Le jardinage urbain gagne en popularité

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Par Jonathan Cossette
Le jardinage urbain gagne en popularité

Vous voudriez jardiner à la maison, mais vous n’avez ni cour ni espace gazonné pour le faire? Et bien le concept de jardinage urbain pourrait vous permettre d’assouvir votre désir.

Le jardinage urbain est de plus en plus populaire auprès des Québécois depuis environ cinq ans. Quoi de plus agréable que de cueillir ses fines herbes ou ses légumes frais à portée de main?

«Le jardinage urbain a toujours existé, mais il fut méconnu très longtemps. C’est une tendance européenne qui s’est amenée ici et qui gagne à être connue. Il est de plus en plus populaire et il touche toutes les générations, même les jeunes qui ont commencé à s’y intéresser. Il y a tout l’aspect de travailler la vie et de créer la vie qui entre en ligne de compte», explique Vincent Bissonnette Boivin, employé chez Mon Jardin Urbain.

«Tout le monde faisait de l’agriculture urbaine avant que ça devienne un synonyme de pauvreté dans le sens où les gens étaient vus comme s’ils n’avaient pas d’argent pour s’acheter des légumes», ajoute pour sa part Joëlle Carle, directrice générale à La Brouette – Agriculture urbaine et écocitoyenneté. «Les jardins communautaires sont apparus en 1950 et 1960, et puis les jardins ouvriers. Le gazon est ensuite devenu plus prestigieux que le jardin et récemment, c’est le contraire qui se produit. Au lieu de cultiver leur gazon qui ne sert à rien, les gens se font des jardins urbains et certains vont le rendre Incroyables Comestibles pour en faire bénéficier les autres.»

Et de plus en plus, il gagne aussi en popularité dans les grosses villes.

«C’est de plus en plus populaire avec certains mouvements comme celui des Incroyables Comestibles qui est un mouvement mondial. Ça fait beaucoup parler de l’agriculture urbaine», explique Mme Carle. «On en retrouve à Montréal, à Vancouver et même à Détroit. Ce sont de grosses villes qui se sont mises à faire de tels projets qui permettent à la fois la revitalisation de certains quartiers. À Détroit, la ville est en faillite alors ils ont pris des terrains vacants pour installer des fermes urbaines. Ils ont engagé des gens sans emploi pour y travailler alors c’est venu créer de la réinsertion sociale, de la réinsertion au travail et leur procurer de nourriture fraîche.»

«Je crois vraiment qu’il y a un engouement de verdures que les gens veulent ressusciter après avoir passé l’hiver sous la neige, ajoute pour sa part Luc Jutras, propriétaire de Mon Jardin Urbain et horticulteur ornemental. C’est pour ça qu’on voit une aussi grande popularité et à travers toute la population générale. Encore tantôt, j’ai des clients qui sont venus m’expliquer qu’ils déménageaient de leur maison pour se retrouver en appartement alors ils venaient s’interroger à propos du jardinage urbain.»

Luc Jutras, propriétaire de Mon Jardin Urbain, et son employé, Vincent Bissonnette Boivin, ont bien voulu nous faire découvrir ce qu’est le jardinage urbain. Photo Hebdo Journal – Jonathan Cossette

Parmi les bienfaits dudit jardinage urbain, il y a le fait de pouvoir travailler debout et de pouvoir minimiser l’espace.

«Le jardinage urbain permet de travailler en hauteur et non à genoux. C’est pourquoi on va fabriquer des jardins surélevés ou encore utiliser des bacs qui vont nous permettre de travailler à même les bacs. Il a aussi les bacs en tissu comme les Smart pots qui sont très tendance aussi», ajoute M. Bissonnette-Boivin.

«Le principe du jardinage urbain permet aussi de travailler en utilisant le moins d’espace possible, tout en permettant une bonne production. On peut facilement y mettre six plans dans un seul bac, par exemple. Ça se place très bien sur un petit balcon ou sur un petit terrain à même l’asphalte si la personne n’a pas d’endroit gazonné.»

Cultiver à l’année

Le fait de travailler à l’aide de pots permet de faire pousser certaines fines herbes et certains légumes à l’intérieur également. Il est donc possible de tenir un jardin intérieur annuel avec l’aide de lumières spécialisées qui reproduisent certains effets du soleil ou dans certains cas, en utilisant de simples néons.

«Il y a beaucoup de livres qui démontrent qu’à petite échelle, tu peux quand même nourrir une famille de quatre personnes selon la rotation des cultures en y allant avec des légumes qui aiment le froid en début de saison, et avec ceux qui aiment le froid en fin de saison, pouvant même aller jusqu’en décembre. D’autres personnes vont se faire des serres passives pour cultiver à l’année également», confie M. Jutras.

Les principaux défis à retenir à propos du jardinage urbain sont de surveiller les petites bêtes ou encore les oiseaux qui voudraient s’y aventurer, de laisser l’espace requis à vos plantations à l’intérieur des bacs et d’arroser très fréquemment, car l’espace restreint est beaucoup plus facile à réchauffer que le sol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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