que ça serve à faire de belles choses», mentionne-t-il.

«Pour le moment, je récolte les dons à titre personnel, mais je ne les cherche pas. Par contre, si l’organisme permet à d’autres gens de réaliser des projets, quels qu’ils soient, peut-être que je serai alors plus motivé à solliciter les dons. Car ce qui m’importe, c’est qu’on fasse une différence positive, qu’on soit clown ou pas.»

 

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