Le cri du coeur du Centre Loisir Multi-Plus

Audrey Leblanc

Le cri du coeur du Centre Loisir Multi-Plus
Le directeur général du Centre Loisir Multi-Plus, David Bouchard. (Photo : (Photo - Audrey Leblanc))

Directeur général du Centre Loisir Multi-Plus, David Bouchard dénonce le manque de piscines et de gymnases municipaux. Toutes les semaines, il doit expliquer à des citoyens déçus que la demande est trop forte et qu’ils ne peuvent exercer leur sport en raison du manque d’infrastructures.

« D’année en année, on constate que c’est de plus en plus difficile d’avoir accès à des locaux, dit-il. La demande est de plus en plus grande et cette réalité réduit notre capacité d’offrir des cours. Pas de locaux, pas d’activités. »

Le Centre Loisir Multi-Plus offre en moyenne 500 activités par session, autant sportives que culturelles. « En planifiant tous ces cours-là, on prévoit évidemment qu’une partie se fasse ici, mais on utilise aussi des gymnases dans plusieurs écoles, notamment aux Pionniers », spécifie M. Bouchard.

Le phénomène du manque d’espaces et d’infrastructures s’explique de plusieurs façons selon lui. « Les gens font de plus en plus d’activité physique. Il y a une grosse demande au niveau du loisir. Si on prend seulement la piscine, avant la fermeture de celle de l’UQTR, entre 2013 et 2018, la demande des activités en piscine a augmenté de 35 %. Pour les autres activités, on parle d’une hausse moyenne de 7 % par année depuis 2013 », indique M. Bouchard.

L’autre point, c’est que les écoles utilisent de plus en plus leurs installations et leurs gymnases. « Il y a plus d’activités parascolaires et le gouvernement a accordé des fonds pour donner des heures de plus en parascolaire, explique M. Bouchard. Par exemple, au lieu d’avoir accès aux gymnases des écoles à 18h, on y a accès à 19h. Si on enlève une heure à plusieurs endroits, ça fait beaucoup de cours qu’on ne peut pas offrir. »

« On ajoute à ça le très peu d’espaces municipaux dédiés aux loisirs à travers la ville, renchérit ce dernier. Ça accentue le problème. Quand on regarde ce qui se fait ailleurs dans d’autres villes, à Trois-Rivières, on devrait avoir au moins cinq piscines pour répondre aux besoins. En plus, le type de piscine qu’on a, c’est de compétition. On ne peut pas aller là avec des enfants de 0-3 ans pour leur apprendre à nager. Ce n’est pas adapté pour ça. L’eau est aussi plus froide parce qu’elle est réglée pour les entraînements des clubs de compétition. »

De la parole aux actes

Le problème du manque de piscines a été soulevé à maintes reprises ces dernières années. Pour M. Bouchard, il est temps de passer de la parole aux actes.

« Il nous faut au moins une nouvelle piscine à -Trois-Rivières, martèle-t-il. C’est un dossier qui a la possibilité de toucher beaucoup de citoyens. On pourrait rejoindre des centaines de personnes à faible coût. Ce qui attire et retient les gens dans une ville, c’est souvent les loisirs. Ça fait partie des éléments pour être attractif. Mais c’est un dossier qui n’avance pas. C’est un projet d’environ 15 M$. Ça prend une réelle volonté politique. »

Selon lui, l’ajout d’une piscine municipale pourrait facilement rejoindre aux alentours de 40 000 citoyens par année. Il estime que le potentiel de fréquentation des piscines de Trois-Rivières est de plus de 200 000 entrées annuellement.

« Les clients nous posent beaucoup de questions par rapport aux piscines et aux autres activités en général, mentionne M. Bouchard. On arrive à s’en sortir pas si pire pour les activités en général, mais on a de gros besoins au niveau des piscines. Il y a un besoin non répondu absolument incroyable. Avant de fermer en 2018, la piscine de l’UQTR enregistrait à elle seule 30 000 entrées par année. »

« À l’arrivée de l’été, on a facilement dix appels par jour de parents qui veulent inscrire leur enfant à des cours de natation, ajoute-t-il. On doit toujours leur expliquer que ce n’est pas possible dans l’immédiat. On a aussi des gens d’ailleurs venus s’installer à Trois-Rivières. Ils frappent un mur quand on leur explique comment ça marche ici pour les piscines parce qu’ils ont connu des villes avec une offre qui n’est pas comparable. »

Seulement trois piscines sont actuellement disponibles : celle de l’UQTR qui va bientôt rouvrir, celle du Cégep qui sera rénovée prochainement et celle de l’édifice D.L.S. du Centre de formation professionnelle Bel-Avenir.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires